ENVOI Handicap & International implante la première entreprise adaptée française en milieu carcéral

Des détenus en situation de handicap ont démarré une activité de démantèlement des déchets d’équipements électrique et électronique au centre pénitentiaire de Muret en présence des ministres de la Justice et du Travail Elisabeth Borne et Éric Dupond-Moretti.

Lundi 29 novembre, l’association Envoi Handicap & Numérique tenait au centre pénitencier de Muret une nouvelle sorte d’expérimentation : implanter une entreprise en milieu carcéral. L’objectif ? Donner un accès au travail aux personnes incarcérées en situation de handicap et d’introduire une nouvelle démarche d’accompagnement social et professionnel favorisant leur réinsertion. Pour cela, l’association a incité le groupe de détenus à exercer une pratique historique chez Envoi : le démantèlement de Déchêts d’Équipements Électriques et Électroniques (DEEE). « En plus de pouvoir s’appuyer sur notre savoir-faire technique, le traitement des DEEE offre une activité facilement transposable pour le secteur pénitentiaire », explique Nicolas Larroque, Directeur des Ressources Humaines d’ENVOI.

Plus 268 tonnes de DEEE démantelés 

Pour la réussite de l’implantation de l’Entreprise Adaptée, les équipes de l’association ont prévu un déploiement progressif de l’activité en 4 phases sur 2 ans. L’objectif est de diversifier les compétences et consolider la filière de DEEE dans le Centre Pénitentiaire de Muret. L’intégration des équipes de détenus se ferait ensuite progressivement pour faciliter la montée en compétence. « Au total, nous prévoyons de créer 12 emplois, dont 8 emplois de détenus en situation de handicap. L’activité doit permettre le démantèlement de plus de 268 tonnes de DEEE, soit 124 tonnes la première année puis 144 tonnes la seconde année », commente Thierry Pajaud, directrice d’ENVOI Insertion et Handicap.

Accompagner les détenus à la sortie de leur incarcération

Autre ambition d’Envoi à travers la création de l’entreprise adaptée, celle de préparer la réinsertion des détenus qui, selon l’ATIGIP (L’Agence du Travail d’Intérêt Général et de l’Insertion Professionnelle), diminuerait le risque de récidive. « Nous savons créer des parcours, envisager des rebonds dans l’emploi au-delà de notre entreprise adaptée. Entre 15 et 20 % des salariés de notre entreprise adaptée rejoignent chaque année une entreprise du milieu ordinaire », décrit Léa Pastorelli-Sacristan, Conseillère en Insertion professionnelle. « Notre volonté d’être acteur de cette expérimentation se fait dans la continuité de nos ambitions inclusives. Des projets futurs pourront venir enrichir ce partenariat pour enrichir la collecte DEEE, diversifier les activités (réparation, recyclage…) ou encore pour soutenir la création de parcours pour les détenus à la sortie de leur incarcération », conclut Jean-Marc Thomas, Président d’ENVOI Insertion et Handicap.

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