vendredi 25 mai 2012
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Les entreprises américaines à la recherche de l’efficacité énergétique PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 08 Février 2010 08:08
ktitareffLes économies d’énergie et l’efficacité énergétique ne sont plus des notions taboues aux Etats-Unis. Du moins dans les entreprises qui choisissent de se rallier à des programmes leur permettant de réduire sensiblement leurs factures d’électricité. Un tendance qui impliquera également à terme la filière des TIC. Quelles sont les principales initiatives existantes ? La correspondance de Michel Ktitareff, journaliste français implanté dans la Silicon Valley.

Si les Etats-Unis se décident à investir dans l’efficacité énergétique, ils pourraient économiser jusqu’à 700 milliards de dollars dans les dix prochaines années. En réalité, l’économie brute serait même de 1 200 milliards de dollars d’ici 2020, mais au prix de 500 milliards de dollars d’investissements dans différentes techniques d’économies d’énergie.

Si un tel choix était effectué par le gouvernement américain, cela aboutirait à ce que la consommation d’énergie américaine soit inférieure de 23 % (hors transport) à ce qu’elle est aujourd’hui.
C’est la principale conclusion d’un récent rapport de McKinsey, qui précise que ces 23 % correspondent également à la consommation énergétique de l’ensemble du parc automobile américain actuel…
L’enjeu est donc considérable et tout porte à croire que l’administration Obama s’est résolument engagée dans cette voie. Tout juste un an après sa prise de fonction, le président américain a en effet déjà accordé des milliards de dollars de financements et de crédits d’impôts à des projets portant sur la modernisation du réseau de distribution d’électricité ou encore a fait voter une loi instaurant des normes de consommation énergétique plus draconienne pour les années qui viennent.
Sans attendre les décisions de Washington, le secteur privé et l’innovation technologique se sont mis en action aux Etats-Unis, depuis plusieurs années déjà. C’est ainsi qu’en Californie, une société comme Global Energy Partners (GEP) a développé une technologie qui lui permet de prendre le contrôle, à distance, des équipements électriques de ses clients. S’agissant aussi bien de l’éclairage que du chauffage ou de la régulation de l’air conditionné, ces entreprises signent des contrats avec GEP qui l’autorisent à intervenir de façon autoritaire sur leur consommation. « Le plus souvent, il s’agit de baisser de 10 à 20 % cette consommation pendant quelques heures », précise Greg Wilker, senior research officer et VP de la firme californienne. Ainsi, par exemple, l’un des magasins d’Ikéa, au nord de la Silicon Valley, est désormais truffé de grosses boîtes bleues installées sous le plafond. Celles-ci, reliées au réseau informatique de GEP, sont également connectées à tous les thermostats des équipements électriques du magasin.
De temps à autre, le plus souvent aux heures de grande consommation bien sûr, le programme AUTO-DR, de GEP, envoie une demande de baisse de consommation au magasin Ikea. Ses responsables ont la possibilité de décliner la proposition, mais s’ils l’acceptent la consommation baisse de façon assez sensible. Ikéa et les autres clients de GEP ne paient absolument rien et reçoivent même des incitations financières pour participer à de tels programmes qui, en plus, leur permettent de baisser leur note d’électricité…
L’objectif de ces programmes de régulation est de diminuer d’environ 30% la facture d’électricité des sites clients, en réduisant au minimum la consommation, mais aux heures où elle coûte le plus cher.
Global Energy Partners assure travailler en étroite collaboration avec l’électricien de Californie du Nord, Pacific Gas & Electric (PG&E), notamment en lui fournissant de précieuses informations sur les habitudes de consommation de ses clients. De son côté, PG&E – et les dizaines d’autres grands électriciens aux Etats-Unis – ont tout intérêt à la réussite de ces programmes d’efficacité énergétique. Ils leur permettent de limiter le recours à leurs centrales d’appoint, qui fonctionnent en général au gaz ou au charbon, et sont donc très coûteuses et souvent polluantes.
Partout aux Etats-Unis fleurissent des entreprises de ce type, comme EnerNOC, à Boston, déjà côtée à Wall Street et qui gère plusieurs Gigawatts pour ses clients, répartis un peu partout à la surface du pays. Dans le cas de cette entreprise de la côte Est, si le principe de fonctionnement est identique à celui de son rival, son modèle économique est encore plus agressif puisqu’elle paie les entreprises pour être clientes de ses différents programmes d’économies d’énergies. « Pour elles, c’est vraiment sans risque », assure David Brewster, le président d’EnerNOC. En retour, la firme se fait rémunérer par les compagnies d’électricité qui peuvent enfin économiser sur leurs coûts de production et commencer à faire de meilleures prévisions de consommation.
Ces programmes se répandent si vite parmi les grandes entreprises que l’innovation poursuit sur sa lancée. « Nous voulons installer cette technologie dès la construction d’un bâtiment, dans quelques années », explique Mary Ann Piette, directrice de recherche au Lawrence Berkeley National Labs. Ce prestigieux laboratoire californien a ainsi travaillé avec Ikea afin de concevoir des normes de construction d’immobilier industriel, permettant un pré-cablage des  futurs bâtiments.

Michel Ktitareff

 


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