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Au cours des cinq dernières années, l’actualité du marché des logiciels et des services en Midi-Pyrénées semble avoir traversé deux périodes distinctes : une crise, de 2002 à 2004, et une reprise depuis 2005. Dans les faits, on a tout d’abord assisté à une redistribution des cartes et des marchés, au profit des grandes SSII. Pour le reste, la croissance a toujours été de mise. Comment expliquer que Midi-Pyrénées a eu le sentiment de traverser une crise entre 2002 et 2004, dans le domaine des logiciels et des services informatiques ? Ce ne sont certainement pas les chiffres qui pourront apporter une réponse : à l’instar du marché national, la croissance du chiffre d’affaires global des acteurs présents dans la région n’a jamais fait défaut. Le véritable changement concerne les champions locaux des logiciels et des services : la plupart d’entre eux a intégré des structures plus importantes, notamment parce que le premier donneur d’ordres local – Airbus – commençait à concrétiser sa nouvelle politique d’achat, excluant de facto les petites et moyennes SSII. Dans ce contexte, ces dernières années ont logiquement été marquées par des acquisitions symboliquement fortes : Sopra a racheté Inforsud Ingénierie (36 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2002), Amec Spie Communications a repris Fast Informatique (25 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2004), Akka a fait l’acquisition de Silogic (36 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2006), Ekis a absorbé Aimtech (6 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2006) et Linagora, en juin dernier, a pris le contrôle d’AliaSource. Et cette liste n’est bien sûr ni exhaustive ni close. Concrètement, la multiplication de ces fusions & acquisitions a été imposée par les grands comptes régionaux ou présents dans la région. Pour les SSII, le seuil exigé en termes de chiffre d’affaires semble désormais être de 50 millions d’euros, ce qui représente un objectif inatteignable pour une entreprise a vocation régionale. Cette évolution permet d’ailleurs a plusieurs acteurs toulousains d’afficher désormais des ambitions européennes : c’est le cas pour Aimtech, Silogic ou Eurogiciel. Dans les faits, nous n’avons pas assisté à une « crise » du marché des logiciels et des services, mais à une restructuration dont les premiers bénéficiaires sont les grandes structures nationales et internationales. Big is beautiful Leader mondial et national des services informatiques, IBM Global Services est également la locomotive du marché du sud-ouest (Aquitaine et Midi-Pyrénées), avec un chiffre d’affaires d’environ 120 millions d’euros pour ces deux régions. De son côté, Capgemini Sud-Ouest a conforté son implantation régionale et étendu son champ d’action aux régions Languedoc-Roussillon et Provence-Alpes-Côte d’Azur, en créant en 2005 la filiale Capgemini Sud. Cette entité regroupe ainsi les agences de Toulouse, Bordeaux, Pau, Bayonne, Montpellier, Marseille et Nice, ce qui représentait d’emblée une entité de plus de 1 500 personnes et un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros. Troisième acteur majeur en Midi-Pyrénées, Atos-Origin a créé en 2004 le Centre de Services de Toulouse, qui emploie 650 personnes, dont 80 ont été recrutées durant l’été 2007. L’entité est cette année le premier recruteur du groupe Atos-Origin et 20% de son chiffre d’affaires est lié à des projets nationaux. Cette montée en puissance des grands noms du service est clairement favorisée par la volonté des industries aéronautique et spatiale de réduire le nombre de leurs prestataires directs. Cette orientation a également bénéficié à T-Systems, filiale de Deutsche Telekom, ainsi qu’à Unilog, Eurogiciel, Sopra, Steria ou Thales. Enfin, en faisant de leurs agences en Midi-Pyrénées des centres de compétence pour l’aéronautique et le spatial, les ténors des services informatiques permettent à la région de s’imposer comme le premier acteur du « nearshore », qui correspond effectivement à une décentralisation des grandes SSII mais qui ne s’oppose pas à l’offshore : la croissance des agences toulousaines est également liée à leur capacité à piloter des équipes de développement en Inde, en Chine, au Vietnam ou aux Philippines. Pascal Boiron, Mid e-News
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