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Jean-Claude Dardelet, vice-président de la concession Galileo pour Alcatel Alenia Space PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 12 Mai 2006 17:39

« Galiléo devrait générer environ 15 000 emplois en Midi-Pyrénées »

Investi dans le projet Galileo depuis ses débuts, Jean-Claude Dardelet est vice-président de la concession Galileo pour Alcatel Alenia Space. Il est un des plus fervents partisans de l’installation du siège de Galileo à Toulouse et participe actuellement aux négociations du contrat de concession entre les différents membres du consortium (EADS, Thalès, Inmarsat, Alcatel, Finmeccanica, AENA, Hispast et TeleOp). La société, dont le nom n’est pas définitif, (elle répond au nom de code GOC pour « Galileo Operation Company ») exploitera la constellation de 30 satellites et en tirera les bénéfices commerciaux pendant 20 ans. Un cabinet de recrutement vient d’être choisi et chasse, pour une prise de poste à l’automne, un CEO au profil international et incontestable. En parallèle, le marché des applications LBS (Location Based Services ou services géolocalisés) se construit. Il représentait, selon l’étude de l’institut de recherche ABI Research 981 M$ en 2005 et pourrait atteindre 8Md$ en 2010.

Jean-Claude Dardelet, vice-président de la concession Galileo pour Alcatel Alenia Space

 

Emmanuelle Durand-Rodriguez : Quelles évolutions le secteur des TIC peut-il attendre de Galileo ?

Jean-Claude Dardelet : Galileo va apporter de la valeur à tous les segments du monde des télécoms et des TIC. Cela ouvre des portes à des relais de croissance dans le domaine des technologies, des produits et des services. On dit souvent que Galileo est la 5ème « utility » derrière l’eau, le gaz, l’électricité et le téléphone et je crois que c’est vrai.

EDR : Quelles seront les relations entre la concession Galileo et les PME ?

JCD : Le concessionnaire a pour mission de mettre à disposition un signal. En revanche, l’exploitation du signal, l’ajout de contenu et de valeur ajoutée ne relèvent pas du concessionnaire mais du marché aval et donc des PME, des laboratoires etc. Ce sera aux entreprises de valoriser le signal. Le concessionnaire a un rôle de catalyseur et de mise en place de l’environnement nécessaire au développement du marché. On observe d’ailleurs que la plus grande part du marché actuel est porté par les PME, la plupart étant orientées TIC. Galileo va donc solliciter toute une chaîne d’acteurs, des grands groupes aux petites PME qui, au passage, vont avoir l’opportunité de très rapidement évoluer. J’ajoute que s’il y a une ville à l’écosystème favorable, c’est bien Toulouse !


EDR : Les PME vont-elles rester des sous-traitants ou va-t-il y avoir une redéfinition des liens vers plus de partenariat ?

JCD : Je crois qu’il ne faut pas inverser le rôle des maîtres d’œuvre et des sous-traitants. S’il n’y avait pas à Toulouse les chaînes d’assemblage d’Airbus, il n’y aurait pas de sous-traitants d’Airbus. Pour Galileo, c’est pareil. C’est un grand projet et tout le monde (maîtres d’œuvre, fournisseurs, partenaires, sous-traitants) doit y travailler façon complémentaire.

EDR : Quelles retombées la région Midi-Pyrénées peut-elle attendre en terme d’emplois ?

JCD : Je vais faire un calcul assez simple. On pense que Galileo devrait induire 150 000 emplois au niveau de l’Union Européenne dont 25 000 en France. La région Midi-Pyrénées représentant 80% de la force spatiale française (et 30% de la force spatiale européenne) on peut penser que Midi-Pyrénées concentrera la plus grande part de ces postes, disons peut-être 15 000.

EDR : Comment s’organise l’installation du siège de la concession à Toulouse ?

JCD : Une dizaine de personnes devrait s’installer d’ici à la fin de l’année dans les bureaux de la pépinière de Montaudran. On aura, pour commencer, quelques centaines de m2. Une solution provisoire en attendant la construction d’un bâtiment (sur le terrain d’Aerospace Campus) qui hébergera d’ici 2010 entre 150 et 200 personnes (ingénierie du système, ingénierie financière, services juridique, marketing, communication, soutien aux applications).

EDR : Et la constellation ?

JCD : Un deuxième satellite test, Giove B, doit être lancé au mois d'octobre. A partir de 2009 le processus s’accèlerera. Les satellites seront lancés par grappes de 2 ou 6 et la constellation de 30 satellites sera complète en 2011, date à laquelle l’exploitation du système devra débuter.

Propos recueillis par Emmanuelle Durand-Rodriguez, MID e-NEWS
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