IA. Toulouse embarqué dans un projet de recherche de 30 millions d’euros sur les transports


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Acteurs de la recherche et industriels travaillent de concert dans un projet transatlantique pour implanter des systèmes intelligents dans les milieux critiques, transports et mobilité. Ce programme franco-canadien, baptisé Deel, s’appuie à Toulouse sur l’IRT Saint-Exupéry et l’institut interdisciplinaire d’intelligence artificielle, Aniti.

Qui a oublié le superordinateur Deep Blue battant le champion du monde d’échecs Garry Kasparov au milieu des années 90 ? Les prémisses de l’apprentissage profond, ou deep learning, étaient déjà là. Cette forme d’intelligence artificielle a ensuite été adoptée en matière de marketing. Il suffit de penser aux requêtes sur internet et aux systèmes d’enchères publicitaires sur la toile qui ciblent parfaitement nos profils. « Les promesses de l’intelligence artificielle ont suscité très rapidement l’intérêt des industriels ; on se heurte toutefois à des problématiques de robustesse et de sécurité qu’il est indispensable de résoudre pour imaginer embarquer des algorithmes à bord des voitures ou des avions sur des systèmes critiques », souligne Grégory Flandin, directeur de l’IA pour les systèmes critiques à l’IRT Saint-Exupéry. C’est ainsi qu’est né, début 2018, le projet Deel [1], une initiative structurée franco-canadienne sur les sujets de certification.

Recherche et industrie côte à côte

« Ce programme transatlantique a pour objectif de rapidement démontrer la fiabilité de l’intelligence artificielle, en impliquant la recherche académique », précise Grégory Flandin, qui prend la responsabilité du programme Deel. Ce projet a a fortement contribué au choix de Toulouse pour implanter en France l’un des quatre instituts interdisciplinaires d’intelligence artificielle 3IA, l’institut Aniti, qui en fait un de ses axes de recherche majeurs. Le projet est porté par les Canadiens Ivado, spécialistes de la valorisation de données et Criaq, Consortium de recherche et d’innovation en aérospatiale au Québec, aux côtés des partenaires français, avec un budget de 30 millions d’euros alloué sur les trois prochaines années. Les vingt-quatre industriels impliqués couvrent l’ensemble des secteurs du transport, à l’instar d’Airbus, Thales et Safran pour l’aéronautique, Continental et Renault pour l’automobile, SNCF pour le rail. EDF a également rejoint le projet.

Un livre blanc sur l’IA

Premier résultat de la collaboration transatlantique : l’édition d’un livre blanc décrivant les enjeux associés à l’intégration de l’apprentissage machine dans les systèmes critiques d’un point de vue scientifique et industriel. « Le travail d’acculturation est désormais effectif », souligne Grégory Flandin. « Systémiers et mathématiciens dialoguent pour mettre au point des algorithmes explicables et robustes. » Prochain défi : parvenir à certifier les algorithmes en œuvre pour les embarquer dans les systèmes critiques, d’ici 2023. L’IA ne sera alors plus l’apanage des jeux et du marketing, elle aura trouver ses applications industrielles.
Valérie Ravinet

Sur la photo : Grégory Flandin, directeur du programme Deep. – Crédits : DR.

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