Avec Terralpha, la SNCF souhaite créer son TGV de la donnée

Officiellement lancée le 21 mai 2021, la filiale de SNCF Réseau Terralpha permet un accès à internet alimenté par les fibres ferroviaire.

Alors qu’une capacité excédentaire dans les fibres SNCF avait été identifiée dès 2017, le groupe ferroviaire a lancé le 21 mai dernier le projet de Terralpha, qui consiste à développer une activité de commercialisation et de valorisation de ce patrimoine de fibres optiques assez unique. En effet, à travers son réseau ferré qui permet de disposer de 35 000 kilomètres de continuité territoriale, la SNCF a basculé assez tôt sur de la fibre, plus rapide et moins coûteuse que l’historique transmission par câble en cuivre, afin d’acheminer les signaux entre les centres de circulation et les aiguilles. « Aujourd’hui, nous sommes dotés d’un patrimoine de plus de 20 000 kilomètres de fibre optique. Nous avons également 3000 gares et points d’arrêt, ce qui crée un large potentiel de connectivité au sein de points névralgiques pour la population. Nous avons aussi la présence d’électricité aux abords des gares et des voies, et dans le domaine du numérique, l’accès à l’électricité est stratégique. Grâce à ce maillage très étendu, nous allons pouvoir apporter l’ultra-haut débit aux portes du territoire, et en quelque sorte créer le TGV de la donnée », explique Gabriel Chenevoy, Directeur Réseau de Collecte et chargé de mission Terralpha au sein de e.SNCF.

Un temps de latence minimal

Parmi les avantages qu’apporterait ce réseau de fibres optiques figure celui de la vitesse de transport des données, « un des enjeux clés des décennies à venir » selon Gabriel Chenevoy. En effet, les fibres optiques SNCF suivent les voies ferrées, donc par rapport à d’autres réseaux similaires, elles sont posées de manière assez linéaire, en continu, et droite. « Dans le domaine de la fibre optique, plus vous allez droit, plus vous allez vite. Ainsi, les services que Terralpha peut offrir sont dotés de très bonnes performances en termes de vitesse de transmission de la donnée, et donc d’une ultra faible latence à portée de tous » détaille-t-il.

« Un des leviers de la transformation du paysage numérique français »

« Le futur public de Terralpha est constitué d’opérateurs et d’entreprises de services numériques – donc du BtoB uniquement. Terralpha sera un des leviers de la transformation du paysage numérique français » prévient Gabriel Chenevoy. Pour exemple, celui de la dalle numérique, qui sera prochainement en phase d’expérimentation à Saint-Pierre-des-Corps pour être ensuite développée à plus grande échelle. Il s’agit d’une dalle en béton située à proximité des centres-villes, destinée à raccourcir le temps de latence, comprenant des adductions électriques, des adductions optiques et une capacité à se connecter au réseau de Terralpha. Cette dalle permettra aux opérateurs ou aux industriels de la donnée d’héberger sur un terrain leur micro datacenter, pour ainsi effectuer ses propres opérations de transit de données, de calcul et de stockage. « Nous sommes donc un accélérateur de l’industrie de l’edge computing, c’est du cloud de proximité », déclare-t-il. Ce projet devrait aussi contribuer à remettre les gares au centre de la ville et à apporter de nouveaux services aux collectivités territoriales. À terme, les gares pourront ainsi proposer de nouveaux services en leur sein, tels que des centres d’affaires digitaux et des centres télémédicaux pour lutter contre la désertification médicale. À partir des différents points de présence, les opérateurs, qu’ils soient locaux ou nationaux, pourront également s’appuyer sur ces services pour offrir aux citoyens une connexion très haut débit, afin de lutter contre l’exclusion numérique, diminuer les zones blanches et contribuer au plan France THD.

Crédits photo: Erich Westendarp.

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