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Astrium et Thales Alenia Space face au dollar : des décideurs toulousains ne cachent pas leur inquiétude. PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 28 Avril 2008 16:16

Près de la moitié du chiffre d’affaires des 2 industriels est réalisé en dehors de l’Europe, au travers du marché des satellites télécom, fortement dépendant du billet vert.

« Je suis assez inquiet de la faiblesse du dollar. Si nous avons engrangé suffisamment de business pour cette année, 2009 et 2010 pourraient s’avérer délicates si la monnaie américaine ne reprend pas des couleurs. C’est près de 50% de notre chiffre d’affaires qui est menacé, autour principalement de nos marchés privés (opérateurs de télévision, télécoms …) », explique Henri Brochet, directeur adjoint de Thales Alenia Space, et directeur du site toulousain.

En l’occurrence, ce sont Boeing, Lockheed, Loral Space… qui devraient profiter de ce déséquilibre monétaire.

Même problématique chez Astrium. Bruno Le Stradic, nommé il y a 5 mois patron de la branche des satellites scientifiques, après avoir dirigé le pôle des satellites télécom, enfonce le clou : « Les fondamentaux sont mauvais au niveau mondial, il ne faut pas se raconter d’histoires. Même si nous avons pu sécuriser un certain nombre de contrats qui nous permettent de ne pas être trop affamés jusqu’à la fin de l’année ».

Face à cette potentielle disette, les deux industriels adoptent chacun leur stratégie. Thales Alenia Space met en œuvre un programme de compétitivité. Il s’agit « d’obtenir des économies en optimisant notre management, l’approche de nos clients, nos systèmes d’information », précise Henri Brochet.

Astrium délocalise la construction d'un satellite

Du côté d’Astrium, c’est le processus de la délocalisation qui est actuellement testé. En 2006, un partenariat a été scellé avec Antrix, bras armé commercial de l’ISRO, l’agence spatiale indienne. Premier projet signé : la construction d’un satellite pour le compte d’Eutelsat. Il sera livré au cours du deuxième trimestre 2008. Dénommé W2M, il offrira des services assez larges, de la télédiffusion jusqu’à l’accès Internet à haut-débit. Astrium Toulouse est maître d’œuvre du projet, et fournit les charges utiles. Antrix réalise la plateforme, qui aurait pu l’être dans la ville Rose. L’assemblage et le lancement se faisant en terres indiennes.

Un contexte qui pour l'heure n'induit aucun impact social. D’ailleurs, c’est plutôt une croissance des effectifs qui est observée. Chez Thales Alenia Space Toulouse, le nombre de collaborateurs a progressé de 140 personnes en 2007 et devrait encore croître d’une centaine de personnes, soit 2360 salariés à la fin 2008. Chiffres tout à fait comparables chez Astrium Toulouse, qui devrait compter près de 2400 collaborateurs contre 2300 fin 2007 (chiffres fournis par les groupes respectifs).

Dans cette perspective assombrie, un coin du ciel vient de se dégager : le parlement européen vient de voter le financement public de Galileo. Dépenses prévues d'ici à 2013 : près de 3,4 milliards d’euros. Une manne à partager entre les industriels, et à répartir entre leurs implantations européennes. Près de 40 % de ces budgets devant toutefois être affectés en sous-traitance.

Propos recueillis par Frédéric Dessort, Mid e-News

 


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