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Répartis sur trois sites à Toulouse, Foix et Boussens, Continental Automotive France emploie 2.500 salariés pour 530 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2011. Pour contrer la concurrence internationale, l’enseigne mise sur les innovations à venir. Explications avec Antoine Jouin, président de Continental Automotive France.
Crédit photo : R.G. - Touléco
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Antoine Jouin, Continental a connu une actualité sociale mouvementée l’an dernier. Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Nous avons réussi à redémarrer à la faveur d’une industrie automobile dont le retour à la croissance a été plus rapide que prévu. Sur Toulouse, les effectifs se sont maintenus, avec toutefois moins de personnels en production ; les effectifs de R&D assurant le relais. Nous sommes toujours 2.500 personnes en Midi- Pyrénées. Mais nous avons plusieurs challenges à relever. Le premier concerne le contexte économique, avec un marché automobile qui n’est pas en progression en France, contrairement à l’Allemagne par exemple. Le deuxième défi est celui de la pertinence : le constructeur doit avoir un bénéfice à être installé en France, tout en étant implanté mondialement. C’est là toute la problématique.
Diriez-vous que la filière automobile française est condamnée à terme ?
(silence). Non, la filière française n’est pas condamnée, mais nous avons un vrai défi industriel à relever : les infrastructures nécessitent de forts investissements. Or, les constructeurs construisent des usines d’abord dans les pays émergents : le Brésil, la Chine… Indéniablement, quand ces pays auront notre niveau de vie, nous assisterons à un rééquilibrage, mais en attendant, notre différenciation se joue sur la partie Recherche et Développement. Nous avons une chance, à terme, de retrouver un positionnement reconnu. C’est sur ce point que nous travaillons.
Vous parlez d’innovations. Quelles sont celles sur lesquelles vous espérez vous développer ?
Nous avons par exemple le produit de contrôle de pression des pneus, pour lequel nous sommes le premier centre de production en Europe. Ce dispositif équipe déjà les véhicules de certains de nos clients, comme Renault. A partir de 2013, il va devenir obligatoire en Europe, et nous espérons bien remporter alors de nouveaux contrats. Nous avons également le système d’accès main libre intégré pour véhicule que nous perfectionnons : celui-ci pourra être intégré au téléphone mobile via les technologies sans contact. Nous planchons aussi cette année sur l’intégration des Smartphones de type iPhone. Ceux-ci pourront remplacer l’autoradio et même le GPS dans le tableau de bord, ce qui permettrait même de faire baisser le prix de la voiture.
L’innovation suppose des financements. Combien Continental France investit-elle en région toulousaine ?
Nous investissons entre 25 et 30 millions d’euros par an, sur un chiffre d’affaires de 500 millions d’euros, sans compter les investissements humains. C’est la condition sine qua non si nous voulons garder une chance de rester un élément dans le puzzle mondial. Vu d’Allemagne, notre savoir-faire français est une chance que nous devons entretenir. Par exemple, en ce qui concerne la simulation moteur, domaine où nous sommes leader mondial. Nous sommes enfin dans une région qui compte beaucoup d’ingénieurs. C’est aussi un atout de poids, quand on sait que l’Allemagne manque cruellement de ce niveau de qualification. Continental est classé 28e dans le Top 30 des entreprises qui déposent des brevets en France. Notre prochain objectif est de nous hisser dans le top 20.
Propos recueillis par M.V.
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