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A moyen terme, 40% des informaticiens seraient menacés par le Off Shore. Réactions. PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 26 Octobre 2007 10:18
Un article paru dans le numéro du 19 octobre de O1 Informatique aborde l’impact des délocalisations sur la production informatique.

Michèle Havelka, fondatrice de l’Association Nationale des Informaticiens de France interviewée par le journal, n’utilise pas la langue de bois. Elle estime notamment que les « techniciens poste de travail », seront les plus touchés à l’avenir. Et que c’est en fait près de 40% de l’effectif global des informaticiens qui sera affecté par ces réductions de postes.

Mais l’affaire est sans doute plus complexe. Car l’off-shore, imposé par les grands donneurs d’ordres sur une part grandissante de la production et de l’exploitation des applications, peut être également un facteur de croissance locale. In fine, difficile pour l’instant d’apprécier comment se répartiront ces poids d’effectifs dans la balance. Ainsi, la taille de Valtech Toulouse a presque doublé en deux ans grâce à une activité de gestion off-shore (cf notre article), au travers notamment d’un projet développé pour Thales Avionics. Cette SSII n’est pas la seule dans ce cas.

A l’image par exemple de SQLI Toulouse qui a récemment engrangé trois contrats grâce à son implantation au Maroc. « Il est certain que les grands donneurs d’ordre nationaux et régionaux demandent de plus en plus de prestations réalisées en off-shore, principalement pour des raisons de réduction globale de coûts. Ces demandes qui concernent principalement les fonctions de support, de développement et de maintenance, vont inciter les informaticiens français à se tourner vers des spécialisations à plus forte valeur ajoutée comme l’e-business, l’expertise technologique, le management d’équipes… Nous constatons aussi de manière cyclique, au niveau national et régional, un manque d’ingénieurs informaticiens, d’experts et de managers de projets, ce qui explique aussi en partie la croissance de l’activité off-shore », explique Eric Galtier, son directeur régional.

Daniel Benchimol, président d’Eurogiciel, qui a implanté un plateau au Viêt Nam et bientôt peut-être en Tunisie, confirme : « Il est clair que les pays à bas coûts attirent fortement. Comme dans tous les secteurs, ce qui se produit et se transporte quitte la France, c’est pareil dans le logiciel. Dans l’IT c’est évident que cela va plus vite que dans l’informatique technique. Néanmoins, dans la délocalisation tout n’est pas facile, il m’est difficile de dire à quelle vitesse le mouvement va continuer. Pour l’emploi, malgré les délocalisations, à l’heure actuelle nous sommes en pénurie d’effectifs diplômés ! »

Pour Jean-Luc Faure, ingénieur d’affaires chez Unilog Sud-Ouest (groupe Logica CMG), une société bien impliquée dans le processus off-shore grâce à ses implantations dans nombre de « pays émergents », « C’est un sujet qui revient systématiquement dans les discussions depuis plus de 2 années. L’offshore est une réalité, mais le on-shore (*) et le near-shore (**) aussi. En effet, la complexité, la criticité et la sécurité sont des critères majeurs du choix de la localisation du développement informatique. Le rapport charge/durée du projet est aussi un critère déterminant : plus le rapport sera élevé et plus il sera nécessaire de positionner le projet dans un centre de service d’envergure industrielle. Les centres de services offshore répondent au rapport élevé : quel bassin d’emploi français permet de recruter 50 informaticiens dans un délai de 3 semaines ? Le constat aujourd’hui : c’est notre capacité à répondre à toutes les tailles de projets qui garantit la croissance du secteur informatique local »

Véronique Burel, consultante chez Europartner, cabinet de recrutement spécialisé dans les secteurs de l’industrie de la haute technologie et IT, implanté à Toulouse, confirme : « 40% me semble être effectivement la proportion de postes « techniciens - développeurs » au sein de l’effectif global. Il est clair que ce sont des métiers où la valeur ajoutée de la proximité n’est pas très marquée… et que c’est la population qui sera le plus mise en concurrence avec l’off-shore. Par contre que l’ensemble de cette population soit touchée par les réductions de postes m’étonne. Si la proportion de projets traitée en off-shore aujourd’hui doit atteindre au maximum 10%, il serait normal que cela aille en augmentant car les entreprises ont des process de plus en plus rodés et efficaces… A nous Européens, de trouver notre valeur ajoutée ailleurs »



(*) On-shore : consiste à employer des informaticiens sur la base de salaires et de conditions du pays d’origine. On pourra trouver des informations complémentaires sur le site du MUNCI (Mouvement pour une Union Nationale et Collégiale des Informaticiens), à cette page notamment

(**) Near-shore : consiste en la délocalisation régionale d’équipes grâce notamment à la création de « Centres de Services », comme l’on peut en trouver chez Unilog à Bordeaux, Capgemini Sud et Atos Origin à Toulouse…

Propos recueillis par Frédéric Dessort, Mid e-News

 


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