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Jean-Jacques Romatet, directeur général du CHU de Toulouse : « La responsabilité nationale du Centre Expert e-Santé est une opportunité exceptionnelle pour Midi-Pyrénées. » PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 11 Janvier 2010 07:32

jjromatetLe Centre Expert e-Santé (CEES), à vocation nationale et européenne, ouvrira officiellement ses portes le 1er mars à l’Hôtel Dieu de Toulouse. Sa première mission sera d’impliquer, au-delà des acteurs de la santé, les entreprises des TIC dans le lancement de projets innovants. Les explications de Jean-Jacques Romatet, directeur général du CHU de Toulouse et responsable du centre.

- Comment est née l’idée d’un Centre Expert e-Santé localisé en province mais avec une mission nationale ?

Jean-Jacques Romatet : Un tel projet n’a pu prendre forme que parce que de nombreux acteurs de la santé et des nouvelles technologies ont eu la conviction qu’ils devaient davantage travailler ensemble, ce qui signifie que beaucoup peuvent en revendiquer la paternité. Concrètement, on peut rappeler que c’est le ministère de l’Industrie qui en a été le principal initiateur. Quant à savoir pourquoi cette entité à vocation nationale a été localisée en Midi-Pyrénées, on peut retenir deux explications rationnelles : d’une part, les Centres Hospitaliers Universitaires travaillent depuis déjà plusieurs années sur la meilleure façon d’utiliser les technologies de l’information pour des applications de santé, notamment dans le cadre de l’hospitalisation à domicile ; d’autre part, le CHU de Toulouse est l’un des plus avancés en la matière. Le fait que Toulouse ait été choisi pour accueillir ce Centre Expert e-Santé ne doit donc rien au hasard. C’est la continuité d’une réflexion qui était déjà engagée ici. Par ailleurs, le fait de confier cette mission à un CHU n’est pas anodin : les CHU forment les futurs médecins et infirmiers et se trouvent à la croisée des secteurs de la santé, de la recherche, des nouvelles technologies et de l’innovation. Personne ne peut mettre leur légitimité en question.

- Quelle est la principale mission du Centre Expert e-Santé ?

Jean-Jacques Romatet : Les deux maîtres mots de notre action sont « coordination » et « décloisonnement ». Le premier constat est que la France ne part pas de zéro en matière de e-santé ; de nombreuses expérimentations ont été et sont menées, mais sans cohérence globale, ce qui conduit à une grande déperdition et à l’absence d’échanges sur les « bonnes pratiques ». Nous avons donc un rôle de veille sur les projets lancés en France, ainsi que sur les réussites enregistrées à l’étranger. Nous réalisons par ailleurs une cartographie des financements accessibles aux projets de e-santé, au niveau des territoires comme au niveau européen. Nous aiderons évidemment les projets qui sont en phase avec notre projet global à trouver des financements. Voilà pour l’aspect « coordination ». En ce qui concerne le projet global, il porte justement sur le « décloisonnement ». Concrètement, il faut instituer une collaboration entre quatre grandes familles d’acteurs dont les attentes, les modèles économiques et les méthodes de travail sont radicalement différentes. Ces quatre catégories sont les industries des nouvelles technologies, les professionnels de santé, publics et privés, les malades et les associations représentatives, et enfin l’Assurance Maladie, les conseils généraux, les mutuelles, et plus largement tous ceux qui participent au financement du système de santé. Les projets de e-santé doivent, selon nous, faire intervenir ces quatre types d’acteurs, c’est un facteur de réussite incontournable. Au final, nous devons à la fois défendre les intérêts des malades et ceux des contribuables.

- Quels sont les premiers sujets sur lesquels vous allez travailler ?

Jean-Jacques Romatet : Nous avons organisé le 15 décembre une première réunion à Entiore pour lancer six premiers ateliers de travail, sur les thèmes du cancer, du diabète, des pathologies cardio-vasculaires, de l’insuffisance respiratoire, des suites des accidents vasculaires cérébraux et du soutien des personnes à risque. Une deuxième réunion sera organisée mi-mars et une troisième avant l’été, mais le travail du Centre Expert e-Santé ne se limite pas à ces réunions. Son activité est permanente. Chaque atelier réunit les quatre familles d’acteurs que j’ai évoquées et rendra ses conclusions début 2011. Dans tous les cas, le premier travail consiste à identifier les conditions de réussite des projets. Pour ne prendre qu’un exemple, citons le rôle de la formation dans les systèmes d’hospitalisation à domicile. Le simple fait de réunir les différents intervenants a permis de constater immédiatement qu’il fallait aller bien au-delà de la formation des professionnels de santé et prévoir en amont les outils de formation des malades et des aidants. Cette nouvelle forme de collaboration fait ainsi apparaître de nouveaux modèles économiques.

- Quelles retombées peut-on attendre pour la région Midi-Pyrénées ?

Jean-Jacques Romatet : Prendre la responsabilité nationale du Centre Expert e-Santé est une opportunité exceptionnelle pour le territoire toulousain et la région Midi-Pyrénées, mais travailler à l’échelle du pays et de l’Europe implique évidemment de travailler en partenariat avec l’ensemble des régions, et notamment les pôles de compétences qui ont été créé en Provence-Alpes-Côte d’Azur, à Limoges ou à Nice. Au niveau de Midi-Pyrénées, la création de ce centre expert va permettre de développer et de coordonner le travail des différentes filières et organismes impliqués dans la santé et les nouvelles technologies. Cela va du pôle de compétitivité Cancer-Bio-Santé jusqu’à l’Université de Toulouse, en passant par le Cnes, le Laas-CNRS, Aerospace Valley, l’Union Régionale des Médecins Libéraux, le Collectif Inter associatif sur la Santé de Midi-Pyrénées, l’Institut Européen de Télémédecine, lui aussi basé à Toulouse, ainsi que le Grand Toulouse, Castres-Mazamet Technopôle et le Conseil Régional de Midi-Pyrénées*. Tous sont membres fondateurs du centre expert. Officiellement, le CEES sera lancé le 1er mars 2010 et aura son siège à l’Hôtel Dieu de Toulouse. Par ailleurs, nous souhaitons associer à nos travaux les nombreuses entreprises innovantes que compte la région, qu’il s’agisse de grands groupes comme EADS ou Thales ou de PME comme Magellium ou Polestar.

Propos recueillis par Pascal Boiron, Midenews

* L'association La Mêlée, fédératice des acteurs des TIC en Midi-Pyrénées, prendra une part active dans la montée en puissance du centre expert.

 

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