IBM pourrait devenir le seul sous-traitant dans ce périmètre, après avoir signé une due-diligence cet été. Enjeu : co-piloter et mettre en œuvre les « Shared Services & Deliveries ». « SSD-EGIMS » (Shared Services & Deliveries Eads Général Information Management Services), c’est le nom de l’entité en cours de création au sein d’EADS. Elle vise à offrir un ensemble de services informatiques aux filiales du groupe. Objectif : rationaliser, dédoublonner, et in fine générer près de 150 millions d’euros d’économies par an, d’ici 2011, sur l’ensemble des activités liées à l’infrastructure informatique. Plus précisément, il s’agit de déléguer à EADS l’hébergement, l’exploitation et le développement des applications transverses de toutes les filiales. Par ailleurs, le groupe s’oriente vers le choix d’un prestataire unique pour la sous-traitance directe du périmètre englobé par la nouvelle entité. Une orientation qui radicalise la stratégie déjà engagée, qui consiste à rationaliser la gestion des 63 sous-traitants déjà en place. Et après avoir mené une consultation auprès d’HP, IBM et Accenture, c’est finalement IBM qui est sorti vainqueur de la bataille, le 30 juillet dernier.  La due-diligence signée cet été permettra de préciser le schéma d’intervention d’IBM, qui couvrirait quasiment tout le spectre des activités liée à l'infrastructure informatique d'EADS. Il s’étendrait d’amont en aval, du pilotage à l’opérationnel et à la fourniture de des matériels. Y compris bien sûr la gestion de l’ensemble des sous-traitants de niveau inférieur. Si Big Blue emportait la mise, la contractualisation s’étendrait sur une durée de 5 à 10 ans. Un projet remis en cause par Business Units, syndicats et salariés Mais le dit contrat n’est pas signé. Et en dernière heure, la stratégie de « single sourcing » devrait être revue suite aux objections avancées par Airbus et supportées par d’autres Business Units d'EADS, notamment chez Astrium. Argument : IBM ne pourrait pas prendre en charge le périmètre annoncé au départ. Plus largement, si le principe des services partagés, qui ne concerne pas que l’informatique, mais aussi la finance, les achats… a été acté le 18 mai par le comité éxecutif européen, les décideurs de l’informatique des filiales sont loin d’être aussi déterminés que chez la maison mère. Certains d’entre eux estiment que EGIMS fixe « une baseline académique » qui de plus « ne pourra probablement pas être appliqué sur les activités militaires d’EADS ». Selon nos informations, une réunion stratégique associant DSI et autres décideurs d’EADS va se tenir mi-décembre pour fixer un « Go / No Go » vers SSD-EGIMS. Rien que sur Airbus, EGIMS est censé apporter près de 100 millions d’euros d’économie sur trois ans, évalués il y a près d’un an sur le coût annuel de l’infrascture, soit 450 millions d’euros. Or, le projet de rationalisation d’EADS, si il était mis en œuvre, s’ajouterait au « Power 8 informatique » d’Airbus déjà initié. En effet, à l’échelle de l’avionneur, près de 50 millions d’euros ont déjà été obtenus à la fin 2007, tandis que les effectifs évoluent à la baisse. Ceux-ci sont passés de 1300 salariés (tous collaborateurs confondus dont les 600 dédiés à l’infrastructure) à 1200 cette année, et doivent encore baisser jusqu’à 1100 salariés en fin d’année 2008. La stabilisation étant alors prévue pour la suite. (cf notre article « Stratégie informatique d’Airbus : Power 8 VS EGIMS »). Précisons que l’impact social direct de la mise en place d’EGIMS serait assez limité. Sur le principe, il s’agit essentiellement de transférer des salariés des filiales vers EADS, qui deviendront donc les chefs de projets vis-à-vis d’IBM. Soit près de 170 personnes sur 600, dont, en bémol, environ 50 qui devraient changer de lieu de travail. De son côté, Force Ouvrière veut invoquer l’article 122-12 du code du Travail, qui interdit l’externalisation des salariés, si les conditions salariales et les conventions collectives initiales ne sont pas conservées. La CFTC, qui fait une analyse industrielle des services partagés qui se veut critique mais constructive, souligne le danger qui réside d'un unique prestataire de rang 1, détenant ainsi un pouvoir de négociation et de co-gestion face au donneur d'ordre. Le syndicat qui a en outre réalisé un sondage auprès de ses adhérents et qui met en exergue des réactions particulièrement inquiètes. A une échelle plus macroscopique, c’est l’accroissement de la délocalisation chez les sous-traitants qui est en question. De manière générale et à moyen terme, près de 40% de l’ensemble des informaticiens seraient menacés par le Off-Shore. C’est en tous cas ce qu’estime l’Association Nationale des Informaticiens de France (ANIF) (cf notre article). Sollicités, Jean-Marc Thomas, président d’Airbus France et actuel DSI par intérim, et Simon Benney, ancien directeur de l’informatique d’Airbus, qui porte aujourd’hui le projet EGIMS au sein d’EADS, ne se sont pas exprimés. Frédéric Dessort, Mid e-News
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