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L’innovation ouverte (Open Innovation) est un concept relativement récent qui favorise les collaborations entre les acteurs d’une filière. En Midi-Pyrénées, Aerospace Valley s’intéresse au sujet depuis plusieurs mois et, dans le domaine des TIC, le projet « La Cantine » initié par La Mêlée devrait également le faire monter en puissance. L’analyse d’un expert pour Midenews, Géraud Arnal*.
Pour présenter le concept « Open Innovation », il faut tout d’abord rappeler la situation actuelle pour la quasi-totalité des entreprises françaises. Certes, l'innovation a toujours été considérée comme un levier de différenciation et de compétitivité, qu'elle porte sur les produits, les services ou l’organisation. Mais dans le modèle traditionnel, l'entreprise se veut autonome et, pour réussir, s'appuie principalement sur des structures internes, qui réalisent des travaux de recherche puis développent des applications. Dans ce paradigme d’innovation « fermée », la stratégie de l'entreprise repose sur cinq impératifs : recruter les meilleurs experts, développer toutes les technologies utiles en interne, miser sur la chance d’être les premiers découvreurs pour être les premiers sur le marché, avoir la conviction que les gagnants sont toujours ceux qui ont les meilleures idées, bien contrôler la propriété industrielle pour empêcher les concurrents de profiter des nouvelles idées.

Cette rapide description peut apparaître d’autant plus caricaturale que le contexte économique actuel implique des pressions plus fortes sur l'innovation et remet logiquement en question ce modèle traditionnel. D'une part, les cycles de vie des produits se sont raccourcis (et les revenus attendus avec). D'autre part, les dépenses en R&D ne cessent de croître, et les investissements consentis par l'industrie pharmaceutique pour développer un nouveau médicament en sont une illustration éloquente.
Face à ce constat, une tendance forte se dessine pour une plus grande perméabilité des processus d'innovation de l'entreprise. Cette tendance a été théorisée par Henry Chesbrough en 2003 sous le nom d'Open Innovation. L'Open Innovation place les échanges de l'économie de la connaissance au coeur de la stratégie de l'entreprise. Chesbrough démontre en effet les bénéfices potentiels pour l'entreprise de s'ouvrir vers l'extérieur, notamment en s'appropriant des technologies et savoir-faire développés par d'autres, mais aussi en valorisant les recherches et les brevets internes qui ne rentrent pas directement dans le modèle économique de l'entreprise.
Les cinq credo de ce nouveau paradigme sont : il faut travailler avec les compétences adaptées existantes hors de l’entreprise, la R&D interne permet de capter la valeur des travaux de la R&D externe, il n'est pas nécessaire d'être à l'origine d'une bonne idée pour en profiter, construire un bon « business model » est plus important qu'être le « first mover » et, enfin, il faut profiter de l'usage que les autres font de nos idées et utiliser les leurs quand cela contribue à notre business model.
Au final, l’Open Innovation démontre que la force de l'entreprise et sa compétitivité ne résident plus dans sa capacité « à tout développer seule », mais dans sa maîtrise de la gestion des partenaires et des flux de connaissances entrants et sortants.
Géraud Arnal
* Géraud Arnal est ingénieur Supelec en systèmes embarqués, diplômé de l’IAE Toulouse en Management de l’Innovation et auteur d’un mémoire : « Le Crowdsourcing comme outil de développement local ».
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