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La région Midi-Pyrénées s’impose comme l’un des principaux centres européens en matière de recherche sur la e-santé et la gestion du vieillissement. Les 7 et 8 juillet derniers, les principaux acteurs du secteur étaient réunis à Castres pour préciser les enjeux de ce sujet de société déterminant pour l’industrie des TIC.
Si vous n’êtes pas un spécialiste des « gérontechnologies », vous ne connaissez pas nécessairement par cœur les cinq critères de Fried. Les voici : une perte de poids involontaire, un état de fatigue ressenti, des difficultés dans la préhension manuelle, une vitesse de marche trop faible et une activité physique insuffisante. Si l’un de vos proches ou de vos parents présente trois ou plus de ces cinq caractéristiques, les spécialistes de la santé considèrent qu’il doit être pris en compte comme une personne âgée « à risque ». Cette évolution semble à priori connue, surtout du fait de la médiatisation de l’allongement de l’espérance de vie, mais les données chiffrées peuvent donner le vertige : en France, le nombre de personnes âgées de plus de 85 ans est aujourd’hui de 1,7 million ; en 2020 – dans moins de 10 ans – il sera supérieur à 4 millions. Un autre chiffre révélateur : la part des plus de 65 ans dans la population française va passer de 26% aujourd’hui à plus de 40% avant 2050.
L’urgence de ne pas attendre
Le développement d’une filière dédiée aux gérontechnologies et plus généralement à la e-santé devient donc une priorité pour la France, si le pays souhaite conquérir un minimum d’autonomie. En l’occurrence, Midi-Pyrénées est en passe de devenir l’une des principales régions européennes spécialisées dans ce domaine. Quelle est sa légitimité ? La principale est liée à la puissance de sa filière aéronautique et spatiale, ce qui lui permet d’être également la 1ère région française pour l’intensité de la R&D, la seconde en ce qui concerne l’informatique et le 2ème territoire universitaire. Or, la e-santé a besoin de ces différentes compétences et structures pour monter en puissance. « On constate que les travaux de recherche réalisés ici depuis plusieurs décennies dans l’aéronautique et le spatial peuvent rapidement être déclinés et appliqués sur terre dans le domaine de la santé », a expliqué Eric Campo, notamment professeur à l’IUT de Blagnac, à l’ISIS (Informatique et Systèmes d’Information pour la Santé) de Castres et à l’université Paul Sabatier de Toulouse, dans le cadre de la Mêlée e-santé, qui a réunit 500 professionnels de la filière les 7 et 8 juillet dernier à la Technopole de Castres-Mazamet.
Les technologies ont précédé les financements
En matière d’innovation, les financements précèdent généralement la recherche. En ce qui concerne les travaux sur la e-santé en Midi-Pyrénées, le schéma est donc inverse : les technologies pourraient rapidement être mises sur le marché. Ce n’est pas là que le bât blesse. Les retards ne sont liés qu’à des problèmes de gouvernance et de leadership entre tous ceux qui tentent de structurer la filière. Cette richesse de structures débouche d’ores et déjà sur une pléthore de réalisation, tels que le projet « HOMECARE » à Caussade dans le Tarn-et-Garonne, le système de surveillance par satellite « OURSE » qui est aujourd’hui expérimenté dans les Hautes-Pyrénées, la 1ère maison intelligente qui sera opérationnelle dès septembre prochain, l’application de domotique « BéA », principalement dédiée à identifier les situations critiques pour les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer, les premières formations universitaires dédiées à ces sujets qui viennent d’être promues à l’IUT de Blagnac, etc. Tout est donc là, en Midi-Pyrénées, pour qu’une filière « e-santé » se structure rapidement. Il ne reste aux différentes entités qu’à démontrer qu’elles sont capables de travailler ensemble. L’université d’été de la e-santé qui se tenait à Castres a fait la démonstration qu’une telle entente est possible.
Pascal Boiron, Midenews |