Cédric Balty : « Avec le fablab de Thales Alenia Space, les salariés osent porter des idées »

Le constructeur de satellites s’est doté d’un premier fablab interne et a choisi le site toulousain pour l’implanter. Un second vient d’ouvrir ses portes à Rome. Le point avec Cédric Balty, directeur de l’innovation chez Thales Alenia Space.

Cédric Balty, directeur de l’innovation chez Thales Alenia Space. Crédits : TAS.

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Cédric Balty, comment est née l’idée d’un fablab au sein de l’entreprise 
Thales Alenia Space a mis en place un cluster Innovation qui a pour mission de stimuler l’innovation dans l’entreprise, d’accélérer et de développer des projets innovants. Ce processus d’accueil et d’accompagnement d’idées s’est réalisé en deux étapes. En premier lieu par la mise en place d’un Innovation center en 2016, pensé comme une salle inspirante dans laquelle sont organisées des séances de créativité. Les projets s’inscrivent sur les murs et via des post-its. Puis, dans un second temps, par la création d’un fablab. Ce lieu dédié aux makers stimule la créativité.

A qui s’adresse-t-il ?
À tous les salariés. Ils peuvent développer leur projet personnel ou professionnel. Mais une contrainte est imposée : ils doivent le partager et faire profiter de leur expérience. Dans un esprit collaboratif, le salarié signifie son idée sur un mur de projets.

Ce fablab est-il opérationnel 
Oui, depuis juillet 2017 à Toulouse. Dans un ancien lieu de stockage rénové, une dizaine de machines (une imprimante 3D, une machine découpe laser, un simulateur de réalité virtuelle, un autre de réalité augmentée, etc. ) ont été installées. Certaines récupérées, d’autres achetées.

Pouvez-vous dresser un premier bilan, dix mois après son lancement 
Il compte 350 salariés inscrits et une équipe de huit bénévoles managers. Tous les mois, dix employés rejoignent ce fablab. La dynamique est très forte. On constate que le bouche à oreille fonctionne. Les salariés osent porter des idées et les démarrer. Très vite, ils se sentent libres, sans notion de hiérarchie. D’ailleurs, nous sommes surpris par le nombre de projets personnels. Ils sont aussi nombreux que les professionnels. On en compte 200 en totalité. Clairement, les salariés augmentent leurs compétences sur les nouvelles technologies qui leur ouvrent le champ des possibles.

Quels sont les bénéfices pour Thales Alenia Space
 ?
Ce fablab a déjà eu un impact opérationnel certain. Car on dénombre une vingtaine de réalisations professionnelles pragmatiques. Maquettées, certaines ont été intégrées dans des appels d’offre, d’autres ont aidé à l’obtention de financements recherche.

Ce fablab a-t-il vocation à s’ouvrir à l’extérieur 
C’est une de mes volontés. C’est même la mission à terme, afin d’être en interaction avec l’écosystème extérieur. Il a déjà reçu la visite de clients institutionnels et d’opérateurs, comme le Cnes et l’Agence spatiale européenne. Un projet de nanosatellites a été lancé par les étudiants de l’école Cesi. Nous avons aussi œuvré à la conception du fablab sur le site de Thales à Rome. Par ailleurs, hors domaine du spatial, le fablab toulousain reçoit en juin la visite de vingt entreprises de l’association Fab&Co.

Propos recueillis par Audrey Sommazi

 

Diplômée de l’Institut Français de Presse, Chantal Delsouc est spécialiste de l’économie numérique. Rédactrice en chef de MID e-news, elle est également co-fondatrice et directrice de l’agence éditoriale Campagne de presse.

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