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Spikenet Technology, qui porte une technologie de reconnaissance de formes dans les vidéos, annonce la signature de contrats importants. En outre, elle fait état de discussions avancées avec la police de Shanghaï, intéressée par la solution de vidéo-surveillance de la PME toulousaine. Explications avec Hung Do Duy, dirigeant de la société.
En photo : Hung Do Duy, dirigeant de Spikenet Technology
« Les choses vont vite. En novembre dernier, dans le cadre du salon Milipol, nous avons rencontré une délégation chinoise qui s'est montrée intéressée par nos solutions dans le domaine de la vidéo-surveillance. Aujourd'hui, nous avons conclu un accord de distribution avec une entreprise qui travaille en direct avec la police de Shanghaï », se réjouit Hung Do-Duy, patron de Spikenet Technology.
Les logiciels de cette PME créée en 1999 par Simon Thorpe et plusieurs chercheurs du laboratoire Cerco-CNRS permettent d'identifier des formes dans des vidéos prises en temps réel ou déjà enregistrées.
Ces premiers pas posés dans l'empire du Milieu permettent aujourd'hui à la société d'envisager une accélération importante de son développement. « Nous avons identifié un marché potentiel de 15 M€ annuels pour notre produit « Odin », que nous proposerons aux services de police des principales villes de Chine. Nous souhaitons notamment créer un vrai partenariat avec Shanghaï où j'ai rencontré les dirigeants de la police. Nous avons posé les bases d'un projet d'association qui regroupera la police de Shanghaï, notre partenaire distributeur et Spikenet Technology », explique Hung Do Duy.
Une autre approche technologique de la vidéo-surveillance
Une avancée commerciale qui s'ajoute à d'autres références notables récemment acquises. En l'occurrence, un autre produit de Spikenet Technology, « Observer », a été choisi par les aéroports de Genève et de Bordeaux. Objectif : identifier en « live » des intrusions dans certaines zones sensibles, à la différence d' « Odin » qui permet de scanner de grandes bases de données vidéos. « C'est pour nous une reconnaissance importante car ces deux établissements ont véritablement changé de technologie. Parmi les raisons qui les ont décidé à opter pour notre solution : la baisse drastique du nombre de fausses alertes générées par les systèmes précédents », ajoute le patron de Spikenet Technology.
En fait, dans le monde de la vidéo-surveillance dite « intelligente », destinée par exemple à la détection d'intrusion ou à la reconnaissance faciale, l'approche technologique principale est portée depuis longtemps par des industriels tels que Bosch, Siemens, Honeywell, Sagem... qui détiennent 99% du marché. Or, Spikenet Technology porte une approche scientifique tout à fait différente.
Une solution logicielle développée avec le ministère de l'Intérieur
Autre développement important ces derniers mois par Spikenet Technology : son partenariat avec le Ministère de l'Intérieur. « Nous avons co-développé Odin avec les services du ministère de l'Intérieur, devenu client de cette solution pour certains de ses services. Scotland Yard nous a également commandé 3 licences ! », souligne Hung Do Duy.
Si Spikenet Technology reçoit la caution de grands donneurs d'ordres, il faut rappeler que ses innovations ont pu émerger grâce au laboratoire Cerco-CNRS, à Toulouse. « Le cœur de la technologie est bio-inspirée : il s'agit d'un algorithme qui reproduit le fonctionnement des neurones de la vision lors des premières millisecondes pendant lesquelles l'image se forme dans le cerveau humain », rappelle Hung Do Duy. Aujourd'hui, la société toulousaine comporte un véritable centre de R&D de 8 ingénieurs dédié à cette technologie, et entretient des échanges avec le MIT, l'INRIA, le CEA et l'Institut Saint-Louis.
Basée à Toulouse, Spikenet Technology emploie 12 personnes. Elle envisage cette année un CA de 700 keuros, en croissance de 30% par rapport à 2011. Un revenu qui pourrait atteindre les 2 M€ en 2013.
Frédéric Dessort |