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ICE : Les PME à la rencontre des projets pôles de compétitivité PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 24 Janvier 2005 11:01
L'Inter-Club Entreprises Toulouse Midi-Pyrénées a organisé le 13 janvier une soirée débat, réservée aux membres des clubs composant l'ICE (Club Galaxie, ISATIS, GIPI, La Mêlée, SISMIP, Sémidias, Miditech), à Diagora Labège, sur le thème "les PME-PMI face aux projets locaux de Pôles de compétitivité". Alertées par les échos des grandes manœuvres qui mobilisent le petit cercle des grands décideurs politico-économiques toulousains, les PME-PMI étaient pleines d'interrogations et d'inquiétudes sur ces plans d'avenir qui semblent se dessiner sans elles...

Près de 200 chefs et dirigeants d'entreprises, sur les 500 que compte environ l'ICE, se sont donc retrouvés face à quelques-uns des principaux acteurs des deux projets de Pôles en préparation. D'abord pour un petit rappel sur ce dispositif annoncé lors du CIADT du 14 septembre dernier, et mis en place le 25 novembre. Il consiste à labelliser une bonne vingtaine de grands "foyers" d'innovations nationaux, sélectionnés sur concours (dépôt des candidatures le 28 février. Premiers labels décernés avant l'été), en vue de les dynamiser et de leur donner une visibilité internationale. Chaque Pôle doit porter des projets de développements technologiques axés sur un grand thème, centrés sur un territoire, et associant entreprises, centres de formation et unités de recherche. À la clef, une enveloppe globale de 650 millions d'euros apportés par l'Etat et ses composantes, des exonérations fiscales et sociales, et des subventions "volontaires" votées par les collectivités territoriales. En ligne de mire : booster notre capacité à "inventer" les emplois de demain.


Didier Seiller, chargé de mission de Midi-Pyrénées Expansion, (à gauche)
François Jouaillec, directeur du CNRT-AE (à droite)


Photo avec notre partenaire Gilles Vidal, http://www.gillesvidal.com

"Ce que j'entend, c'est que vous êtes inquiets !"

Sur la région toulousaine, deux projets sont en lices. Un Pôle "naturel" Aéronautique-Espace-Systèmes embarqués, suite logique du CNRT-Aéronautique & Espace, mené conjointement par Jean-Marc Thomas, président d'Airbus France et du CNRT-AE, et par Pierre-Éric Pommelet (Thales Avionics) en Aquitaine. Il était représenté en tribune par François Jouaillec, directeur du CNRT-AE, Didier Seiller, chargé de mission à Midi-Pyrénées Expansion, et André Mangin, du Cnes, chargé du groupe PME au sein du comité de pilotage.

Le projet de Pôle Cancer-Bio-Santé est, lui, issu de la volonté politique de ré-industrialisation après le drame d'AZF. Il s'appuie sur l'excellence régionale dans ces secteurs et sur le projet déjà engagé de Cancéropole sur l'ancien site chimique. Le chef de projet, Jean-Louis Ségura, était représenté par François Chollet, vice-président du Grand Toulouse chargé du projet Cancéropôle, Muriel Brossard, chargée de mission à Midi-Pyrénées Expansion, Alain Costes, du Laas-CNRS, ancien directeur de la Technologie au ministère de la Recherche, et Pierre Montoriol, président du Sismip (industries de santé).


