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La nouvelle est tombée comme un couperet le 26 juillet dernier. Un vaste plan social va toucher HP, le numéro 2 mondial de l'informatique. Sur 140 000 salariés, 14 500 devront quitter l'entreprise. Et la France sera particulièrement touchée avec 1 240 postes supprimés, soit 25% du total des effectifs. Pression des actionnaires, du marché ? « Fantasme », rétorque Patrick Starck, PDG d'HP France, de passage à Toulouse pour apporter explications à la presse et dialoguer avec les salariés. « Et cette restructuration, avant tout, pèsera sur les actionnaires » a t-il ajouté. Rappelons toutefois que HP réalise environ 3 milliards de dollars de bénéfices net (2004), pour un chiffre d'affaires de 82 milliards de dollars. Et le plan devrait coûter, selon HP même, 400 millions de dollars, soit 13% du bénéfice annuel. Qui plus est, Mark Hurd, PDG du groupe, entend réaliser 1,9 milliards d'euros d'économies annuelles. On notera que dans le même temps, HP vient de procéder à l'acquisition de Pérégrine, pour 425 millions d'euros ... Argument apporté par Patrick Starck pour expliquer cette débâcle sociale : « Le marché est devenu particulièrement évolutif et concurrentiel. Si nous ne savons pas réagir à temps, nous pourrions subir les mésaventures de Compaq, Olivetti, CDC... » citant ainsi nombre de grands groupes de l'informatique mondiale qui ont disparus rapidement à la suite d'erreurs stratégiques. « Alors que le PC a mis 10 ans pour devenir un marché mature, il n'en a fallu que trois à la photographie numérique. Nous avons ainsi estimé que nous devions réduire les coûts afin d'améliorer notre compétitivité [ notamment face à la Chine, NDLR ] ». Du côté des partenaires sociaux et des élus, la colère est partout la même. « Inacceptable sur le fond, au vu des résultats affichés par Hewlett Packard avec des bénéfices en croissance de + 38% sur l'exercice 2003-2004, puisqu'une fois de plus, ces décisions semblent répondre davantage à une logique financière qu'à une stratégie industrielle », ont déclaré en commun les élus de Grenoble, la ville qui sera sans doute la plus touchée en France. Les syndicats ont, quant à eux, appelé à débrayer vendredi 16. La grève fut largement suivie avec pour mot d'ordre, notamment, de commencer les négociations par un refus du chiffre de 1 240 licenciements. La première rencontre avec la direction a eu lieu le 23 Septembre. Résultat négatif pour l'heure. Le préalable posé par les syndicats porte sur deux points : un objectif chiffré clairement affirmé de limiter les suppressions de postes à un chiffre inférieur à 15% de l’effectif. Et d'autre part, obtenir l’assurance de nouveaux investissements durables en France pour assurer la pérennité des emplois et des sites après cette nouvelle réorganisation. « Non seulement, nous n’avons pas pu obtenir de garanties sur ces deux points, mais la direction nous propose un cadre de négociations fourre-tout qui mêle les suppressions de postes, l’accord sur les 35 heures, les Négociations Annuelles Obligatoires (augmentations de salaires, avantages sociaux, temps de travail…), la négociation des conditions de départ, le calendrier des consultations, etc. Nous n’acceptons pas cet amalgame et nous refusons en particulier d’entamer les discussions sur le volet social accompagnant les licenciements tant que les deux priorités mentionnées ci-dessus n’auront pas fait l’objet d’un accord entre les partenaires sociaux. », indique le syndicat CFTC au travers de son blog. Toulouse ne serait pas trop touchée, mais les syndicats sont inquiets Les négociations entamées devraient se poursuivre jusqu'au début de 2006. Patrick Starck espère toutefois aboutir rapidement à un accord de méthode. Mais il sera difficile d'établir un agenda, car la pression de la société civile et des élus est forte. Le président de la République y compris, qui a demandé au gouvernement de se retourner vers la Commission européenne, qui s'est déclarée incompétente ... Toulouse, qui n'est pas un site de production, ne serait pas trop affectée. « Notre équipe est essentiellement composée d'ingénieurs technico-commerciaux et de commerciaux », et « Nous n'allons, bien entendu, pas abandonner nos clients et encore moins fermer l'agence », expliquent Didier Delhoste, directeur régional et Patrick Starck. La direction régionale est en effet très bien implantée dans le paysage économique de la ville Rose. HP Sud-Ouest (Toulouse : -56 personnes-, Bordeaux : -25-, Pau, Bayonne) réalise un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros par an, selon Didier Delhoste. Soulignons que, d'après les dires de Patrick Starck, les suppressions de postes seront déterminées en analysant tous les processus de l'entreprise. Y compris commerciaux et technico-commerciaux. « Il s'agira de redéfinir l'organisation de manière transversale et de recentrer au plus proche des clients » explique t-il. Le réseau de distribution complètement recentré L'entité régionale anime 300 partenaires revendeurs, dont une centaine de certifiés. Et ce réseau de distribution devrait lui aussi être affecté par un autre mouvement. Lors de la dernière grande convention partenaires, qui s'est tenue à Las Végas, Mark Hurd annonce un recentrage de masse sur ses partenaires les plus rémunérateurs, qui prendront le statut de revendeurs certifiés "Privilège". En France le réseau de 2 000 revendeurs devrait être réduit à ... 350 d'entre eux ! Le blog du syndicat CFTC : cftchp.blogspot.com Le communiqué de presse du groupe précisant les raisons de la restructuration Frédéric Dessort , MID e-NEWS
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