Cybersécurité. Freemindtronic abat sa nouvelle carte


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Née en Ariège et située désormais en Andorre, l’entreprise spécialisée en cybersécurité Freemindtronic a reçu la médaille d’or au Salon des inventions de Genève pour sa dernière invention. Jacques Gascuel, son directeur nous présente l’EviCypher, une carte qui chiffre les données.

Quand on écoute Jacques Gascuel, on est transporté dans une sorte de roman d’espionnage peuplé de dangereux cybercriminels, d’espions en mission et de plans militaires secrets. Cette réalité est pourtant la nôtre. Le directeur de la société Freemindtronic pourrait parler pendant des heures de sa nouvelle invention, l’EviCypher. Destiné en priorité aux gouvernements, aux ambassades, aux hôpitaux par exemple, ce système de protection de données fonctionne avec une application et une carte au format carte bancaire. Il suffit de passer ce dispositif face à un appareil (téléphone, ordinateur, etc.) muni d’un récepteur sans contact NFC pour chiffrer [1] ou déchiffrer les éléments souhaités.

Pour qu’une personne qui volerait la carte ne puisse pas accéder aux documents chiffrés, jusqu’à douze critères de confiance peuvent être associés à l’EviCypher (mot de passe, coordonnées GPS, reconnaissance faciale, QR code, etc.). Les données chiffrées peuvent ensuite être envoyées par tous moyens modernes (mails, sms, photos, réseaux sociaux, etc.).« C’est le seul système au monde capable de chiffrer n’importe quelle donnée et qui n’est connecté à aucun serveur, à aucune base de données », estime Jacques Gascuel. Selon lui, son invention peut mettre « un coup d’arrêt aux cyberattaques » par des rançongiciels ou par la technique dite d’attaque au président (usurpation de l’identité du dirigeant pour obtenir des informations confidentielles). Si toutes les données d’une entreprise sont chifrées par EviCypher, les attaques seront inopérantes, car pour le moment, « on n’attaque pas un système de chiffrement si complexe », considère l’expert en cybersécurité.

Question Éthique et dimension green


Seul hic : si dans de bonnes mains, l’innovation peut servir le bien commun, « dans celles de criminels, c’est une toute autre musique, cela peut être très dangereux », reconnaît l’inventeur. Effrayé par la mauvaise utilisation possible de son système, Jacques Gascuel a d’abord hésité à rendre publique son invention, mais des cyberattaques d’hôpitaux « quelque chose qu’on ne connaissait pas auparavant », l’ont convaincu de la nécessité d’alerter sur la question de la protection des données en communiquant sur l’EviCypher.

Plusieurs packs seront disponible à la vente à la mi-mai pour les entreprises. Le dispositif le plus simple sera disponible aux alentours de 1000 euros. Jacques Gascuel met en avant « la dimension green » de son produit (pas de batterie, pas de plastique, carte faite en fibre de verre, durée de vie ultra-longue, etc.) qui « respecterait les normes éco-solidaires européennes ». L’entreprise andorrane, qui espère être boostée par cette invention, est en pleine phase de recrutement. Après avoir embauché un nouveau directeur Recherche et développement, le bureau d’étude de cinq personnes attend cinq autres recrues d’ici la fin de l’année. Ils ne devraient pas s’ennuyer : Jacques Gascuel, en Mister Q de la cybersécurité, a toujours mille projets technologiques et spectaculaires en tête.
Matthias Hardoy

Sur la photo : Jacques Gascuel, le fondateur de Freemindtronic qui lance l’EviCypher. Crédit : Freemindtronic.

Notes

[1] Le chiffrement permet de protéger la confidentialité des données en les encodant sous une forme qu’il est impossible de déchiffrer sans un mot de passe ou un sytéme dit de “clé numérique”.

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