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Plus de 60 personnes se sont dirigées vers la Cantine numérique, le 6 juin. La seconde édition toulousaine du Mobile Monday était consacrée aux enjeux de la géolocalisation, abordés tant du point de vue de la recherche que du monde économique.
Quels sont les usages de la géolocalisation ? La technologie sous-jacente, basée sur le GPS – et, on l'espère, à partir de 2014, sur Galiléo -, est bien connue. Et son application courante, tout autant : les solutions de navigation de type « Tom-Tom ». Mais qui dit technologie dit parfois utilisations multiples et inattendues, et le 6 juin dernier, la seconde édition du Mobile Monday en a fait la démonstration. Au menu de cette rencontre organisée sous l'égide de la Cantine « by La Mêlée », trois thématiques ont été développées.
André Monin, chercheur au LAAS-CNRS a présenté le projet « Binaur », lancé au départ par la société Navocap. Objectif : développer une solution de géolocalisation pour aider les personnes malvoyantes ou non-voyantes dans leurs déplacements piétons. Après plusieurs années de recherches, financées notamment dans le cadre du pôle de compétitivité Aerospace Valley, un dispositif a été mis en oeuvre : il comprend un boitier, un module cravate et un kit oreillette. Après avoir enregistré son lieu de destination, la personne malvoyante est guidée par un système audio-vocal au fur et à mesure de son cheminement ( voir cette démonstration en vidéo). L'une des difficultés qu'emportait ce développement technologique résidait dans l'amélioration du positionnement donné par le GPS. Un problème résolu par le laboratoire de recherches grâce à des algorithmes mathématiques complexes. Aujourd'hui, cette innovation remarquable est passée dans le monde économique au travers de la création d' Angéo, une jeune entreprise innovante.
La géolocalisation indoor en plein boom
Autre sujet du Mobile Monday : les applications de géolocalisation dites « in-door ». Autrement dit : le repérage des personnes, en temps réel, dans un grand espace intérieur, par exemple, musées, centres commerciaux, aéroports... C'est Jean-Baptiste Probst, directeur technique de la société Pole Star, qui a dévoilé les contours de ce nouveau paradigme. Ici, point de GPS, mais surtout du Wifi, dont les bornes installées dans les bâtiments vont envoyer des ondes. Ces dernières seront ensuite triangulées par un smartphone équipé d'un logiciel idoine.
Si la technologie vient d'arriver à maturité, le marché est naissant et très prometteur. D'ailleurs, si Pole Star vient de lever 2,7 Meuros, son concurrent direct, une autre PME toulousaine, Insiteo, a également obtenu plus de 4 Meuros auprès de capitaux-risqueurs.
Un florilège d'usages de la technologie a été évoqué : itinéraires pour aller d'une boutique à une autre dans un centre commercial; se déplacer d'un stand à une salle de conférence dans le cadre d'un salon professionnel; ou encore, être guidé jusqu'à une personne présente quelque part dans le même espace.
Une véritable étude de cas a été présentée en visioconférence depuis l'aéroport de Copenhague, dans le cadre duquel une vaste infrastructure de réseau Wifi a été déployée. Des applications de géolocalisation indoor ont été développées au bénéfice des voyageurs. Notons que la position de ceux-ci est identifiée par l'aéroport sans leur aval, dès que le wifi de leur smartphone est ouvert. Mais l'identité de leur possesseur n'est pas transmise. En outre, le programme technologique a été étendu à l'extérieur, afin de suivre les équipes de maintenance au sol, repérées en temps-réel et effectuant leur reporting via des smartphones durcis. Ce qui permettrait d'améliorer la productivité générale de l'aéroport.
Enfin, Novacom Services, filiale de Téléspazio et de CLS (société connue pour ses balises Argos), a expliqué son offre de service : le suivi par satellite de flottes commerciales et techniques de véhicules, de tous types. Exemple : le transport de pièces d'Airbus entre ses sites de construction est géré grâce à une solution de la PME toulousaine. Ce qui a permis à l'avionneur d'améliorer le respect des délais dans sa production.
Ce type d'application est le plus ancien parmi toutes les innovations présentées, le marché correspondant ayant émergé au début des années 2000.
Frédéric Dessort
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