Les 28 et 29 avril prochains dans le cadre de la Mêlée Numérique 14, deux ateliers seront consacrés aux systèmes d’aide à la création d’entreprises innovantes et au financement de projets innovants. Avant première.
En photo : Pierre Dufresne, Directeur de l'Incubateur Midi-Pyrénées
FittingBox, Goojet, Noomeo... A l’instar de ces pépites technologiques, beaucoup de jeunes pousses innovantes n’auraient pu éclore et se développer sans le soutien des investisseurs. Pour autant, pour les porteurs de projets lever des fonds reste un exercice long et complexe. Comment fonctionne l’écosystème régional du financement de l’innovation ? « Nous intervenons en amont, dans la phase de création, explique de son côté Pierre Dufresne, Directeur de l’Incubateur Midi-Pyrénées. Nous incubons des projets innovants, en lien avec la Recherche, et aidons les créateurs à les concrétiser. Nous disposons d’une enveloppe globale de 115 K€ pour financer la création de l’entreprise (aspects juridiques, études de marché…). Dans ce cadre, nous travaillons en collaboration étroite avec des structures telles que Midi-Pyrénées Innovation, le réseau de Pépinières d’Entreprises ou encore OSEO ».
C’est traditionnellement dans la phase suivante (l’amorçage) que les créateurs de start-up innovantes rencontrent le plus de difficultés. Il s’agit alors de lever des sommes plus importantes (de l’ordre de 300 à 400 K€) pour financer le lancement commercial de l’entreprise, lui donner les moyens d’étoffer son équipe et de bâtir son organisation opérationnelle. « Le problème est qu’à ce stade la structure n’est pas suffisamment mâture pour intéresser les financeurs traditionnels, estime Arnaud de Latude, Délégué Général de l’association de Business Angels, Capitole Angels. En outre, le secteur de l’innovation est potentiellement plus risqué. Et ce risque reste difficile à appréhender pour les banques qui ne savent pas forcément expertiser les projets ». « Aujourd’hui, un entrepreneur met entre neuf et quinze mois pour lever des fonds, alors que cela devrait en prendre deux, renchérit de son côté Thierry Merquiol, qui a lancé en juillet 2009 la plateforme d’investissement en ligne Wiseed. Ouverte aux investisseurs particuliers, et centrée sur le secteur de l’innovation, Wiseed devrait avoir financé une quinzaine de start-up d’ici fin 2010, pour un ticket moyen d’investissement de 100 à 500 K€. Autre initiative intéressante, la création en décembre dernier de la Société d’Investissement de Business Angels (SIBA), une nouvelle structure d’investissement collectif destinée à intervenir lors des premiers et seconds tours de table. Parallèlement, un projet de création d’un nouveau fonds régional dédié aux jeunes entreprises innovantes est en gestation et devrait aboutir à l’horizon de 2011. « Un groupe de travail a été mis en place sous le pilotage du Fonds d’Amorçage Midi-Pyrénées (FAM), créé en 2000 et qui cessera ses activités à la fin de l’année », précise Pierre Bénaïm, Secrétaire général à la stratégie de l’innovation. Plusieurs pistes sont explorées, dont celle d’un fonds de co-investissement public-privé, mais rien n’est encore arrêté à ce stade. » Ceci étant posé, l’ensemble des investisseurs s’accorde aujourd’hui sur un point : au-delà du soutien financier, l’accompagnement des start-up dans des domaines touchant au management, au commercial, au marketing… est essentiel durant la phase d’amorçage. « Les jeunes entreprises innovantes, du secteur des TIC en particulier, ont souvent une culture très technique et pêchent par leur manque de vision stratégique et de plan d’action commercial », résume en conclusion Thierry Merquiol.
Chantal Delsouc, Midenews |