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Sigfox : opérateur Internet des Objets PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 11 Juin 2012 07:14

Cette PME basée à Labège (25 collaborateurs) lance un réseau hertzien pour connecter les « objets » électroniques à Internet. Applications : la télémesure et la télésurveillance, par exemple d'installations industrielles ou de réseaux d'énergie.

En photo : l’équipe de la société Sigfox


« Vouloir se lancer en tant qu'opérateur peut paraître ambitieux, mais nous ne sommes pas là pour concurrencer les grands opérateurs du marché », entame Ludovic Le Moan, PDG de Sigfox, à l'occasion de la présentation de l'offre de la société. Une précaution oratoire nécessaire pour comprendre que le réseau que lance cette start-up est d'un nouveau genre.
De quoi s'agit t-il ? Sigfox se définit comme un opérateur d'un réseau de radiocommunication basé sur une technologie dite « Transfox Ultra Narrow Band », pour laquelle plusieurs brevets ont été déposés.
Le principe : véhiculer sur Internet les données émises par des microsystèmes, en l'occurrence des capteurs qui mesurent toutes sortes d'états (température, vibrations, pression…), via des antennes créées et implantées par Sigfox. Ces stations se présentent sous la forme de petits « cierges », d'environ 1,5 m de haut et 2 cm de diamètre. Important : les antennes ne renvoient pas les données reçues vers d'autres antennes, elles sont directement raccordées au réseau Internet terrestre.

Une portée de 5 à 100 km

A l'origine de cette technologie, Christophe Fourtet, ingénieur INSA, ancien de Freescale et Motorola, et fondateur de Sigfox. « L'une des principales innovations réside dans les antennes : elles sont dotées d'une sensibilité très importante. La réception des données peut se faire à très grande portée : de 5 à 100 km selon que le terrain est vallonné ou en plaine », explique t-il. Du coup, l'entreprise n'aura besoin que de 1 000 antennes pour couvrir la France, ce qui est envisagé d'ici la fin de l'année. En outre ces stations de réception sont annoncées comme très économes en énergie et générant peu de rayonnement électromagnétique.
De fait, ce réseau véhicule les données à très bas débit, qu'induisent les petits paquets d'informations émis par les capteurs. « On ne peut donc pas utiliser notre infrastructure pour en faire un réseau de téléphonie IP », souligne Ludovic Le Moan.
A terme, Sigfox ambitionne de connecter sur Internet toute forme d'objets électroniques en s'inscrivant résolument comme un acteur du Web 3.0.
Cette approche technologique est un enjeu important pris en compte par des acteurs industriels et de la recherche publique. Sigfox participe à de plusieurs projets collaboratifs et est, en particulier, partenaire du LAAS-CNRS. Le laboratoire toulousain a fait de ce nouveau paradigme un de ses principaux axes de recherches, au travers de son grand projet Adream.

Une offre destinée aux entreprises

Pour l'heure, l'offre commerciale se destine principalement aux entreprises qui ont besoin de télésurveiller ou télémesurer leurs machines, leurs installations – industrielles, par exemple -, leurs réseaux – d'énergie par exemple, ou d'eau. Sur le plan tarifaire, Sigfox annonce des prix de l'ordre de 0,17€ par mois et par objet connecté.
Un des premiers clients de la société, Clear Channel, a commencé à connecter au réseau Sigfox des microsystèmes qui contrôlent le bon fonctionnement de ses 10 000 panneaux. L'acteur publicitaire estime pouvoir faire l'économie de 500 000 km parcourus par les agents de maintenance sur le territoire français.
Sigfox, qui a déjà levé 2M€ au début 2011, entend faire un nouveau tour de table dans le courant de l'année. Cette fois-ci, la manne recherchée est plus importante, en vue du déploiement de son réseau à l'échelle européenne.

Frédéric Dessort

 


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