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Sous-traitance : Airbus impulse les nouvelles règles du jeu PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 10 Septembre 2007 14:14
En matière d'informatique, le constat qui guide les décisions d'Airbus peut être résumé en une phrase : la pression sur les prix ne suffira pas à générer les économies nécessaires ; les processus de sous-traitance doivent être entièrement repensés. Dans un contexte de mondialisation des marchés, les prestataires doivent en particulier démontrer leur capacité à délocaliser une part de leurs activités.

« Ce qui nous est arrivé sur l’A380 ne doit plus jamais nous arriver ! » : c’est le principal message délivré par le nouveau PDG d’Airbus, Thomas Enders, dans le premier entretien qu’il a accordé à la presse*. Pour tenir cet engagement, l’Allemand Thomas Enders entend suivre scrupuleusement les différents composants du plan Power 8. Dévoilé au printemps, ce plan marque une nouvelle étape dans la stratégie de réorganisation de la sous-traitance informatique d’Airbus, qui sera principalement pilotée par l’entité IM SSD (Information Management Shared Services and Delivery). Une stratégie destinée à générer des économies drastiques sur le budget de gestion des infrastructures de l’avionneur européen, et qui prévoit notamment une réduction de son portefeuille de prestataires applications et services de premier rang à une quinzaine de sociétés. Dans les faits, cette politique d’achat n’est pourtant que le prolongement d’une démarche engagée par le constructeur au début des années 2000, basée sur le concept d’ « entreprise étendue » et sur un système de sous-traitance à étages, qui a conduit les SSII du secteur aéronautique à se lancer dans une véritable course aux alliances. Citons entre autres, début 2003, la création du GIE Dalia, un regroupement de quatre sociétés de services informatiques toulousaines aux compétences complémentaires (Datus, Aliacom, Altitem et Delta Technologies) chargé de faire référencer son offre auprès d’Airbus et de ses principaux sous-traitants. Autre initiative à vocation paneuropéenne : la création sous l’impulsion d’Airbus de la joint venture Comline Toulouse, issue du rapprochement entre Arès Midi-Pyrénées et l’Allemand Comline AG au printemps 2004.

Plus récemment, la nécessité d’acquérir une envergure nationale, indispensable pour se maintenir dans le rang des fournisseurs de premier niveau de l’avionneur est l’un des facteurs qui a conditionné l’intégration du toulousain Silogic au sein du groupe Akka.
Mais bien qu’il s’inscrive dans le sillage du précédent, le nouvel appel à référencement adressé cet été aux fournisseurs d’Airbus porte intrinsèquement un certain nombre de nouveaux éléments. « Au-delà de l’élargissement du périmètre de référencement à l’ensemble des activités d’EADS, les prestataires sont désormais tenus d’apporter des réponses sur deux points : leur capacité à réaliser des prestations au forfait sur leur propre site et à assurer des activités en offshore », analyse Michel Corbarieu, Président de Silogic et délégué régional du Syntec Informatique.

Les premiers seront les premiers

Selon Jean-François Lenôtre, directeur de la région Midi-Pyrénées d’Atos Origin, la réorganisation en cours est beaucoup plus qu’un plan de réduction des coûts : elle officialise une recomposition du marché des services informatiques. « La pression sur les prix ne suffira pas, à elle seule, pour générer les économies nécessaires, explique-t-il, car le modèle de sous-traitance actuel n’apporte plus de marge de manœuvre. Le travail mené par Airbus concerne l’organisation et la granularité des projets, à l’instar des actions engagées par d’autres grands industriels, comme Renault ou Michelin ». De fait, seules les grandes SSII sont en mesure de s’adapter aux nouvelles règles et, mieux, d’anticiper leur mise en œuvre. Depuis plusieurs années, Atos Origin s’est ainsi investi dans trois voies : l’industrialisation des développements, validée par des certifications (comme CMMI niveau 3) et par une généralisation du forfait, la création de centres de services spécialisés afin de mutualiser les compétences et la maîtrise des processus offshore (la SSII dispose d’unités de développement à Casablanca et à Bombay).

Quelle sera désormais la place des petits et moyens sous-traitants ? Concrètement, cela dépendra tout d’abord de leur capacité à s’intégrer dans les écosystèmes créés par Airbus et ses quinze prestataires de premier rang. Et ce, quel que soit leur niveau de compétence ou de performance. L’exacerbation de la concurrence portera donc en premier lieu sur les prestataires de second ou de troisième rang. Cela se fera-t-il nécessairement à leur détriment ? « Cela conduira surtout à une nouvelle classification des acteurs, sur la base de nouveaux critères, tels que la réactivité, la capacité à investir en R&D ou à être présents dans les pays fournisseurs de prestations offshore, explique Bruno Bouf, Président de la SSII 2MoRo. Il revient à chacun de se positionner par rapport à ces nouvelles règles, depuis ceux qui n’y voient que de nouvelles contraintes jusqu’à ceux qui ont déjà identifié les nouvelles opportunités qu’elles ouvraient ». Il va sans dire que 2MoRo se positionne clairement dans la deuxième catégorie : cette SSII du Sud-Ouest s’apprête à ouvrir une filiale en Inde, pour y produire des services à forte valeur ajoutée.

Chantal Delsouc, Mid e-News

* La Dépêche du Midi, 30 août 2007

 


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