À Toulouse, Emmanuel Macron présente ses ambitions pour le secteur spatial européen


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À l’occasion de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, le président de la République Emmanuel Macron s’est rendu à Toulouse, où était organisée une réunion informelle des ministres européens de l’Espace. Le chef de l’État y a développé sa vision de l’avenir du spatial sur le continent.

Le secteur aéronautique et spatial toulousain est en pleine ébullition. Après la « Déclaration de Toulouse », signée le 4 février dernier par les ministres des Transports des 27 pays de l’Union européenne sur la décarbonation de l’aviation d’ici 2050, et avant le grand colloque sur les transports du futur, c’était au tour de la stratégie européenne du spatial d’être à l’honneur, ce mercredi 16 février, à l’occasion d’un sommet spécial qui s’est tenu à Toulouse avec Emmanuel Macron. Le président de la République en a profité pour rappeler les grands enjeux : « L’espace est la clé de toutes nos souverainetés. Sans souveraineté de l’espace, pas de souverainetés technologique, industrielle, stratégique, pas de connaissance fine des grands enjeux environnementaux et climatiques. L’espace est donc une priorité de notre Europe », a-t-il affirmé avec gravité, estimant que « l’Europe a manqué ces dernières années de tournants stratégiques ».

Il faut donc maintenant accélérer pour ne pas perdre trop de terrain face aux « États-Unis, la Russie ou la Chine » et des « acteurs émergents comme l’Inde ou l’Iran ». Emmanuel Macron a par exemple appelé à « bâtir de grands projets autours de lanceurs ». Il croit tout particulièrement au développement du programme Ariane 6, qui a selon lui « de vraies perspectives commerciales » mais a évoqué aussi des projets autour « des mini-lanceurs réutilisables. » Dans le cadre de France 2030, plusieurs appels à projets ont été lancés dans ce sens.

Vers des constellations de satellites made in Europe

Un autre sujet largement évoqué est celui « des constellations de satellites ». Utilisées pour « le développement de la 5G , de la télé-médecine et des objets connectés », ces nouveaux satellites ont une importance « stratégique » notamment car ils vont faire transiter « des données potentiellement sensibles ». À Toulouse, les échanges ont visiblement été fructueux. Ne voulant pas être en reste, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a tenu une conférence de presse, à la suite de l’allocution présidentielle, afin d’annoncer que les ministres en charge de l’Espace des pays européens s’était mis d’accord sur le principe « d’une constellation de satellites européenne ». Les détails pratiques du projet vont faire l’objet « de négociations ultérieures ». D’autres sujets ont abordés par le président de la République comme la « création d’un modèle européen de la gestion du traffic spatial » ou encore la création, en fin d’année dernière, d’un Commandement de l’espace au sein de l’armée de l’Air et de l’Espace, dont le siège est justement implanté à Toulouse et qui sera doté d’un budget de 5 milliards d’euros.

Autant d’annonces et de propos qui ont trouvé écho en local. À commencer par la présidente du Conseil régional Carole Delga, qui a rappelé que l’Occitanie abritait toujours un tiers des effectifs européens du secteur spatial : « Cet écosystème régional riche a su engager les mutations nécessaires pour s’adapter à la crise et se réinventer », a-t-elle réagi par voie de communiqué. « La future installation du Commandement de l’espace, avec l’arrivée de 500 personnes d’ici à 2025 sur le site toulousain du Cnes, confirme toute la légitimité de Toulouse dans ce secteur porteur d’emplois et véritable tremplin pour notre économie. C’est aussi en Occitanie que la première filière industrielle nanosatellites est en train de voir le jour grâce au soutien apporté à Hemeria et Kinéis au travers du lancement d’Angels il y a 2 ans. »

Le sommet européen du spatial devrait connaître des retombées économiques certaines. Mais pas seulement : Emmanuel Macron a terminé son discours de manière un peu lyrique en affirmant qu’il fallait aussi qu’il y ait « une part de rêve » dans la façon d’envisager le futur du spatial. « Le modèle spatial viable n’est pas celui de l’exploitation ou des touristes spatiaux (…) Nous, Européens, croyons davantage à l’exploration, à la connaissance, plutôt qu’à la marchandisation de l’espace », s’est exclamé le président.
Matthias Hardoy

sur la photo : l’allocution du président Macron a Toulouse ce mercredi 16 février. Crédits : Élysée.

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