jeudi 24 mai 2012
Bannière
Accueil > Politiques publiques > Nanotechnologies : Nicolas Sarkozy veut un grand programme pour la France. Alain Costes missionné, Toulouse en ligne de mire avec Paris et Grenoble.
Nanotechnologies : Nicolas Sarkozy veut un grand programme pour la France. Alain Costes missionné, Toulouse en ligne de mire avec Paris et Grenoble. PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 11 Janvier 2008 15:35
Dans une lettre transmise au décideur toulousain, à Jean Therme, directeur de la technologie du CEA à Grenoble, et à Dominique Vernay, président du pôle parisien System@TIC, le président de la République entend « engager la France dans une démarche d’ampleur » qui permettra « d’irriguer le pays en innovations de rupture ». Des conclusions à remettre fin mars.

« La lettre du président ne laisse pas la place à l’ambiguïté. Il s’agit pour les trois rapporteurs de définir les contours d’un grand chantier, et donc des moyens nécessaires, permettant de positionner la France sur la scène internationale de la recherche et du marché des nanotechnologies. Ce dernier est estimé par la NSF à 1 000 milliards de dollars à l’horizon 2012 », entame Alain Costes, ancien directeur de la technologie au ministère de la Recherche (2000-2002), et ancien directeur du LAAS, un des principaux laboratoires français en micro et nanotechnologies. « Aujourd’hui, alors que les Etats-Unis et le Japon dépensent en Recherche publique 1 milliards de dollars chaque année, la France investit 250 millions d’euros annuellement (soit 350 millions de dollars). Sachant que 80% des financements américains et japonais vont aux investissements (équipement, matériels, bâtiments, …) alors qu'inversement la France consacre 80% de son budget au fonctionnement ! Il s’agira donc d’inscrire notre grand programme à l’aune d'investissements beaucoup plus conséquents. Les moyens de fonctionnement devront aussi, bien entendu, progresser. Et c’est un projet que nous concevons dans une complémentarité entre Recherche, Formation et Industrie, mais aussi entre les trois villes qui devront développer fortement leur périmètre existant d’innovations. Il ne s’agit donc pas d’un énième pôle de compétitivité mais d’un grand programme national de recherche et de développement réparti entre trois territoires. Un point important : nous formerons un comité éthique, qui associera des chercheurs en sciences humaines, des philosophes, des physiciens, des chimistes et des technologues »

Alain Costes,
président du conseil scientifique de la fondation InNaBioSanté,
directeur de la technologie au ministère de la Recherche de 2000 à 2002,
directeur du LAAS de 1984 à 1996

« Pour l’heure, nous consultons les différents laboratoires, qui, à Toulouse, ont des compétences de niveau international mais dispersées (*). Nous entendons les fédérer autour d’un programme commun dans un cadre de projets. Nous solliciterons les industriels de la région (**). Egalement dans la boucle, les pôles de compétitivité et les collectivités locales », poursuit le décideur toulousain, également président du conseil scientifique d’InNaBiosanté. Une fondation nationale qui finance des projets de recherche dans la lutte contre le cancer et faisant usage de bio, d’info, et de nano-technologies.

« En ce qui concerne la formation, je compte proposer la création d’un Master de niveau international, dans le cadre du PRES [Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur "Université de Toulouse" fondé par les 6 principaux établissements d'enseignement supérieur toulousains, NDLR]. Ce afin d’attirer des étudiants du monde entier et de leur proposer de poursuivre leurs travaux dans un environnement de recherche parmi les mieux équipés du monde ».

Soulignons enfin que les TIC jouent un rôle fondamental dans l’émergence et le fonctionnement même des nanotechnologies. Le contrôle de la fabrication des nanostructures fait toujours appel aux logiciels, l’observation de la matière aussi. Sans oublier les potentiels futurs nano-robots, qui pourraient embarquer mémoire, logiciels, systèmes de communication par voie hertzienne, et être pilotés via d'autres logiciels. Le marché sous-jacent est donc déjà très large et pourrait encore prendre de l'importance.

Pour en savoir plus sur les nanotechnologies, on pourra lire notre éclairage « La révolution des nano-robots »

Propos recueillis par Frédéric Dessort, Mid e-News

(*)
Le CEMES, Centre d'Elaboration de Matériaux et d'Etudes Structurales (Unité propre du CNRS)

Le LAAS, Laboratoire d'Architecture et d'Analyse des Systèmes (Unité Propre du CNRS)

L’IPBS, Institut de Pharmacologie et de Biologie Structurale (conventionné avec l’Université Paul Sabatier)

La fondation InNaBioSanté, financement de projets de recherche technologiques dans la lutte contre le cancer (dotée de 21 millions d’euros)

Le LCC Laboratoire de Chimie de Coordination (sous tutelle Université Paul Sabatier – CNRS)

Le LGC, Laboratoire de Génie Chimique (Institut National Polytechnique de Toulouse – Université Paul Sabatier)

Le Laplace, fusion (1er janvier 2007) de trois unités mixtes de recherche (les CPAT, LGET, LEEI) dans le domaine de l’énergie électrique et des plasmas.

(**)
Airbus
Pierre Fabre
Sanofi Aventis
Freescale
Continental VDO

 


Autres articles :


Ajouter un Commentaire

Réagissez à l'article en remplissant le formulaire ci-dessous.


Code de sécurité
Rafraîchir

Conception : agoranet - Réalisation : MidiConcept - Hébergement : FullSave