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En Midi-Pyrénées, en 2002, moins de 60% de la population pouvait accéder à l’ADSL. 5 ans plus tard, c’est près de 95% qui peut en bénéficier, mais il subsiste encore des poches résiduelles non couvertes, les « zones blanches ». Le traitement qui a été apporté localement est à apprécier différemment selon les projets : infrastructure publique induisant une offre concurrentielle, ou extension de la couverture de France Télécom ? « Nous étions sur le point de signer un contrat avec une entreprise de premier rang du secteur touristique. Elle a remis en cause son implantation car nous ne disposons pas d'accès à Internet à haut-débit. Le CETIR est le résultat d'une initiative commune d'élus, d'institutions et de grandes entreprise pour favoriser le développement économique en territoire rural. Devant une telle action volontariste, France Télécom nous a imposé un frein absurde. C'est à croire qu'on institutionnalise une France à deux vitesses ! », s’insurgeait Josette Durrieu, sénatrice des Hautes-Pyrénées, au mois d’octobre 2003. En cause, l’opérateur historique a finalement déployé l’ADSL dans cette nouvelle zone d’activité dédiée aux nouvelles technologies, réceptacle de plusieurs centres de Recherche et développement. « Ici, ce n’est pas la fracture numérique, c’est la mort numérique ! », rallait un habitant de Roquefixade, en Ariège, fustigeant l’absence même du bas-débit ! Les cartes ci-dessous sont éloquentes pour représenter la fracture numérique :  En cinq ans, les initiatives publiques pour pallier les carences des opérateurs se sont multipliées. Mais soulignons d’abord la réaction de France Télécom, certes lente, mais la plus significative à l’échelle régionale. L’opérateur historique a annoncé en 2005 que la couverture de 100% des centraux téléphoniques serait achevée à la fin 2006. A ce jour, l’objectif serait atteint, selon l’entreprise. Ou presque, puisque selon le site d’information degroupnews.com (à date du 10 septembre 2007), il demeurerait encore 24 centraux téléphoniques (sur 983) à équiper en Midi-Pyrénées.  Il y a fracture numérique et… fracture numérique ! Parallèlement plusieurs collectivités ont lancé leur projet de réseau haut-débit public. Mais les enjeux auxquels elle répondent ne sont pas toujours les mêmes. Il faut d’abord comprendre qu’une infrastructure publique amène simultanément deux avantages : une meilleure couverture du haut-débit, mais aussi l’accès à une offre concurrente (via dégroupage et/ou réseaux hertziens), ce qui facilite la baisse des prix et l’innovation. Et lorsque France Télécom déploie l’ADSL en dehors des zones denses ou de ces réseaux d’initiative publique, il est bien souvent le seul opérateur disponible. En outre, si la majorité des investissements publics envisagent la fracture numérique dans sa dimension « grand public », des exceptions sont à souligner. Ainsi, le Sicoval raccorde 683 entreprises de son territoire à la fibre optique (lancement prévu avril 2008), mais ne prévoit rien pour le reste de la population (en tous cas pas dans l’immédiat, même s’il en est question). La ville d’Auch, elle, ne destine sa fibre qu’aux services municipaux et aux maisons de quartier.  Chantier du Sicoval : tranchées de fibre optique (photo Coval Network) Inversement, la Haute-Garonne ambitionne la couverture à haut-débit de 98% de la population dès le mois d’octobre (les 4 zones blanches identifiées seront arrosées par le Wimax). Dans une deuxième étape, la collectivité entend résoudre le problème de couverture pour 120 zones d’activités sur 150 (seules 50 d’entres elles ont le haut-débit aujourd’hui) et de sites publics (centres médico-sociaux, collèges, …). Celle-ci consistera au déploiement d’un grand réseau de fibre optique. A l’autre bout de la région, l’Aveyron a longtemps été pénalisée par la raréfaction du haut-débit : des PME importantes comme Inforsud, ne disposant pas d’ADSL jusqu'à il y a peu, ont été obligées de payer d’onéreuses « liaisons spécialisées » de France Télécom. Mais le département, ainsi que le Grand Rodez, veut rattraper le temps perdu : elle lance un vaste réseau Wimax. Au bénéfice de toute