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Nouvelle plate-forme du LAAS : un signal fort pour le développement des nanotechnologies à Toulouse PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 08 Juillet 2005 12:57
Le 11 Juillet 2005 marque une étape importante du développement du Laboratoire d'Architecture et d'Analyse des Systèmes (LAAS). C'est du moins le jugement posé par nombre de décideurs de la recherche toulousaine sur l'inauguration du bâtiment Jean Lagasse (fondateur du LAAS). Cette plate-forme de 1500 m2 de salles blanches sera dédiée à la recherche fondamentale et appliquée dans le domaine des nanotechnologies. Aujourd'hui, c'est une première tranche de 700 m2 qui est lancée, la deuxième tranche, de 800 m2, le sera à l'automne 2006. Le budget total du bâtiment atteint, dans son ensemble 17,7 millions d'euros. Le Conseil Régional Midi-Pyrénées apporte 2 millions d'euros dans le cadre du plan Etat-Région, l'Etat, 3,8 millions d'euros, dans le cadre du programme Recherche Technologies de Base (RTB), le Club des Affiliés ( regroupant industriels et PME toulousaines ), 650 000 euros et le CNRS, 1 millions d'euros.

Les Etats-Unis investissent déjà très massivement dans les nanotechnologies. La somme des dépenses R&D publiques et privées y avoisineraient les 2 milliards de dollars cette année. Et Malik Ghallab, directeur du LAAS, inscrit ce lancement dans une forte dynamique internationale. « Les défis scientifiques et les enjeux socio-économiques sont considérables. Ils couvrent l'ensemble des systèmes embarqués, en premier lieu pour nous dans l'aéronautique, l'espace et les transports. Ils couvrent également un vaste domaine qui va de la chimie au vivant, via les biotechnologies et les technologies médicales. La plate-forme MINAS [ du nom du pôle MIcro et NAnosystèmeS du LAAS, et son équipe de 70 chercheurs, NDLR ] jouera un rôle dans nos deux pôles de compétitivité régionaux. »

Le programme RTB en toile de fond

Le LAAS n'est pas le seul laboratoire à oeuvrer dans le domaine des nanotechnologies. Le programme d'Etat "Recherche Technologies de Base" (RTB) a défini les contours d'une politique nationale. Alain Costes, ancien directeur du LAAS, en fut notamment à l'initiative en 2001, alors directeur de la Technologie du ministère de la Recherche. Il rappelle le chemin parcouru : « Après avoir créé un groupe de réflexion au milieu de l'année 2001, Claudie Haigneré, ministre chargée de la Recherche et des nouvelles technologies, annonçait, au mois d'Octobre 2002, la mise en place du réseau de « grandes centrales » bénéficiant des fortes capacités de recherche associant le CEA, le CNRS et les universités avec un effort financier estimé à 100 Meuros sur trois ans. En décembre 2004, François d'Aubert, ministre délégué à la recherche, confirmait la priorité nationale de la France dans le domaine en lançant un programme ambitieux sur les nanotechnologies et les nanosciences dont les « grandes centrales » constituent le coeur. Aujourd'hui cinq sites sont confirmés et financés : Besançon, Grenoble (CEA et unités mixtes CNRSINPG- UJF), Lille (IEMN), Toulouse (LAAS), Paris-Sud (IEF et LPN) qui représentent un effectif supérieur à un millier de personnes. »

Outre la vocation académique du LAAS, qui participe activement à des projets nationaux et européens, plusieurs partenariats industriels sont à souligner. Le pôle MINAS s'est associé à Motorola pour créer le Laboratoire commun LCIP, à Alstom pour le Laboratoire commun PEARL, ainsi que des collaborations avec STMicroelectronics, Alcatel-Opto+ et Alcatel Space. « La nouvelle centrale de technologie d'une superficie de 700 m2, dédiée à la réalisation de microsystèmes issus de la recherche propre du laboratoire, sera ouverte au secteur socio-professionnel au travers de partenariats LAAS-CNRS-INDUSTRIE», souligne Jean-Claude Laprie, prédécesseur de Malik Ghallab.

Le LAAS n'est pas le seul acteur des nanotechnologies à Toulouse, même si un pôle n'est pas encore réellement constitué, comme à Grenoble (pôle Minatech). Plusieurs autres laboratoires consacrent une partie de l'activité à cette science : le CEMES, La Laboratoire de Chimie de Coordination, le CIRIMAT, le centre de Physique des Plasmas, l'Ecole Nationale de Chimie, oeuvrent chacun dans leur partie. Deux créations de start-up sont également à rappeler : Nanotimes et Nanobiotix, qui ont grandi dans le giron de l'incubateur Midi-Pyrénées.

Rappelons enfin que la fondation Innabiosanté, qui devrait être abondée de 40 millions d'euros par l'Etat pour moitié et par plusieurs grands groupes industriels, est en cours de constitution. Conduite par Alain Costes, elle devrait également contribuer au mouvement des pôles de compétitivité, de manière transverse, en finançant des projets de recherche liés aux nanotechnologies.

Frédéric Dessort , MID e-NEWS
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