Si les acteurs du premier projet peinent à définir sa maîtrise d’ouvrage, « Toulouse Open », porté par la communauté d’agglomération de la ville Rose, initie sa mise en œuvre. La plateforme de « Navigation Valley », annoncée début 2007, est censée catalyser le test et développement d’applications satellitaires par des PME, industriels et laboratoires de recherche. Elle fait pour l’instant consensus autour de trois piliers fondateurs : R&D, sites d’expérimentations et accompagnement marketing. Le budget requis a été établi par Midi-Pyrénées Expansion dans une fourchette de 5 à 7 millions d’euros. Acteurs engagés dans le processus : la Région, le CNES, plusieurs laboratoires, Thales Alenia Space, mais pas EADS Astrium, et plusieurs PME, dont le groupement Cécile. Mais « Ca patine. On essaye désespérément de finaliser le projet pour le mois de juin », reconnaît Marc Pircher, directeur du CNES. « En fait, on peut considérer qu’il y a une maîtrise d’ouvrage de la plateforme de R&D, avec un opérateur, ensuite, chaque site expérimental a sa maîtrise d’ouvrage : ainsi Toulouse Open est pilotée par le Grand Toulouse. Mais il s’agit d’aboutir à une maîtrise d’ouvrage globale. », veut clarifier Alain Bénéteau, vice-président du Conseil Régional Midi-Pyrénées. « La Région est prête à s’engager, mais elle ne veut pas se substituer à des industriels qui n’apporteraient pas la preuve qu’ils se sentent très concernés par ces activités », poursuit le décideur. « Nous sommes fortement engagés dans le projet depuis le début et souhaitons voir émerger un acteur politique fort pour porter cette dynamique. Au demeurant, les lenteurs s'expliquent aussi par la nature et la complexité de l'initiative, assez nouvelle pour tous les acteurs impliqués. A Rome, le Galileo Test Range, projet similaire, a mis 2 à 3 ans pour se formaliser », répond Hervé Buret, directeur des solutions et applications de la Business Unit Navigation de Thalès Alenia Space. Les entreprises innovantes, qui sont également engagées dans le processus depuis le début, commencent à trouver le temps long. « Nous sommes étonné de l’absence d’information depuis les dernières réunions du mois de novembre. Nous souhaiterions également avoir accès aux résultats de l’étude menée en amont par MPE », précise Christian Carle, président du groupement CECILE et patron de Pole Star. Pendant ce temps-là, le Grand Toulouse mène son propre projet : « Toulouse Open ». Il s’agit d’une plate-forme mettant à disposition des PME et laboratoires des équipements pour tester et valider leurs applications. Elle n’inclue pas de dimension R&D, mais est évoquée (cf. ci-dessus) comme un des principaux supports de la Navigation Valley. Pour autant, « Il n’y a pas deux projets, il y en a un, c’est Toulouse Open », tranche François Chollet, vice-président du Grand Toulouse que nous avons interrogé entre les deux tours des municipales. Et le CNES et le laboratoire TESA (rassemblant labos et industriels) sont impliqués en tant qu’assistants à maîtrise d’ouvrage. Coût global : 445 000 euros, dont 345 000 seraient apportés par l’Etat dans le cadre du FNADT. La convention correspondante ne nous a toutefois pas été fournie, ni par le Grand Toulouse, ni par la DRIRE qui évoque la confidentialité du document. Or celui-ci est public puisqu’il concerne des financements publics. Toulouse Open sera présentée au « Toulouse Space Show », qui se tient du 22 au 25 avril prochain au centre de congrès Pierre Baudis. Le déploiement opérationnel est fixé au 3ème trimestre 2008. Mais étant donné le changement d'équipe à la mairie, et donc aussi au Grand Toulouse, l'affaire est à suivre. Rappelons qu’il existe en Europe deux autres plate-formes du même type. En Italie, Thalès Alenia Space, Finmeccanica, Telespazio, la Région du Lazio et son agence de développement économique ont créé le GTR (Galileo Test Range, voir ce lien aussi). En Bavière, Gate (10 millions d'euros d'investissement selon Günter Heinrichs, chef de projet) est créée par un grand consortium, qui associe notamment EADS Astrium et le land Munichois. La Catalogne envisage également une solution, intitulée pour l’instant « Postip ». Elle se trouve encore au stade de l’étude. Frédéric Dessort, Mid e-News
|