|
La nouvelle est tombée le 13 Février dernier : Nomatica est acquise par la société Expansys, détenue par le groupe anglais Mobile & Wireless. La reprise se fait dans le cadre d'un plan de cession totale. « Expansys fait l'acquisition de la clientèle, la marque [ y compris la marque anglaise InternetDirect NDLR ], le site Internet et les stocks. Et elle reprend 32 salariés [ sur une cinquantaine restants, NDLR ] », précise Christian Caviglioli, administrateur judiciaire en charge du dossier. En revanche, l'équipe dirigeante ne sera pas réintégrée à la nouvelle structure. Le passif n'est pas non plus racheté par Expansys, ce à quoi ce dernier n'est pas tenu dans le cadre d'un plan de cession totale. Et selon nos informations, l'opération aurait coûté environ 2000 000 euros à Expansys, dont la transaction de 580 000 euros pour les seuls actifs, le reste constitué notamment par les frais sociaux, et les engagements sur les clients de Nomatica. Frederic Pont, Directeur Général d’eXpansys Continental Europe, explique : « Lorsque la société Nomatica a été placée en redressement judiciaire au mois de décembre 2005, nous avons immédiatement voulu saisir la chance qui nous était offerte d’acquérir une marque de très forte notoriété, de disposer d’un catalogue de produits technologiques et nomades complètement complémentaire au nôtre. » Rappelons que Nomatica avait été placée en redressement judiciaire le 2 Décembre dernier. La période d'observation était fixée à 6 mois. Les derniers chiffres communiqués par Nomatica faisaient état, à fin Mars 2005, d'un chiffre d'affaires annuel de 71 millions d'euros et de pertes estimées de 4 à 6 millions d'euros. L'effectif était passé de 140 personnes en 2004 à 50 avant la reprise. Christophe Cornuejols, l'ex PDG et fondateur de Nomatica réagit : « Sur le fond, je persiste à penser que les pertes passées de la société Nomatica n'étaient pas anormales (ce qui ne signifie pas qu'elles n'auraient pas pu être réduites ou même évitées, mais qu'elles faisaient partie de la courbe d'apprentissage d'une start up de 6 ans très prometteuse). Personne ne semble en vouloir à RueduCommerce d'avoir perdu au total environ 20 millions d'euros en 5 ans, à MrGoodDeal d'en avoir perdu 7, à Artprice de continuer au bout de 6 ans à perdre de l'argent tous les ans, ou à Amazon d'avoir attendu 9 ans et quelques Milliards de $ de pertes pour dégager des bénéfices. Le commerce électronique BtoC est un secteur de stratégie coût-volume, où il faut atteindre le plus vite possible une taille critique (point mort) qui assure la couverture des frais fixes, cette taille critique étant située aux alentours de 120 M euros pour Ldlc, Rueducommerce ou Nomatica, et probablement nettement plus pour Cdiscount ou Pixmania. Nomatica était fin 2002 début 2003 le 3e plus gros site français de BtoC avec 50000 visiteurs uniques par jour, une personnalité créée dans le public sur un large contenu éditorial soutenu par des prix très bas et une offre d'appareils d'accessoires complète, et le seul rentable de sa création mi 99 à 2003. Le site était parmi les plus innovants du marché (3 brevets déposés), ayant été le premier à être présent en 10 langues européennes, avec des fiches techniques très complètes, notamment portail de liens sur chaque produit, imagettes sous 6 angles et images 3D hémisphériques zoomables, les packs appareils+accessoires, suivi en ligne complet de l'historique client, etc.. Beaucoup de ces innovations de présentation ou d'ergonomie ont été reprises par d'autres très bons sites. La seule stratégie raisonnable à ce moment (mi 2003) était de se battre pour la place de n°1 en Europe, qui était accessible. Cela supposait des investissements importants et suivis (CDiscount ou Pixmania ont probablement absorbé quelques dizaines de Millions d’euros à ce jour), et plusieurs tours de table successifs. Nous n'avons pas réussi à communiquer cette vision aux investisseurs, présents dans le capital ou extérieurs. Sans l'assurance que constitue un capital important contre les aléas du marché et les erreurs de croissance, Nomatica était condamnée sous son ancienne forme par le retournement très brutal du marché photo numérique en 2004. Le rapprochement avec Expansys permettra de résoudre une bonne part des problèmes évoqués, et de rebondir vers les marchés européens, voire mondiaux. » Lancé en 1999, Expansys affiche, avant l’acquisition du fonds de commerce de Nomatica, un chiffre d'affaires de 52 millions d'euros (exercice clotûré en Avril 2005) et vend dans une quarantaine de pays dans le monde (dont les USA, Angleterre, Hong Kong, Allemagne, Australie). En France, la filiale porte le site Internet Expansys.fr. Elle est basée à Montpellier, mais les locaux Nomatica resteront finalement à Toulouse. Et la nouvelle équipe dirigeante est opérationnelle depuis les premiers jours qui ont suivi l'acquisition. Frédéric Dessort, Mid e-News
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
|