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300 salariés battaient le pavé, jeudi 24 mai, dans les rues de Toulouse, à l'appel de l'ensemble des syndicats. Le centre de service clientèle, qui compte 724 personnes (selon l'opérateur), devrait être externalisé. Objet : transfert (pour reprendre le terme de SFR) de 1900 salariés de trois centres d'appels de SFR par Arvato Services (200 Meuros de CA, reprise du site de Poitiers (571 personnes)) et Infomobile, filiale du groupe Téléperformance (1,38 Mds Euros, reprise des sites de Lyon (582 personnes) et Toulouse). Téléperformance, filiale de Vivendi tout comme SFR, a toutefois pris l'engagement de maintenir, pour trois ans, l'ensemble des emplois in-situ. Soulignons que Téléperformance Midi-Aquitaine, basée en Midi-Pyrénées à Labège, n'est pas concernée par l'opération, comme nous l'a précisé son directeur marketing, Jean-François Audiguier. D'ores et déjà, Téléperformance et SFR se félicitent de l'accord au travers d'un communiqué. Mais, annoncé à l'occasion d'un comité d'entreprise, le projet n'a pour l'heure donné lieu à aucune négociation avec les syndicats, et se trouve « en pleine contradiction avec la stratégie présentée le 19 décembre et avec l’accord GPEC [Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences, NDLR] et ses engagements », dénonce Laurent Penon Secrétaire du Comité Central d’Entreprise SFR. L'intersyndicale (qui a également rappelé que « Vivendi, actionnaire majoritaire de SFR, s’est engagé en 2004 à créer 2100 emplois durables en 5 ans dans des centres appels externes et dans des zones de reconversion en contrepartie d’un avantage fiscal (régime du bénéfice mondial consolidé accordé par le ministre d’état, ministre de l’économie et des finances de l’époque, Nicolas Sarkozy) évalué à 500 millions d’euros par an pendant 7 ans ». SFR, dans son communiqué, justifie les avantages que pourraient acquérir les salariés : « Les collaborateurs des centres de Lyon, Poitiers et Toulouse auraient plus de perspectives professionnelles chez Teleperformance et la Division Arvato Services que chez SFR service client qui est par nature limité à son seul client : SFR. » Mais selon Xavier Courtillat, délégué central CFDT de SFR, « Téléperformance pourra mieux se séparer de ces collaborateurs à sa convenance, même si, pendant trois ans, il devra en embaucher autant. En effet, les salariés, en changeant d'entreprise, perdront les avantages de la convention collective des télécoms, protectrice, pour passer à celle des prestataires de services, beaucoup plus souple du point de vue des employeurs. De plus, Téléperformance délocalise de plus en plus ses activités au Maroc ou en Asie du Sud-Est. Ce groupe devrait logiquement réserver le même sort aux activités qu'il vient de reprendre » Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, adressant une lettre au PDG de SFR, a exprimé ses craintes : « La Ville de Toulouse, avec d’autres Collectivités a, je vous le rappelle, largement accompagné, en son temps [1998, NDLR], l’installation du Centre d’appels de Cegetel, qui a bénéficié pour cela de l’équivalent de 500.000 euros. [...] C’est pourquoi, je vous demande que tout soit mis en œuvre pour que le centre d’appels de Toulouse soit pérennisé, dans l’intérêt des Toulousains et de toute l’agglomération toulousaine » Quant à Gérard Bapt, député-maire de Saint-Jean, il a précisé à la Dépêche du Midi que « Sarkozy a promis de supprimer les aides publiques aux entreprises qui ne tiennent pas leurs engagements. Il faut qu'il retire à Vivendi l'avantage des bénéfices mondialisés qu'il avait accordé aux grandes entreprises lorsqu'il était ministre des finances. » Sollicitées, les sociétés Téléperformance et SFR n'ont rien ajouté à leurs communiqués. Frédéric Dessort , Mid e-News f.dessort at meleenumerique.com
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