L’entreprise (25 salariés, siège à Colomiers) créée en 2002 porte une innovation née d’une thèse soutenue à l’Institut de Recherche en Informatique de Toulouse par Christophe Guittenit, fondateur et aujourd’hui directeur de la R&D (20 ingénieurs basés au siège). Après plusieurs années de collaboration avec de grands laboratoires de recherche, dont le CEA, l’implantation à Boston signe le vrai démarrage commercial. Comme l’explique Franck Gana, normalien, directeur du développement et co-fondateur : « Nous y ouvrons un petit bureau qui s’étoffera rapidement. Nous sommes présents également à Los Angeles au travers d’équipes externalisées ». Dès lors, pourquoi d’abord les Etats-Unis plutôt que l’Europe ? « C’est une stratégie choisie par nombre d’entreprises innovantes. Voir par exemple Business Objects », répond le dirigeant. « Plusieurs raisons à cela : en premier lieu, les grands acteurs de l’informatique, c'est-à-dire nos futurs distributeurs potentiels, y ont leur siège en grande majorité. Ensuite, un déploiement à l’échelle européenne supposerait des coûts plus importants : nécessité par exemple de créer plusieurs filiales, et de s’adapter aux différentes cultures. Et je ne parle pas des questions liées à la flexibilité du marché en général : emploi, finances… En contrepartie, le siège et la R&D resteront à Toulouse. Les équipes de recherche vont d’ailleurs s’étoffer avec le recrutement prévu en 2008 d’une dizaine d’ingénieurs. Les motivations ne sont pas seulement liées à notre attachement à la ville Rose. En effet, nombre d’entreprises américaines délocalisent leur R&D à cause d’une trop grande flexibilité de leur marché. Or les équipes de recherche doivent s’inscrire dans le temps et l’on ne peut envisager de turn-over. Le manque de flexibilité en France devient donc paradoxalement un avantage ! »  Frank Gana, directeur du développement, co-fondateur de Seanodes Un lancement commercial à grande échelle qui s’inscrit dans la logique d’une deuxième levée de fonds. L’entreprise accueille de nouveau ses investisseurs historiques, Elaia Ventures et l’IRDI, dans le cadre d’un tour de table de 6 millions de dollars (soit 4,2 Meuros au taux de change en date du 26 octobre). Mais deux autres fonds parisiens s’y associent : 123 Ventures et Galia. Pour mémoire, la première levée, en 2004, avait permis la collecte de près de 2 millions d’euros. Le cœur de l’offre, « Exanodes », a été packagé en 2004. Présentons en quelques mots les arcanes de cette innovation. Une solution de stockage virtualisé qui promet de hautes performances en terme de bande passante et de flux entrées /sorties. Principe technologique : exploiter l’espace disque inutilisé de serveurs d’applications de l’entreprise (pour l’heure à base de systèmes d’exploitations Linux). L’application s’appuie alors sur la répartition de plus en plus constituée en grappe et du coup profite du parallélisme d’un cluster. Bénéfice : la bande passante utilisée pour stocker ou récupérer les données stockées est bien répartie dans le réseau ainsi constitué. Visés : l’industrie, la finance, les grands data-centers, et aussi toutes les grandes structures de R&D grandes consommatrices de calculs. « Cette innovation n’est possible que depuis quelques années. Les grands serveurs du système d’information sont aujourd’hui de plus en plus complétés par des grappes de PC, réceptacles de nouveaux usages et applicatifs. Et entre ces derniers et les grands systèmes de stockage classiques, basés sur les NAS et SAN, apparaissent des problématiques de goulot d’étranglement, notamment. Nous nous posons dès lors en alternative ou en complément à ces infrastructures qui conservent bien sûr leur utilité et pertinence. Mais l’autre intérêt que nous apportons, c’est la possibilité de créer un nouvel espace de stockage sans coût d’acquisition matériel supplémentaire ! », précise Franck Gana. Frédéric Dessort, Mid e-News
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