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L'Ina numérise le patrimoine audiovisuel mais alerte sur le manque de budgets PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 03 Décembre 2004 17:41
Le plan de sauvegarde par numérisation des films, vidéos et émissions de radios déposées à l'Institut National de l'Audiovisuel depuis les années 50 à été lancé par l'établissement public en 1999. Ce sont déjà pratiquement 165 000 heures qui ont été enregistrées (sur 1,5 millions d'heures archivées) à l'échelle nationale. Pour l'heure c'est quelques 5000 heures (2350 cette année) tous formats confondus qui ont été numérisées par l'INA Pyrénées pour les régions Aquitaine - Midi-Pyrénées - Languedoc-Roussillon. Au total les archives du Sud-Ouest représentent près de 50 000 heures

Le processus de numérisation est réalisé à Paris : les bandes analogiques sont d'abord transposées au format bétacam numérique, puis sont ensuite encodées aux formats MPEG 1 et MPEG 2. L'ensemble des données est stocké dans un centre au doux nom de "Pétasite". Une dénomination qui s'explique par la somme de données numériques qui avoisine le péta octets, soit plusieurs milliers de téra-octet, un téra octet représentant, pour mémoire, 1000 giga octets !
Le béta-numérique est destiné à conserver les documents dans le parfait respect des originaux, le MPEG 2 faisant office de format utilisable par les professionnels de l'audiovisuel ( chaînes et productions télévisuelles). Le MPEG 1 est quant à lui réservé à un usage de consultation au travers du site Internet ina-média.fr, un portail qui rassemble toutes les vidéos issues de la numérisation des archives. " Un outil extraordinaire qui fait gagner un temps fou aux documentalistes et aux assistantes des productions audiovisuelles ", souligne Chantal Delmont, documentaliste de l'INA Pyrénées.

Martine Blaquière alerte sur le manque de budgets

Mais " il y a urgence. Si nous n'accélérons pas l'archivage numérique de notre patrimoine audiovisuel, nous prenons le risque de perdre de précieux documents tout en augmentant les coûts du processus ", alerte Martine Blaquière, déléguée régionale de l'Institut National de l'Audiovisuel. Le budget alloué par l'INA (sous tutelle du Ministère de la Culture) aux 6 délégations régionales pour le plan d'archivage est de 320 000 euros et il "faudrait au moins le double ". Explication : " Si nous agissons plus vite, nous éviterons de passer par des procédures lourdes pour restaurer les films les plus anciens et urgents à numériser. Certains d'entre eux sont affectés par des phénomènes chimiques qui les détériorent. Si notre budget était doublé, nous ferions au final des économies ", plaide la directrice régionale. A noter que les films sont bien plus coûteux à traiter que les vidéos : le ratio varie de 10 à 15.

Installée à dans l'arche de la Médiathèque de Toulouse dans de superbes locaux, l'INA Pyrénées fournit également des services dits "Hypermédias". Des séquences ont été ainsi sélectionnées et ont été transformées à un format interactif (menu contextuel et streaming vidéo).

L'INA Pyrénées emploie aujourd'hui 4 personnes et fait appel à la société Aktis pour amont du processus de numérisation : reconditionnement, inventaire, analyse des dégradations chimiques, ... . Le budget national atteint les 104 millions d'euros, dont environ 30% proviennent de recettes propres.

Frédéric Dessort, Mid e-News
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