Ingénierie. « Les circuits courts, c’est possible aussi dans le secteur numérique »

Quatre sociétés toulousaines spécialistes du numérique s’associent pour obtenir des commandes des grands donneurs d’ordres. Une initiative qui se monte alors que le Syntec Numérique craint en Occitanie, « 8000 à 10.000 destructions d’emplois dans les mois qui suivent le déconfinement ». Explications de Pierre-Jean Brousset, PDG d’Eole Consulting, l’un des quatre co-fondateurs de ce collectif baptisé Renaissance2020.

Pierre-Jean Brousset, quels sont les objectifs de Renaissance2020 ?
Renaissance2020 est un collectif de quatre sociétés toulousaines : celle que je dirige, Eole Consulting, ainsi que Uneed, Labsoft, et Settis. En regroupant nos savoir-faire et nos équipes (presque 1000 personnes au total), nous voulons être crédibles auprès des grands donneurs d’ordres comme Airbus, Engie, SNCF, et nous leur lançons un appel : faites appel aux PME et ETI régionales pour vos projets ! Nous proposerons aussi un label Renaissance2020, qui signifiera pour les entreprises qui l’obtiendront « je m’engage avec les acteurs locaux ». Une sorte de Small Business Act anglo-saxon. C’est une démarche patriote et solidaire. Les circuits courts vus dans l’agriculture sont aussi possibles à mettre en place dans le numérique.

Qu’entendez-vous par circuits courts du numérique ?
Notre objectif est de privilégier le local pour rapprocher les lieux de production des lieux de consommation. Nos entreprises sont basées à Toulouse mais implantées dans toute la France, ainsi nous pouvons répondre à des projets sur tout le territoire, et réduire le nombre d’intermédiaires. Il faut savoir que pour certains appels d’offres, des entreprises de toute l’Europe peuvent répondre. Nous souhaitons que soient privilégiées les entreprises locales.

Concrètement quelles sont les conséquences de la crise pour votre entreprise, Eole Consulting ?
Notre structure, qui travaille notamment pour l’aéronautique, est très impactée, nous avons recours massivement à l’activité partielle. En avril, nous avons enregistré 40% de chiffre d’affaires en moins. L’entreprise n’est pas en danger, et nous mettons une énergie considérable à ce que cela n’arrive pas, mais plusieurs projets dans la data intelligence ou le cloud sont arrêtés. Nous travaillions par exemple, avec des partenaires, sur le projet Tech Data d’Airbus (gestion de documentation technique), qui est à l’arrêt. Les donneurs d’ordres privilégient leur trésorerie. Sur 2018-2019, nous étions sur une croissance de l’ordre de 35%, c’est une époque révolue ! Notre chiffre d’affaires de 2020 aurait dû s’établir à 16,1 millions d’euros, il sera de 10,5 millions d’euros maximum et c’est déjà très bien.

L’initiative de ce collectif est née comme une réaction à la crise économique ?
Comme tout le monde, nous avons eu une phase de sidération, de déni, et puis, on s’est dit qu’il fallait agir. On ne peut pas ne rien faire, et cette crise nous a tous fait réfléchir. Moi non plus, je n’ai pas envie que tout redevienne comme avant, et je considère que jouer collectif, solidaire, en meute, est une solution pour sortir de la crise vers le haut.

Sur la photo : Pierre-Jean Brousset, PDG d’Eole Consulting, l’un des quatre co-fondateurs de ce collectif baptisé « Renaissance2020 ». Crédits : Hélène Ressayres – ToulÉco.

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