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Le point sur la politique TIC du Conseil Régional Midi-Pyrénées avec Alain Bénéteau, vice-président PDF Imprimer Envoyer
Dimanche, 21 Janvier 2007 15:20
Mesurer la progression de la société de l'information et ses impacts sur la région Midi-Pyrénées. Telle est l'ambition du "DiagnosTIC" qui a été présenté par l'ARDESI (Agence Régionale pour le DEveloppement de la Société de l'Information) le 13 Décembre dernier à l'Hôtel de Région. Le voici en document pdf.

L'occasion pour nous d'en tirer l'essentiel et de faire le point sur la politique du Conseil Régional en la matière. Entretien avec Alain Bénéteau, vice-président de la Région en charge de la recherche et des nouvelles technologies, président de l'ARDESI.

Alain BENETEAU, Vice Président de la Région, Président d’Ardesi

Propos recueillis par Frédéric Dessort, rédaction de Mid e-News


Le DiagnosTIC met clairement en exergue le retard pris par Midi-Pyrénées en matière de dégroupage. Comment l'expliquez-vous ?

En premier lieu, il faut poser cette question aux acteurs économiques avant de la poser aux acteurs publics. Naturellement, les opérateurs répondent que ce sont les conditions économiques qui permettent leur présence locale dans le cadre du dégroupage. Une condition de cette présence est en priorité le critère de densité de population qui doit être suffisamment forte. C'est le cas à Toulouse, Tarbes,Albi et Auch. Ainsi, le déploiement plus large du dégroupage ne peut se faire qu'à l'aune des initiatives publiques locales, que la Région soutient par exemple dans le développement des réseaux départementaux ou d’agglomérations.

In fine, est-ce qu'il relève de la puissance publique, pour une collectivité locale ou régionale, de couvrir seulement l'absence de service haut-débit ou bien d'aller jusqu'à faire venir la concurrence avec le déploiement du dégroupage ?

Je pense que tous les acteurs publics poursuivent les deux objectifs. Dans le temps on doit constater un rééquilibrage entre les efforts qui leur on été consacrés. Le deuxième objectif a souvent été affiché dans les politiques publiques, en particulier celle du Conseil Régional : ne pas laisser une situation monopolistique d'offre de service en haut-débit et permettre la concurrence via le dégroupage ou un autre moyen, et même enrichir l'offre elle même par le "triple play", notamment. Il faut souligner aussi que les politiques publiques, depuis deux ans, s'intéressent à la nécessité d'une offre concurrente au bénéfice des entreprises...

Depuis le lancement du Programme d'Actions Régional pour la Société de l'Information en 2001, des investissements ont été réalisés par la Région en matière de Réseaux d'Initiative Publique (RIP). Pouvez-vous rappeler les projets concernés et les engagements financiers ?

La Région s'est en effet beaucoup investie dans les RIP, à hauteur d'environ 11 M€ entre 2004 et 2006, en particulier auprès de Conseils Généraux (Ariège - 6,8 M€ ; Lot - 2,6 M€ ; Tarn-et-Garonne - 300 K€) et de grandes communes ou agglomérations (Auch - 620 K€ ; Castres-Mazamet - 135 k€ ; SICOVAL - 500 K€). Ces réseaux sont réalisés majoritairement en fibres optiques et permettent le développement d'offres à "très haut débit".

Cette effort financier important est maintenant quasiment achevé, seul le réseau du Grand Rodez, s'il se confirme en 2007, est susceptible de compléter le dispositif.

N'oublions pas, par ailleurs que la Région, au côté de l'Europe, de l'Etat et des Conseils Généraux, a participé à l'extension de la couverture en téléphonie mobile en Midi-Pyrénées, à hauteur de 2,5 M€ pour 172 communes couvertes.

Il y a un an, la politique régionale s'infléchissait vers la résolution des zones blanches en traitant le problème communes par communes (cf notre article). Combien d'entre elles ont porté un projet aux services de la Région ?

En effet, au 30 Novembre 2006, 55 dossiers ont été déposés. Ce qui représente en fait 160 communes : de nombreuses communautés de communes ou groupement de communes nous ont sollicité.

A ce jour, la Région a voté 4 dossiers, soit 4 communes : une en Aveyron à Bescatel, une dans le Lot, à Sauliac sur Célé, et 2 dans le Gers, à Pessoulens et Beaumarchès. Le premier réseau à été mis en place à Sauliac sur Célé, qui est passé d'un taux de couverture de 0% à 100% des habitants.