la population et des entreprises du département. Le Tarn a de son côté été un véritable pionnier. Deux projets y coexistent : la fibre de l’opérateur « e-Tera », société d’économie mixte créée en 2000 et principalement financée par le Conseil Général, a permis le dégroupage de nombreuses communes. Mais l’agglomération de Castres-Mazamet possède sa propre infrastructure, depuis 1997, dont la naissance a été aiguillonnée par les laboratoires Pierre Fabre. Elle est gérée par une autre SEM, Intermédiasud. Autre collectivité en avance : l’Ariège, qui a été la première à annoncer, en 2003, qu’elle assumerait la fonction d’opérateur dès que la loi sur la confiance dans l’économie numérique (LEN) serait votée. 4 ans plus tard, une infrastructure de 250 km de fibre optique est en cours de déploiement. Elle sera complétée par une matrice de pylones diffusant des ondes Wimax. Objectif : atteindre les zones de montagne réputées inaccessibles aux réseaux terrestres. La Région se centre sur les zones blanches Alors que l’Etat et l’Europe ont largement participé au financement des infrastructures jusqu’en 2006, le Conseil Régional s’est aussi positionné rapidement pour accompagner la résolution du problème. L’institution lance, en 2003, le Plan d’Action Régional pour le développement de la Société de l’Information (PARSI). Elle réserve dès lors 40 millions d’euros pour participer au financement des réseaux portés par des collectivités. L’effort consenti concernera in fine les projets suivants, pour un total de 11 Meuros : Ariège - 6,8 M€ ; Lot - 2,6 M€ ; Tarn-et-Garonne - 300 K€, Auch - 620 K€ ; Castres-Mazamet - 135 k€ ; SICOVAL - 500 K€. La Région prend alors la décision, fin 2005, de recentrer sa politique sur les poches résiduelles où le haut-débit ne parviendra pas, y compris après l’équipement de l’ensemble des centraux téléphoniques par France Télécom. Soit encore près de 10% de la population midi-pyrénéenne. Le nouveau programme prévoit dès lors de financer jusqu’à 60% des infrastructures haut-débit portés par les communes délaissées, et 30% des coûts d’exploitation. De l'ordre de 80 à 100 communes devraient être équipées, sur un total de 760 communes identifiées en zone blanche. Dernier problème épineux : celui des nombreuses zones d’activités régionales qui sont parfois plus pénalisées que la population rurale. En effet, ces zones sont souvent situées loin des centraux téléphoniques, installés pour la plupart dans une commune voisine. Les projets départementaux ou intercommunaux traitent le sujet mais concernent souvent quelques zones prioritaires. La Région s’est également saisie du problème : l’institution vient de sceller un partenariat avec France Télécom, incitant l’opérateur à raccorder directement à la fibre optique les entreprises de 22 zones d’activités du cœur de la région – ce qu’il a annoncé faire -. Ces dernières sont en fait les zones prioritaires désignées « pays » par « pays », du nom de ces nouvelles entités territoriales situées à mi chemin entre communautés de communes et départements. De nouveaux territoires que le Conseil Régional considère comme l’échelon pertinent en matière économique. Frédéric Dessort, Mid e-News Quelques articles de références et morceaux choisis : « Ici, ce n’est pas la fracture numérique, c’est la mort numérique », courrier d’un lecteur de Mid e-News au mois de janvier 2005 http://www.midenews.com/fr/presse/article/lire/?id=636 « Haut-débit et télécoms : évolutions et révolutions », une analyse de Gérard Hardy, consultant et directeur des projets, TACTIS http://www.midenews.com/fr/presse/article/lire?id=928 Le point sur la politique régionale avec Alain Bénéteau, vice-président du Conseil Régional, interview réalisée au mois de janvier 2007 http://www.midenews.com/fr/presse/article/lire?id=1259 Histoire d’un projet : la résolution de la fracture numérique en Ariège L’Ariège annonce son intention de devenir opérateur, article du 3 mars 2003 http://www.meleenumerique.com/mid_enews/mid07/ariege.htm L’Ariège lance son réseau haut-débit, article du 17 octobre 2005 http://www.midenews.com/fr/presse/article/lire/?id=827
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