Immobilier de bureaux : « La crise a transformé les usages »


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ToulÉco

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Espazo, la société dirigée par Rodolphe Giraud, aménage 25.000 m2 de bureaux par an dans l’agglomération toulousaine. Mais l’arrivée du flex office a rebattu les cartes. Moins de surface et plus de services : voilà les nouvelles attentes des chefs d’entreprises. Interview.

Rodolphe Giraud, Espazo se définit comme un spécialiste de l’aménagement des locaux d’activité, quel est votre cœur de métier ?
Nous sommes une entreprise dédiée à la conception et à l’aménagement d’espaces professionnels. De l’agence immobilière, en passant par le plateau de bureaux et jusqu’à la PME industrielle… Nous concevons l’aménagement intérieur et de second œuvre (cloisons, sols, plafonds, éclairages, décoration, jusqu’au mobilier). Nous sommes capables d’intervenir sur toutes les surfaces. Nous avons par exemple aménagé les 4000 m2 de la société SII et sommes intervenu dans le bâtiment B612 à Montaudran… Mais notre client type est le patron de PME de trente postes qui dispose d’une surface de 200 à 300 m2. Nous réalisons 250 chantiers par an, soit l‘équivalent de 25.000 m2 de bureaux dans l’agglomération toulousaine. Nos résultats sont stables avec un chiffre d’affaires de 6,3 millions d’euros en 2021 et nous employons quinze salariés.

Quel a été l’impact de la crise sanitaire sur votre activité ?
Depuis la crise sanitaire, le flex office a explosé et cela a entraîné un changement durable de la demande. À Toulouse comme ailleurs, les grandes entreprises le pérennisent avec des accords de télétravail sur deux ou trois jours par semaine. Dans les PME, c’est plus informel, mais c’est quand même une réalité. Ce n’est pas la mort du bureau, mais les conséquences sur l’immobilier tertiaire sont réelles. Les dirigeants rationnalisent l’espace et les volumes ont diminué de 30 % en moyenne, mais cette baisse a été compensée par des bureaux plus qualitatifs.

Comment y répondez-vous ?
Le bureau devient un espace d’échanges on y vient pour se rencontrer. Du coup, on nous demande de concevoir des bureaux plus cosy et chaleureux, de grandes salles de réunions, et des espaces dédiés à de mini-réunions… Et, surtout, il faut une large place pour la salle détente et de repas qui devient « la place du village ». On voit émerger des bâtiments qui proposent des services, un peu comme les lobbies des hôtels.

Comment voyez-vous évoluer la demande en immobilier tertiaire à Toulouse, alors que les derniers indicateurs n’étaient pas bons ?
C’est vrai que les investisseurs ont largement délaissé Toulouse en 2021, mais je ne suis pas inquiet. L’économie toulousaine va repartir et d’ailleurs, chez nous, la demande est bien là. En revanche, je trouve qu’il manque un peu d’ambition sur le terrain pour trouver du foncier susceptible d’accueillir de nouvelles entreprises. Or, on sait que la pénurie de bureaux neufs pénalise vraiment Toulouse. Autre aspect que l’on voit émerger, la préoccupation de plus en plus importante des chefs d’entreprise et des salariés en matière de RSE et de coût écologique des bâtiments. Nous-mêmes, pour y répondre, travaillons à faire émerger une offre de cloisons reconditionnées. Demain, nous serons en mesure de démonter, trier, réparer reconditionner, et revendre des cloisons pour proposer une gamme de seconde main, moins chère et moins polluante.
Propos recueillis par Béatrice Girard

Sur la photo : Rodolphe Giraud, dirigeant de la société Espazo, constate un intérêt croissant des entreprises pour le coût écologique des bâtiments. Crédit : Hélène Ressayres-ToulÉco.

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