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Vendredi, 16 Avril 2010 09:09 |
Considérée autrefois comme une entité de support, la Direction du Système d’Information est aujourd’hui une fonction stratégique de l’entreprise. Amin Mamode, DSI du CNES, revient sur les évolutions majeures qui ont accompagné cette mutation.
- Le CNES vous a confié en 2003 la mission de créer sa Direction du Système d’Information. Quelles ont été les grandes étapes de cette construction ?
Amin Mamode : Il faut tout d’abord rappeler que la création de la DSI s’inscrivait dans le cadre d’une réorganisation globale du CNES, mise en place au début de l’année 2004 autour de ses grandes directions opérationnelles avec la création de nouvelles directions fonctionnelles (direction financière, des achats et des affaires juridiques…). Concernant le système d’information, nous partions d’un existant puisque à l’époque la bureautique, la messagerie et les outils de gestion étaient déjà placés sous la direction du Secrétariat Général du CNES. La DSI a repris cette mission à son compte et a étendu son champ d’action à l’ensemble de l’infrastructure informatique, les moyens de calcul, les systèmes réseaux et télécommunication de l’entreprise (pour la métropole). Dans le même temps, nous avons engagé une refonte complète de notre politique d’achat. Nous avions plus d’une centaine de fournisseurs, il fallait rationaliser nos modes d’approvisionnement.
- Comment cette rationalisation s’est-elle traduite concrètement ?
Amin Mamode : Nous avons globalisé l’infogérance de nos systèmes d’information, la tierce maintenance de nos applications et confié le développement de solutions à des intégrateurs. Cette évolution s’est faite sur quatre ans, entrainant des changements culturels importants pour les collaborateurs. Nous avons réorienté les missions de nos équipes sur la maîtrise du système d’information et le pilotage des contrats. La DSI n’est pas un prestataire informatique, elle est au service des métiers du CNES et aligne ses priorités sur les besoins des directions.
- Comment passe-t-on d’une fonction de prestataire à une fonction stratégique ?
Amin Mamode : Cela passe avant tout par la sensibilisation de la direction générale, l’implication du Comité exécutif. Il s’agit de réfléchir en amont comment le système d’information va apporter de la valeur à l’entreprise. Concrètement, cela se matérialise par la mise en œuvre d’un schéma directeur qui définit la gouvernance et les axes majeurs d’évolution du système d’information : dans quels projets allons nous investir, quelles infrastructures et applications privilégier… Ce chantier que nous conduisons depuis deux ans sera terminé d’ici la fin de l’année.
- Selon une récente étude du Gartner, la stagnation des budgets informatiques conduit les DSI américains à accélérer l’adoption des nouvelles technologies. En tête de leurs priorités figurent la virtualisation et le cloud compting. Quelle est votre approche en ce domaine ?
Amin Mamode : Nous nous intéressons à la virtualisation avec prudence. Cette technologie peut être intéressante dans certains cas, mais pas dans tous, y compris en termes économiques. Elle pose par ailleurs un certain nombre de problèmes de sécurité, tout comme le cloud computing. Aujourd’hui, nos serveurs externalisés le sont sur des serveurs dédiés répondant à des critères de sécurité bien définis.
- Dans quels domaines, la DSI peut-elle encore s’améliorer pour mieux accompagner les projets du CNES ?
Amin Mamode : Nous sommes au service des directions avec lesquelles doivent être définies et cadrées les expressions de besoin ainsi que les priorités. Mais par ailleurs, la satisfaction de l’utilisateur reste aussi un point très important. Dans ce domaine, nous avons encore une marge de progression, notamment en matière de communication sur les politiques que nous mettons en place, afin d’obtenir l’adhésion du plus grand nombre. Le second chantier est lié à l’ouverture. La DSI doit accompagner l’évolution du CNES qui travaille avec un nombre croissant de partenaires nationaux et internationaux. Cela passe par la mise en œuvre de systèmes de travail collaboratif.
Propos recueillis par Chantal Delsouc
La DSI du CNES fédère 140 personnes réparties sur trois sites (Toulouse, Paris et Ivry-sur-Seine) et dispose d’un budget de 35 millions d’euros.
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