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Christian Rouch, Président de BIS Recyclage : « Nous évoluons sur un marché très concentré » PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 28 Septembre 2010 12:36
Président de la société toulousaine BIS Recyclage et co-fondateur de la SAS Frigopolis, Christian Rouch animera le 4 octobre, dans le cadre de la Novela, une table ronde sur le recyclage et la gestion des déchets issus de l’électronique. Entretien.



- Sept ans après l’adoption par l’Union européenne de la directive DEEE*, quel bilan peut-on dresser de la filière du recyclage ?


Christian Rouch : Il faut savoir qu’en France, le volume annuel de DEEE est évalué à 1,7 million de tonnes et enregistre une croissance de l’ordre de 3 à 5 % par an.  En termes d’objectifs, le seuil fixé par la directive européenne de 4 kg de DEEE par habitant traités chaque année a été dépassé dès 2008. L’ambition désormais est d’atteindre à terme la barre des 10 %. Dans les faits, la filière de collecte et de traitement des déchets issus de l’électronique est opérationnelle en France depuis novembre 2006. Transposée dans le droit français, la directive DEEE pose le principe du « pollueur payeur ». La filière s’est donc logiquement structurée autour d’éco-organismes pilotés par les fabricants et de grands distributeurs, qui sont agréés par les pouvoirs publics pour prendre en charge l’enlèvement et le traitement des déchets. Ils sont aujourd’hui au nombre de quatre (ndlr : Ecologic, European Recycling Platform, Ecosystèmes et Recylum), ce qui rend le marché très dépendant, sachant qu’en Allemagne par exemple on recense plus d’une vingtaine d’éco-organismes.


- Vous avez créé Bis Recyclage en 2007, comment évolue son activité ?


Christian Rouch : Nous avons été retenus en 2006 par European Recycling Platform. A l’époque, nous exercions déjà au sein de BIS Repetita (ndlr : société de brokerage informatique fondée en 1996 par Christian Rouch) une activité de déconstruction et dépollution des matériels certifiée ISO 14001. Pour nous, les deux métiers sont très complémentaires car ils accompagnent le cycle de vie des produits. Lorsqu’un équipement informatique n’a plus de valeur commerciale, parce qu’il est trop obsolète ou que sa réparation n’est pas rentable économiquement, le recyclage prend tout sons sens. Depuis sa création en 2007, le volume d’activité de BIS Recyclage monte progressivement en puissance. Actuellement, nous traitons 5 000 tonnes de DEEE par an pour le compte de notre clientèle, composée à 90 % de collectivités territoriales. J’ajoute que notre démarche s’inscrit également dans une volonté de faire de l’économie sociale et solidaire. BIS Recyclage compte un effectif d’une trentaine de personnes, dont treize travailleurs en situation de handicap en délégation, suite à un partenariat tissé avec l’ESAT (ndlr : Etablissement  et Service d’Aide par le Travail) toulousain Catic.


- Qui sont vos concurrents sur le marché ?


Christian Rouch : En l’occurrence, nous sommes aujourd’hui la seule PME à traiter les DEEE en Midi-Pyrénées. Nos concurrents sont constitués d’une part de structures associatives, telle que la Fédération Envie qui dispose d’une antenne à Toulouse, et d’autre part de grands groupes, comme Veolia ou Paprec, qui se sont diversifiés sur le segment des DEEE. C’est un marché qui tend à se concentrer, car les technologies évoluent en permanence et nécessitent d’énormes investissements. