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La région Midi-Pyrénées est depuis 2006 un laboratoire de l’e-administration. Le 24 novembre dernier, le Conseil Régional a fait un premier bilan du Programme Régional d’Actions Innovatrices et des 20 projets menés sur le territoire. Ce fut notamment l’occasion de préciser les nouvelles règles du jeu : les projets doivent être davantage portés par les élus, mutualisés et garantir une interopérabilité. Voilà près d’un siècle Georges Clémenceau affirmait que « la guerre est une affaire trop sérieuse pour être confiée à des militaires ». Aujourd’hui, l’Etat et les collectivités pourraient avancer que les TIC sont une affaire trop sérieuse pour être confiée à des informaticiens… Si ce parallèle est bien sûr caricatural, il fait bien écho à une évolution réelle : la gouvernance des projets d’e-administration est bel et bien en train de changer. Le changement le plus spectaculaire concerne effectivement l’implication beaucoup plus forte des élus et des directions générales des services dans la préparation et la conception des services publics en ligne, alors que l’usage était jusqu’à présent de mandater les directions des systèmes d’information pour le faire. Dans ce contexte, la région Midi-Pyrénées occupe une place à part. En 2006, elle a en effet été retenue par l’Union européenne pour expérimenter de nouvelles formes de collaborations entre les différentes collectivités et administrations dans le cadre du Programme Régional d’Actions Innovatrices (PRAI). Au terme de cette action, 20 projets ont été financés à hauteur de 80% (50% pour le programme européen FEDER et 30% pour la région Midi-Pyrénées), pour une enveloppe globale de 1 million d’euros. Les projets retenus portent sur des sujets aussi variés que la mise en réseau des maires, dans l'Aveyron, les services publics à distance, dans le Lot, l'information des touristes, dans le Gers, ou encore un annuaire électronique des communes, dans l'Ariège.
Une enveloppe multipliée par 10
Le 24 novembre dernier, le Conseil Régional a fait un premier bilan de l’opération dans le cadre d’un colloque sur l’e-administration et a présenté un livre blanc sur le développement de l’e-administration en Midi-Pyrénées d’ici 2013. En l'occurrence, les préconisations d'actions à mener au cours de cette période représentent un effort financier global de l'ordre de 10 millions d'euros. Selon quels critères les subventions seront-elles accordées ? Les principaux sont la diversité des acteurs porteurs du projet, l’implication des élus et leur capacité à travailler ensemble. Le but est à la fois de garantir la cohérence des services et de réaliser des économies d’échelle. En d’autres termes, les principaux financeurs (l’Union européenne, l’Etat via la Caisse des Dépôts ou les régions) exigeront que les systèmes soient mutualisables, interopérables et reproductibles. Une politique qui conduit clairement à la montée en puissance des services publics en ligne en « marque blanche ». Pour les collectivités, l’étape suivante consistera à se réapproprier ces sites « clés en main », sachant qu’elles estiment que leur visibilité reste essentielle pour valoriser leurs actions. Pascal Boiron, Mid e-News
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