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Mardi, 30 Septembre 2008 10:53 |
Le LAAS est le premier labo du CNRS en « unité propre » : il compte aujourd'hui près de 630 collaborateurs à Toulouse (*). Et il fêtera les 7,8 et 9 octobre, ses noces d'émeraude avec la recherche en électronique et technologies de l'information. Au menu des réjouissances : expositions et visites de l'établissement, de ses salles blanches, rencontre avec ses chercheurs, et de nombreuses conférences. L'occasion de rencontrer Raja Chatila, le directeur du LAAS. Tour d'horizon sur la politique et les grands projets scientifiques qu'il y mène et qu'il va y mener.  M. Raja Chatila, Directeur de recherche, et anciennement responsable du Pôle Robots et Systèmes Autonomes du LAAS, il a été nommé directeur du LAAS-CNRS pour quatre ans à partir du 1er janvier 2007. Quel message délivrez-vous à l'occasion de ce 40ème anniversaire ? 40 ans, c'est un âge de maturité. Et nous pouvons être fiers du parcours accompli, depuis la création du laboratoire par Jean Lagasse. Un parcours fortement ancré dans sa région et générateur d'innovations, au sens large. Car si d'importantes découvertes y ont été réalisées, nous avons été un ferment d'idées pour la recherche nationale. Savez-vous que le concept même de conseil de laboratoire est né ici ? Que nous avons créé le premier laboratoire commun ? Ou encore que la première salle blanche a été construite ici, en 1968 ? Mais le LAAS a toujours été un laboratoire capable de se renouveler. La meilleure preuve en est donnée aujourd'hui : nous lançons deux nouveaux grands axes de recherche. Les nanobiotechnologies, d'abord. 21 personnes travaillent dans l’équipe Nanobiotech, qui conçoit par exemple de minuscules biocapteurs. Nous avons initié depuis quelques mois des rapprochements avec les laboratoires de biologie toulousains, notamment, et avec le pôle de compétitivité « Cancer Bio Santé ». De nombreuses applications sont envisagées. Autre grand projet très important et structurant : le programme A Dream. Financée dans le cadre du Contrat de Projets Etat-Région 2007-2013, cette nouvelle plateforme va émerger à l'horizon 2010-2011. Je veux souligner au passage que ce grand bâtiment sera complètement écologique : les murs seront couverts et inclueront en leur sein des capteurs photovoltaiques, complétés par des systèmes géothermiques. Cette nouvelle infrastructure viendra s'ajouter à notre salle blanche destinée à la fabrication, et à notre plateforme de caractérisation des systèmes. Objectif : répondre à notre besoin de conception des systèmes. Jusqu'à présent, les équipements en la matière étaient relativement réduits et éparpillés. Mais A DREAM, qui signifie littéralement Architecture Dynamique Reconfigurable des Systèmes Embarqués Autonomes Mobiles, va aller au delà de ce besoin générique. Nous allons développer des systèmes associant calculs temps réel à des réseaux sans fils. En ligne de mire : ce qu'on commence à appeler les systèmes d'« Intelligence Ambiante ». De quoi s'agit-il exactement ? Je fais référence à des ensembles de réseaux de micro-capteurs / actionneurs intelligents, connus sous le nom de MEMS. Disséminés dans un environnement donné, ils peuvent donner lieu à des applications nombreuses dont sans doute encore beaucoup d'insoupçonnables. Je vais citer quelques exemples. Pensez à un réseau de capteurs répartis sur les ailes d'un avion, afin de pouvoir mesurer, contrôler leur état. Utile pour anticiper d'éventuelles défaillances ! C'est là l'objet du projet « Sacer » mené dans le cadre du pôle de compétitivité Aerospace Valley. Autre application à l'amélioration du trafic de véhicules quels qu'ils soient : Pravin Varaiya, un chercheur de Berkeley, a lancé une start-up qui implante des capteurs magnétiques sur des tronçons d'autoroute. Ces miniscules implants, quasi invisibles, peuvent détecter le passage des voitures ou camions, mais aussi leur masse, leur type, etc... et remontent toutes ces informations vers un progiciel. Encore au stade de la R&D, cette solution permettrait de réguler en temps réel le trafic routier et de désengorger les routes. Quel impact aura le programme « Nano Innov » (**) sur le LAAS ? Je voudrais d'abord souligner que ce programme, voulu par le chef de l'Etat, a retenu Toulouse comme l'une des trois villes piliers de sa mise en oeuvre, avec Grenoble et Paris-Saclay. Or, si le choix des deux premières semblait acquis, c'était moins évident pour la ville Rose. Et c'est grâce à une réponse de groupe, à un texte prospectif rédigé au nom des laboratoires régionaux sous la coupe d'Alain Costes, que nous avons su faire valoir des compétences globales en la matière. Un état d'esprit qui s'inscrit dans la dynamique insufflée par la création de l'Université de Toulouse. « Nano Innov » devrait ainsi apporter de nouveaux et importants moyens à l'ensemble des laboratoires, et au LAAS en particulier. Ils abonderont transversalement toutes les recherches régionales en nanotechnologies. Propos recueillis par Frédéric Dessort, Mid e-News (*) dont 199 chercheurs et enseignants-chercheurs, 247 doctorants, 58 postdocs et chercheurs sur poste d'accueil, 123 ingénieurs et techniciens (**) Le financement a été pré estimé à 200 millions d'euros pour les besoins toulousains. Mais le budget final sera connu bientôt. A suivre
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