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Jean-Jacques Romatet, directeur du CHU de Toulouse : « Nous allons héberger des start-up dans nos hopitaux » PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 16 Juin 2009 15:13
Catalyser, accompagner l'innovation technologique dans le domaine de la santé, et plus précisément du suivi à domicile des malades : c'est tout l'enjeu porté par le "Centre national de référence pour la santé à domicile et l'autonomie". Une structure voulue par le Gouvernement, qui apportera 4 Meuros et qui a confié sa mise en œuvre à quatre pôles de compétitivité, dont Cancer-Bio-Santé en Midi-Pyrénées. Au sein de la composante régionale, c'est le CHU de Toulouse qui est l'acteur moteur. Explications avec Jean-Jacques Romatet, son directeur général, qui fait de la "e-santé" un axe stratégique. Un thème qu'il présentera à l'occasion de la Mêlée e-Santé à Castres-Mazamet, le 2 juillet.

Quelles sont les ambitions portées par le "Centre national de Référence pour la santé à domicile et l'autonomie" ?


jjromatetJean-Jacques Romatet : En premier lieu, il s'agit de relever un défi commun entre les chercheurs, les industriels, les PME innovantes et les utilisateurs de ces futures technologies, c'est-à-dire tous les acteurs de la chaîne des soins, dont bien sûr, les malades. L'enjeu se situe dans l'identification des innovations technologiques, leur évaluation, puis leur normalisation. In fine, il s'agit de valider de nouveaux usages, et d'accompagner le repositionnement des praticiens dans leur métier. En deuxième point, nous entendons favoriser la création d'entreprises innovantes et valider leurs modèles économiques avec les acteurs du système de santé.

De quelle manière le Centre va t-il accompagner le développement de ces technologies ?

Jean-Jacques Romatet : C'est important de le souligner, il ne s'agit pas, pour nous, de développer de la technologie pour la technologie. Nous devons avant tout mettre les patients, l'entourage de ceux-ci, et les praticiens au cœur de cette évolution. Les usages, les métiers vont en effet se transformer peu ou prou, et il s'agit non seulement d'accompagner, de sensibiliser les malades, notamment les personnes âgées, mais aussi les praticiens, en particulier en termes de compétences. Et le CHU de Toulouse va prendre à bras le corps la question de la formation à la racine. Nous avons d'ores et déjà engagé le sujet avec les professeurs de médecine et notamment le doyen de médecine généraliste, Daniel Roger.

Par ailleurs, le CHU de Toulouse s'engage vers les PME innovantes qui se lanceront dans le sillage de cette dynamique. D'ici un an et demi, nous allons libérer des espaces et locaux pour qu'elles puissent être hébergées dans les meilleures conditions. Elles seront placées directement dans les établissements hospitaliers du CHU, et pourront tester, évaluer les applications directement avec des malades.

Plus largement, la question des moyens n'est pas encore tranchée, sachant que l'Etat apporte d'ores et déjà 4 Meuros. Au niveau du CHU, au-delà de l'espace d'hébergement de PME innovantes, nous allons recruter un chargé de mission, un médecin qui sera chargé d'animer tous ces projets de technologies de l'information.

Quelles sont les grands axes de technologies et applications pressenties, voire même déjà développées ?

Jean-Jacques Romatet : Il y a notamment les retombées de la médecine spatiale, qui est amenée à développer de hautes technologies pour suivre l'état de santé des astronautes. Ce sujet est abordé par le MEDES (Institut de Médecine et de Physiologie Spatiales) (*), basé à Toulouse. Nous [Jean-Jacques Romatet est le président du MEDES, NDLR] suivons de près les applications de télésurveillance, qui permettent d'établir des diagnostics distants, grâce à des capteurs embarqués dans les vêtements. Les capteurs de bio-santé sont en soi une grande catégorie de nouvelles technologies à venir, et les nanotechnologies joueront de plus en plus un rôle prépondérant dans ce domaine. Le spatial est également incontournable quand il s'agit de médecine d'urgence : le satellite fonctionne par tous temps, et c'est indispensable pour assurer la continuité de service des solutions de télémédecine. Cette dernière discipline est évidemment au cœur du sujet, que ce soit pour assister des opérations chirurgicales à distance, partager des documents de radiologie, etc. et Toulouse est pionnière en la matière. Depuis 20 ans, l'Institut Européen de Télémédecine, dirigé par Louis Lareng, le fondateur du SAMU, accompagne nombre d'établissements régionaux de santé dans l'utilisation de ces nouveaux dispositifs.

De manière générale, les technologies sont très prisées mais suscitent aussi l'inquiétude. En matière de "e-santé", un comité éthique va-t-il être formé ?


Jean-Jacques Romatet : Oui sans aucun doute, et nous avons déjà commencé à y travailler. Il en sera établi un sur le plan national et le "Centre national de référence pour la santé à domicile et l'autonomie" sera force de proposition pour le concevoir.
En amont, le centre sera encadré par un conseil stratégique et un conseil scientifique, qui seront élus au mois de Juillet.

Propos recueillis par Frédéric Dessort, Mid e-News

(*) Le MEDES est un GIE composé par le CNES, plusieurs CHU dont celui de Toulouse, et des Universités dont l'Université Paul Sabatier
(**) Jean-Jacques Romatet est le président du MEDES

 

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