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Confrontée à un chronique besoin en fonds de roulement, le fleuron du commerce électronique toulousain, Nomatica, devait absolument boucler son troisième tour de table. Et la recherche d'investisseurs entamée il y a un an et demi n'a pas aboutie. Le cinquième site Internet français d'électronique grand public n'a pu éviter le placement en redressement judiciaire, prononcé le 2 décembre par le tribunal de commerce. La période d'observation a été fixée à 6 mois. « Mais nous souhaitons pouvoir redémarrer rapidement, dès le début 2006. Notre situation est assainie, nous avons réduit notre point mort à 3,5 millions d'euros. Et nous ne sommes pas face un besoin de restructuration de notre effectif, qui a été ramené à 60 personnes [140 l'année dernière, NDLR] », explique Christophe Cornuejols, PDG et fondateur de Nomatica. Des repreneurs ou investisseurs seraient déjà sur les rangs, tels que notamment Darty et Carrefour, selon nos informations. L'un des principaux concurrents de Nomatica, Pixmania, serait aussi en lice. Mais le dirigeant se refuse à confirmer ou à faire un commentaire sur ce point. Pour autant, Christophe Cornuejols met en avant les avantages à reprendre la start-up toulousaine. « Nous sommes entrés dans une phase où les acteurs de la grande distribution rachètent des sites de commerce électronique. MisterGoodDeal.com a été repris par M6 pour 44 millions d'euros, GrosBill.com, 22 millions d'euros par Auchan. D'un autre côté LDLC.com, vaut 80 millions d'euros en bourse. Et l'on parle d'une valeur de Nomatica estimée au dixième de ce dernier. Ce qui est plus qu'intéressant pour un acteur de la grande distribution : nous revendiquons près de 100 000 visiteurs par mois, 650 000 clients cumulés et une forte notoriété. Le site nomatica.com a été visité par près de 75 millions de personnes depuis sa création », souligne Christophe Cornuejols. Des avantages certes, mais qui sont à mettre en lumière. Si le critère numéro un pour réussir dans le commerce électronique était le prix, celui de la constitution des stocks s'est aujourd'hui ajouté. « C'est devenu essentiel. Nous avons besoin, à l'instar de la grande distribution, d'un fonds de roulement d'environ 10% de notre chiffre d'affaires. Soit environ 7 millions d'euros, alors que nous n'avons jamais dépassé les 3 millions d'euros. Mais cette problématique est d'autant plus cruciale dans le commerce électronique où les termes de paiement des fournisseurs peuvent être très courts ... Ceux-ci ne donnent pas encore de délais normaux - à 60 jours -, ne faisant pas encore confiance au modèle économique du commerce électronique. Qui pour eux n'est pas forcément démontré.» Les derniers chiffres communiqués par la société faisaient état, à fin Mars 2005, d'un chiffre d'affaires annuel de 71 millions d'euros et de pertes estimées de 4 à 6 millions d'euros. L'effectif est passé de 140 personnes en 2004 à 60 aujourd'hui. La prochaine assemblée générale de l'entreprise est fixée au 31 janvier 2006. Frédéric Dessort , MID e-NEWS
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