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En Californie, le cloud computing est déjà de l’histoire ancienne : c’est l’heure du « big data », qui pourrait être résumé par l’art d’utiliser les masses colossales de données produites. C’est ce qu’est venu annoncer fin 2011 à Toulouse le Directeur de l’Orange Lab de la Silicon Valley, Georges Nahon.
Lorsqu’il a pris son avion à Los Angeles en ce mois de décembre 2011 pour rejoindre Toulouse, Georges Nahon, Directeur de l’Orange Lab de la Silicon Valley, n’a pu s’empêcher de prendre en photo cette affiche placardée sur les murs de l’aérogare de la côte ouest, avec la simple inscription « big data ». Cet Orange Lab avait été visité début 2011 par la mission de l'association La Mêlée dans la Silicon Valley (voir Midenews du 23 février 2011)
Les aéroports français ne sont pas encore recouverts de ce slogan mais, selon Georges Nahon, il s’agit bien de l’étape qui suit celle du « cloud computing », qui elle-même n’a pas encore été complètement digérée dans l’Hexagone.
90% de l’IT dans le nuage
Invité par le CNES à la Cité de l’Espace, Georges Nahon a ainsi expliqué : « Il serait absurde d’affirmer que le cloud computing est une affaire réglée, car la vague ne fait qu’arriver et va durer. Nous avons passé ces 20 dernières années à faire entrer l’informatique dans les entreprises. Nous passerons les 15 prochaines à l’en faire sortir. Cela étant dit, il va falloir gérer la masse colossale de données que nous produisons, et ce sera le rôle de ce que les Américains appellent le big data » (voir l'étude sur le sujet).
Trop de données ?
Comment illustrer cette abondance de datas ? « Je reprendrais l’image donnée par Eric Schmidt, le patron de Google. Toutes les 48 heures, nous produisons désormais autant de données qu’entre le début de l’humanité et 2003 ». En résumé, l’enjeu n’est plus selon les grands du numérique le stockage des datas dans le nuage, mais le tri de ces données. « Le centre de gravité de l’économie numérique se déplace donc en fonction de ce changement, explique Georges Nahon. Les champions seront moins les Intel, Dell, Microsoft ou Cisco, et plus les Google, Amazon, Facebook ou Apple ».
Selon Georges Nahon, ce changement de génération est également expliqué par le grand âge des applications vedettes qui ont fait l’informatique. « FORTRAN et COBOL ont plus de 50 ans, UNIX, CICS ou IMS plus de 40, MS-DOS approche de la trentaine et Windows va avoir 27 ans ! », a-t-il précisé.
Pourquoi l’Europe n’innove pas
Dans ce contexte, Georges Nahon note que l’Europe génère peu de grandes innovations. Une des principales explications reste selon lui l’éloignement, notamment en France, entre les dirigeants des universités et le monde de l’entreprise. « Le président de Standford est au board de Cisco et de Google, celui de Princeton est l’un des dirigeants de Google, celui de Yale est au board d’American Express, celui de Colombia est un directeur du Washington Post, celui du MIT est l’un des dirigeants de General Electric, celui de l’Université de Pennsylvanie est au board de Vanguard, etc. », a-t-il ajouté.
N’est-il pas trop facile de tout expliquer par cette opposition ? « C’est effectivement trop réducteur. Il s’agit d’un état d’esprit : on préfère s’excuser après s’il y a eu des problèmes plutôt que d’attendre la permission avant d’entreprendre quoi que ce soit. Enfin, on est persuadé dans la Silicon Valley qu’il faut embrasser beaucoup de grenouilles avant de trouver un prince ».
Au fait, ce n’est pas en France qu’on mange les grenouilles ?
Pascal Boiron, Midenews
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