Une équipe de recherche du LAAS a conçu un nouveau type de “vibromètre par laser”, dont le principe est la mesure à distance de vibrations mécaniques. Légère et peu onéreuse, la première mouture de la solution intéresse déjà plusieurs entreprises locales du secteur aéronautique.
En photo : Thierry Bosch, directeur du Laboratoire d’Optoélectronique pour les Systèmes Embarqués
« Notre solution offre un progrès considérable des vibromètres par laser en termes de taille, de coût - environ 200 euros - et de souplesse. Elle présente en outre l’avantage de pouvoir être embarquée dans tous types d’environnements où l’on veut mesurer des vibrations. Jusqu’à présent, ces systèmes sont très encombrants, et peuvent représenter un investissement de près de 100 000 euros », explique Thierry Bosch, directeur du Laboratoire d’Optoélectronique pour les Systèmes Embarqués, récemment rattaché au LAAS. Il est également professeur et coordinateur des recherches menées à l’INPT-ENSEEIHT où est implanté le laboratoire. Les vibromètres par laser, de quoi s’agit-il ? « Ce sont des appareils qui sont utilisés dans l’industrie, afin notamment d’établir le niveau de vibration d’une pièce mécanique en cours d’usinage. Un progiciel permet d’analyser les résultats dans un objectif de contrôle de la qualité. L’intérêt du laser réside dans son caractère non intrusif : en lançant un rayon sur la cible puis en évaluant la puissance du rayon qui revient sur l’appareil, on peut mesurer les vibrations sans les modifier », précise le chercheur. Selon Thierry Bosch, l’innovation promet de démocratiser l’usage des vibromètres par laser. Les applications potentielles sont nombreuses : surveillance médicale à domicile (contrôle de signes vitaux tels que la respiration, prévention de chutes…), gestion du bâtiment (télésurveillance d’ouvrages d’arts, détection de fumée, d’intrusion...), avionique (détection d’impacts en vol), environnement (détection de CO2, de nuisances sonores).
L’innovation récompensée par un prix européen
Pour cette technologie, l’équipe de Thierry Bosch a reçu le prix européen de la mécatronique, dans la catégorie Recherche. Une distinction décernée en juin par Thésame (réseau européen industrie-formation-recherche en mécatronique) et Artema (syndicat des industriels de la mécatronique) dans le cadre des Rencontres Européennes de la mécatronique. Quant à la valorisation des résultats de cette recherche, elle est déjà engagée. L’Institut National Polytechnique de Toulouse (INPT) a déposé un brevet, tandis que le département de Valorisation du PRES Université de Toulouse a sélectionné le projet afin que la Région et l’Etat octroient un financement d’environ 60 000 euros. Objectif : réaliser un démonstrateur du système plus professionnel et plus proche des applications envisagées. En outre, Thierry Bosch fait état de l’intérêt manifesté par plusieurs entreprises du secteur aéronautique toulousain. En vue : l’adaptation du système afin de mesurer les impacts sur les ailes d’avions. Ajoutons qu’une start-up parisienne, Epsiline, s’est installée à Toulouse pour travailler avec l’équipe de Thierry Bosch. Celle-ci apporte compétences et savoir-faire : la solution de mesure de vent que la jeune entreprise innovante développe est en effet basée sur le laser et sur des principes physiques similaires.
Frédéric Dessort |