Faute de financement en France, Laurent Villerouge a vendu son brevet de trottoir électrique à une société californienne. Il compte s’installer à New York pour développer d’autres types d’application avec un scientifique américain.
En photo : Laurent Villerouge, le créateur toulousain du trottoir électrique – Crédit : Hélène Ressayres - Touléco
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Il part à la conquête de la « grosse pomme ». Direction New York pour Laurent Villerouge, le créateur toulousain du trottoir électrique. En avril 2011, ses dalles en béton recyclable, qui permettent de transformer l’énergie mécanique des pas des piétons en énergie électrique alimentant un lampadaire à leds, avaient été testées avec succès place Wilson puis présentées au parlement européen de Bruxelles. Restait alors à trouver 1,5 million d’euros de fonds pour la commercialisation du système.
« Mon business plan a été présenté à une commission réunissant la Région, Oseo et la Caisse des Dépôts et Consignation. Au final, la réponse a été claire. Vous ne travaillez pas dans le secteur de l’aéronautique ou de la chimie, vous n’entrez pas dans les cases. Ce sera difficile pour vous », déplore Laurent Villerouge qui rajoute : « Le problème en France est que les mentalités sont verrouillées. Je suis un autodidacte qui, grâce à des opérations immobilières, a pu faire travailler des scientifiques pour ses créations. Cela ne plaît pas. Je sors du cadre. »
Le trottoir électrique verra le jour en Californie
En parallèle, toujours dans la veine de « l’energy harvesting »ou récolte d’énergie c’est-à-dire la réutilisation des sources d’énergie ambiantes, souvent diffuses et faibles telles la chaleur humaine dans les gares ou les ondes wifi, Laurent Villerouge dépose un brevet pour récupérer l’énergie de l’essorage des lave-linge pour chauffer l’eau de l’appareil. Il rencontre le directeur des licences du MIT* à Boston qui le met en contact avec un chercheur de la Stony Brook University de New York, Lei Zuo, spécialiste renommé de l’energy harvesting.
« Tout s’est fait très vite entre janvier et avril 2012. La Stony Brook University m’a donné les coordonnées d’une société californienne appelée Harvest Energy qui exploitait déjà des brevets de Lei Zuo concernant la récupération d’énergie des véhicules, trains, bateaux etc…En panne de financement en France et fatigué de ce parcours du combattant, j’ai alors décidé de leur vendre mon brevet des dalles podo-électriques », explique laurent Villerouge. Le contrat prévoit une partie fixe et une partie variable proportionnelle aux ventes ultérieures. De quoi largement amortir les 130.000 euros de développement du système, qui a fédéré l’ENSEEIHT et un groupe de PME toulousaines, et permettre le lancement de nouveaux projets avec Lei Zuo à New York.
L’American dream encore vivace
« Je compte m’installer à New York début 2013 et créer une société là-bas qui sera détentrice des brevets développés avec Lei Zuo. Un contrat de confidentialité me lie déjà avec le chercheur. Je n’ai pas peur de cette nouvelle vie, je me réjouis plutôt de travailler avec des gens qui regardent d’abord l’intérêt du projet et ensuite, vos fonds propres et vos sources de financement », lance Laurent Villerouge. De son côté, la Mairie de Toulouse, qui a permis les tests grandeur nature des trottoirs électriques, est désappointée. « Ce ne sont pas les seuls », conclut Laurent Villerouge.
Isabelle Meijers
*MIT : Massachusetts institute of technology |