vendredi 25 mai 2012
Bannière
Accueil > Secteur TIC > Pau : le débit nouveau est arrivé
Pau : le débit nouveau est arrivé PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 13 Octobre 2005 12:32
Pau a pris le risque d’être un laboratoire du très haut débit. Et la Préfecture des Pyrénées-Atlantiques l’a payé au prix fort. Ce prix n’a rien à voir avec un dépassement du budget (les investissements de la Ville se monteront bien, comme prévu, à 10 millions d’euros), ni avec un échec du projet. Non, pour le « Pau Broadband Country » (ou « PBC »), le premier problème est né avec la montée en puissance d’une adversité inattendue : la guerre des FAI sur les offres ADSL et l’irruption des solutions « triple play » associant, elles aussi et au même coût, la téléphonie, la télévision et l’Internet. De fait, les propositions de services de Pau et de ses partenaires se sont révélées moins « hyper concurrentielles » que prévues.
Face à cette nouvelle concurrence, les responsables du projet auraient voulu réagir au plus vite, c'est-à-dire en quelques semaines. Las, les obligations juridiques ont été largement sous-estimées (par exemple, il reste impossible de « câbler » un immeuble sans avoir l’accord de la co-propriété, laquelle ne se réunit qu’une fois par an).


Cela aura suffit pour que les adversaires du projet – dont la liste serait trop longue pour être détaillée ici – commentent et analysent l’échec du PBC. Qu’en est-il réellement ? Si l’on se réfère aux chiffres officiels annoncés en 2003, lors de l’ouverture de la Délégation de Service Public, le PBC a quasiment atteint ses objectifs : 21 000 prises Fttx étaient potentiellement connectables au très haut débit (de 10 à 100 Mbts/s) à la fin septembre 2005) et les travaux avancent au rythme de 1 400 nouvelles prises par mois. De ce point de vue, il n’y a pas péril en la demeure. « Il serait injuste de mettre en cause les responsables de la DSP par rapport au déploiement physique du projet, réagit Jean-Pierre Jambes, Directeur du Développement et du Partenariat de la Communauté d’Agglomérations de Pau-Pyrénées. Un tiers des particuliers et plus de 50% des entreprises peuvent désormais se raccorder au PBC, sans compter que près de 80 000 prises DSL dégroupées seront bientôt disponibles et que les expérimentations des solutions alternatives, comme le Wifi, le Wimax ou le courant porteur en ligne (CPL) sont en cours ».


Chacun le sait, la faille est effectivement ailleurs, à savoir du côté des offres de services et de la pérennité des prestataires. Le fait est que le PBC n’avait généré à la fin septembre que 800 abonnements, dont une centaine concerne des entreprises. Un chiffre notablement insuffisant pour nourrir les six opérateurs locaux qui alimentent désormais le PBC (IPVSET, le partenaire historique, et sa nouvelle filiale EDR ont en effet été rejoints par des acteurs tels que Pau On Line, Très Haut Débit.com, Opalyse ou Sycomore, sans compter la récente implication d’acteurs nationaux comme Completel). Autrement dit, c’est peu de dire que les grands acteurs des télécoms se sont retenus de soutenir le PBC.
« La recomposition du marché des télécoms s’accélère et l’actualité nous montre que nos intuitions étaient les bonnes », répond Jean-Pierre Jambes. Quelle actualité ? En l’occurrence, la principale bonne nouvelle concerne le rachat par Bouygues (via sa filiale ETDE) de l’opérateur AXIONE, également impliqué dans les réseaux haut-débit de la Sarthe, de la Loire, du Maine-et-Loire ou, dans le Limousin, de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne). Annoncé le 29 septembre dernier, ce renfort de poids lève assurément une partie des doutes concernant la pérennité du projet.


Deuxième bonne nouvelle, IPVSET lance une offre très médiatique, puisqu’elle prend à contre-pied la communication de l’opérateur historique : tandis que France Télécom s’investit dans « la télévision sur Internet », IPVSET crée « Internet sur la télévision ». Concrètement, l’opérateur palois fournit une « Set Box » (assemblée à Pau) qui permet aux téléspectateurs de surfer sur Internet et de consulter ou de saisir des e-mails. Bien sûr, la solution intègre également la fonction téléphonie (sans abonnement) pour 39 euros par mois. Si ces deux nouveautés sont de nature à donner une nouvelle vigueur au PBC, il en est une troisième qui pourra « refroidir » les plus enthousiastes : le projet de Pau, Préfecture des Pyrénées-Atlantiques, comme indiqué plus haut, va rapidement devoir faire face à la montée en puissance du réseau IRIS, initié par le Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques. Ce second projet est en cours de déploiement dans la Communauté d’Agglomérations de Bayonne-Anglet-Biarritz. Avec le soutient notable de 9 Telecom, IRIS s’apprête en effet à investir Pau.


Les différentes collectivités semblent ainsi contraintes de reconsidérer leurs alliances au gré des priorités des opérateurs télécoms. Dans ce contexte, le Conseil Régional d’Aquitaine a la difficile tâche de ménager les uns et les autres. Il a, notamment, versé une partie de la subvention de 1,5 million d’euros accordée au projet de Pau. « Il ne faudrait pas oublier les motivations premières qui sont à l’origine du projet, souligne Jean-Pierre Jambes : faciliter l’implantation de nouvelles entreprises et accélérer les créations d’emplois. Dans le domaine des TIC, Pau comptait en 2002 quatorze entreprises pour 175 salariés. Aujourd’hui, 45 entreprises emploient près de 500 personnes ».

Pascal Boiron, MID e-NEWS
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

 


Autres articles :


Ajouter un Commentaire

Réagissez à l'article en remplissant le formulaire ci-dessous.


Code de sécurité
Rafraîchir

Conception : agoranet - Réalisation : MidiConcept - Hébergement : FullSave