Sur ces communes, les offres proposées par les opérateurs retenus intègrent des débits de 1 Mbit/s à 2 Mbit/s, pour 30 €/mois, avec la possibilité de forfait téléphonique illimité (pour 7€/mois de plus). Actuellement, les technologies privilégiées par les opérateurs sont de la liaison louée ou de l'xDSL pour la collecte et du wi-fi pour la desserte. Nous espérons voir rapidement des offres en Wi-Max mais les opérateurs possédant des licences adéquates ne semblent pas encore prêts. Je souligne que l'adoption d’un projet par la Région se fait uniquement lorsque le coût exact du réseau est connu, c'est à dire une fois que l'appel d'offres local a été lancé et que les opérateurs ont fait une offre, ce qui explique le décalage avec le nombre de dossiers déposés (premiers appels d'offres lancés en avril 2006). L'année 2007 devrait voir l'émergence de très nombreux autres réseaux publics locaux : de l'ordre de 80 à 100 communes supplémentaires couvertes sur un total de 760 communes identifiées en zone blanche en Midi-Pyrénées.

D'autre part, France Télécom a fait des promesses, il y a un an et demi, concernant la couverture de 100% des centraux téléphoniques (NRA) : est que vous confirmez l'atteinte de ces objectifs ?

L'objectif annoncé par France Télécom semble être déjà atteint dans plusieurs départements (Gers, Hautes-Pyrénées, Lot notamment). Malgré un léger retard, on peut effectivement penser que 100% des NRA seront couverts courant 2007.

L'ARDESI, au travers du DiagnosTIC, produit une analyse du Web communal en demi-teinte : quelles sont les perspectives de déploiement de services Internet par les communes ou intercommunalités ?

Les chiffres montrent clairement qu'il y a un problème de progression sur les communes de moins de 2500 habitants. Sachant que celles-ci représentent près de 95% de l'ensemble des communes de Midi-Pyrénées ! On peut donc observer un plafonnement, et la progression s'est faite sur les autres communes.

Aujourd'hui ce n'est pas une priorité pour la majorité d'entre elles. Sans parler que si elles veulent mettre en place un service en ligne, elles n'ont pas les ressources internes, et très souvent, c'est la secrétaire qui gère ces questions. Mais le maire pourrait bientôt créer son blog, facile à réaliser. C'est un phénomène que l'on devrait observer. Les municipales se déroulent bientôt, en 2008.

Parallèlement, l'écart sur le taux d'accès à Internet dans les foyers entre les populations rurales et urbaines a fortement diminué. Pour fixer les idées, il est passé en quelques années d’un rapport de 2,5 à 1,5 fois en Haute-Garonne par rapport aux départements plus ruraux. Daniel Kaplan, Délégué de la Fondation Internet Nouvelle Génération, qui intervenait lors de la présentation du DiagnosTIC à l'Hôtel de Région, soulignait que l'information concernant la commune proviendra de plus en plus des citoyens. Cela créera forcément une pression sur les élus locaux pour que la commune produise elle-même cette information en ligne.

Nous pensons également que l'intercommunalité pourra et devra devenir un lieu de mutualisation de moyens pour créer ces services. Aujourd'hui, le site des intercommunalités sert essentiellement à la faire connaître, mais l'étape suivante souhaitable consisterait à permettre aux communes de former les agents techniques et de sensibiliser les élus. La Région, dans le cadre du PRAI (Programme Régional d'Actions Innovatrices Midi-Pyrénées, co-financé par la Région et l'Europe) finance des formations pour donner un premier niveau de compétence, apporte une "aide au conseil" pour démarrer un projet de service Internet : cahier des charges, choix de prestataires, ... , voire finance des projets à caractère innovants. Nous avons notamment pour objectif de former 1000 élus sur la période novembre 2006 à l'été 2008.

Sur le volet "éducation", le DiagnosTIC fait apparaître qu'une majorité d'établissements du premier degré n'accède qu'au bas débit...

En effet, alors que pour les lycées la Région prend en charge l'accès au Haut-Débit au travers du réseau Aster, cela est laissé à l'initiative des communes pour ce qui concerne les écoles primaires, qui ne relèvent pas de la compétence du Conseil Régional. Un nombre plus important d’écoles est implanté dans des communes rurales qui ne disposent pas toujours d’un accès haut débit.

Propos recueillis par Frédéric Dessort, Mid e-News
f.dessort at meleenumerique.com

 


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