Pierre Montoriol , président du SISMIP, (à gauche)
Alain Costes, vice-président de l'ADERMIP (à droite)


Photo avec notre partenaire Gilles Vidal, http://www.gillesvidal.com

Pressentant les attentes de la salle, André Mangin devance la question : "y a-t-il une place pour les PME dans ces projets ? Oui, elles ont une place légitime à prendre ! Beaucoup de compétences sont nées des PME. Elles doivent être des acteurs majeurs". François Chollet renchérit : "si on se base uniquement sur les grandes entreprises, on passe à côté du message ! Ce que j'entend, c'est que vous êtes inquiets sur le mode de communication et les axes pris : nous devons peser pour que cela existe et se développe". Didier Seiller précise : "cette notion de lisibilité est une exigence dans l'appel d'offre. Il y a un chapitre Gouvernance et Pilotage. Il faut trouver un dispositif simple et efficace en s'appuyant sur les rouages existants. Ceux qui gouverneront le Pôle ne sont pas encore définis, et on a tous le souci qu'il y ait une participation des grands groupes mais aussi de l'ensemble du tissu industriel".

"Pas de gâteau à se partager"

Question : ces Pôles ne sont-ils pas l'occasion de redéfinir les modes de fonctionnement entre les PME et les donneurs d'ordres ? "On a pas la prétention d'influer sur les relations entre Airbus et sa supply chain... Mais le Pôle sera un forum plus resserré qu'aujourd'hui permettant de rapprocher les acteurs régionaux de cette supply chain", explique François Jouaillec.


François Chollet, vice-président du Grand Toulouse, (à gauche)
Muriel Brossard, chargée de mission MPE (à droite)


Photo avec notre partenaire Gilles Vidal, http://www.gillesvidal.com

Dans ce contexte, c'est aux PME de prendre l'initiative : "c'est vous qui irez chercher des contrats, des collaborations, de l'innovation, dans un environnement favorable", avertit François Chollet. Les éventuels candidats sont également prévenus qu'il ne faut pas venir dans l'intention "de se partager un gâteau", comme l'ont répétés plusieurs intervenants. À propos d'argent, François Jouaillec rappelle que "l'élément financier le plus structurant pour le secteur Aéronautique & Espace est le plan Ader 2 qui apporte plus de 100 millions d'euros pour accéder à des technologies nouvelles, aux TIC... Les PME sont au cœur du dispositif". Les collectivités locales jouent donc le jeu et continuent de s'engager financièrement, sans attendre un éventuel label, notamment aux côtés de l' é tat, comme dans les projets ITAV (Institut des Technologies Avancées en Sciences du Vivant) et Cancéropôle, ou encore "en intervenant dans les implications foncières", complète François Chollet.

"Tout le monde pousse derrière !"

Alain Costes ouvre de nouveaux horizons : "il faut dépasser le strict cadre des Pôles... Ce qu'on ne fait pas là, il faudra le faire ailleurs. Le Pôle est une source supplémentaire. Et surtout, ce n'est qu'une 1 ère marche : la 2 ème c'est l'Europe ! Elle prépare des plateformes technologiques - dans le cadre du 7ème PCRD - dont la définition correspond, à la virgule près, à celle des Pôles de compétitivité. Si on n'est pas labellisé, on a toutes les chances de perdre le concours des plateformes de demain..." Un contexte confirmé par Muriel Brossard : "selon la convention de Lisbonne, l'économie européenne et son développement seront basés sur l'innovation".


Edouard Forzy, porte parole de l'InterClub d'Entreprise, président de la Mêlée


Photo avec notre partenaire Gilles Vidal, http://www.gillesvidal.com

Certes le délais très court accordé pour l'élaboration des énormes dossiers de candidatures n'a pas permis de communiquer et d'ouvrir la concertation aussi largement qu'il aurait fallu, mais "tout ne sera pas figé : les 3 ans à venir vont apporter des possibilités de construction et d'intervention", comme le fait remarquer Gérard Libéros, président du Gipi.

De toute façon, avec ou sans label, une bonne partie du pari est déjà gagnée. Celle de la mobilisation et de l'envie de travailler ensemble : "pour la 1 ère fois, tout le monde pousse derrière : cela veut dire que pour les 2 à 3 ans qui viennent, c'est là-dessus qu'on veut faire notre image", conclut Alain Costes.

Christian de Montmagner, MID e-NEWS
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