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Deux dossiers de candidatures au label Pôle de compétitivité ont été déposés officiellement par Toulouse Midi-Pyrénées. Ce dispositif national lancé à l'automne dernier sur le modèle des plateformes technologiques européennes, vise à renforcer la visibilité internationale et à dynamiser des grands "foyers" d'innovations associant entreprises, centres de formation et unités de recherche. Un projet de Pôle "Aéronautique-Espace-Systèmes embarqués" s'imposait "naturellement" en Midi-Pyrénées, mais aussi en Aquitaine : les deux porteurs de projet, Jean-Marc Thomas, président d'Airbus France et du CNRT-Aéronautique & Espace, et Pierre-Éric Pommelet (Thales Avionics en Gironde) ont donc décidé de présenter un dossier commun. Un atout supplémentaire pour celui-ci, qui "regroupe 600 entités autour de 40 programmes communs de recherche et de 3 projets structurants", précise Jean-Marc Thomas. Parmi ceux-ci, la création d'un centre de démantèlement de vieux avions à Tarbes, et l'aménagement d'un exceptionnel "Aerospace Campus" par extension du pôle scientifique de Rangueil sur le site de Montaudran (40 ha), où serait transférée l'Ensica, et qui accueillerait plus de 1.000 nouveaux chercheurs en réseau avec Sup'Aéro, l'Enac et le Cnes, l'UPS, l'Insa et le Laas-CNRS. Une force d'attraction universelle que ne pourra ignorer longtemps l'Onera, dont le transfert depuis la région parisienne a été mis en sommeil... Les collectivités locales se sont mobilisées dans un large consensus pour apporter leur pierre à l'édifice : le Grand Toulouse fournira du foncier et les deux Régions vont fédérer 130 M€ de subventions dans un plan Ader interrégionalisé et voué au soutien des entreprises régionales engagées dans le Pôle. Le projet de Pôle Cancer-Bio-Santé s'inscrit dans le cadre du plan national d'action contre le cancer, conjugué avec une volonté politique toulousaine de ré-industrialisation du site de Langlade après le drame d'AZF. Il s'appuie sur la réalisation déjà engagée d'un vaste Cancéropôle sur l'ancien site chimique (laboratoires de recherche, hôpital, centre de R&D de grands industriels du secteur, comme Sanofi-Aventis et Pierre Fabre), et jouerait, lui aussi, la carte de l'interrégionalité. "Les équipes toulousaines travailleront en réseau avec celles d'Aquitaine, du Languedoc-Roussillon et du Limousin. Leur démarche sera axée sur l'éthique : ce sera le mariage sur un site de la logique de marché avec la logique de solidarité, permettant d'assurer un accès équitable aux meilleurs traitements contre le cancer", explique Roland Bugat, conseiller à la Mission ministérielle pour la Lutte contre le Cancer, au nom de Jean-Louis Ségura, chef du projet de Pôle. Les 105 dossiers de candidatures sont maintenant entre les mains du comité d'examen et de sélection, à Paris. Ce foisonnement un peu inattendu va sans doute nécessiter plus de travail de dépouillement que prévu, et imposer quelques "regroupements" pour optimiser la cohérence et la visibilité des futurs Pôles. Ce qui pourrait conduire Patrick Devedjian, le ministre de l'Industrie, à proposer de sélectionner d'abord les pôles d'excellence locaux avant les Pôles de compétitivité régionaux, contrairement à ce qui était prévu, repoussant ainsi à plus tard l'annonce officielle des premiers Labels initialement programmée avant la fin de l'été... Christian de Montmagner, Mid e-News
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