La sécurité entrave le potentiel économique de l’IoT

Au Parlement, l’OPECST publie une note sur le potentiel de l’IoT en France et ses obstacles économiques ou sociétaux.

Didier Baichère situe le potentiel de l’IoT dans les réseaux d’énergie et les bâtiments connectés (photo DR).

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Sous son air vénérable, l’OPECST, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, qui regroupe des députés et des sénateurs, a publié une Note sur l’IoT en France qui ne manque pas de réalisme. L’Office et son rapporteur Didier Baichère relèvent par exemple le risque de mainmise par des plates-formes situées en dehors de la France sur l’IoT. Son intérêt réside en effet dans les données générées, mais leur mise en relation dépend de futurs standards et du poids de plates-formes d’interopérabilité étrangères, mais suffisamment solides pour capter les données de l’IoT sur notre territoire. Concernant l’emploi, la note ne cède pas à l’alarmisme, des emplois seront créés pour superviser les équipements industriels, d’autres supprimés sur des postes non qualifiés. Les régions les moins connectées seront les plus affectées, prédit l’Office.

Les parlementaires insistent sur le potentiel de l’IoT pour l’économie française et réservent une place de choix aux réseaux d’énergie et aux bâtiments connectés. L’IoT va permettre de nombreuses économies d’énergie avec les Réseaux électriques intelligents qui relieront : des compteurs numériques haute tension, des transformateurs connectés, des compteurs domestiques communicants. Bénéfices : une production d’électricité réalisée en fonction de la demande et une meilleure maintenance des réseaux et des installations en général. Les bâtiments connectés se feront avec de l’éclairage intelligent, des systèmes de contrôle de flux d’air connectés, ou des thermostats intelligents. Ce secteur du bâtiment représente en France 45% de la consommation d’énergie et 25% des émissions de gaz à effet de serre. Le potentiel est effectivement important.

La santé connectée est plus embarrassante

La note de traite d’un autre secteur,  la santé, mais avec moins de certitudes. Le potentiel est là avec les objets portatifs, les wearables, l’auto-mesure connectée (quantified self), bientôt des implants capteurs et des médicaments connectés. Mais l’Office soulève  aussi des questions plus embarrassantes à traiter, comme la notion d’acceptation par l’usager d’objets connectés pour sa santé. Il se demande également s’ils sont créateurs de lien social ou d’inégalités et insiste sur la protection des données personnelles.

Une industrie se met en place pour l’IoT, avec sa R&D, la production et le stockage de l’énergie, des systèmes embarqués (batteries, systèmes de récolte de données) mais là aussi des sujets restent sans réponse, comme la cybersécurité, que les standards actuels de l’IoT ne garantissent pas ou un spectre hertzien saturé. Décidément très attentifs, les parlementaires notent enfin que l’IoT et son utilisation des datacenters sont aussi énergivores … même si son utilisation amènera des économies d’énergie.

Par Didier Barathon

Diplômée de l’Institut Français de Presse, Chantal Delsouc est spécialiste de l’économie numérique. Rédactrice en chef de MID e-news, elle est également co-fondatrice et directrice de l’agence éditoriale Campagne de presse.

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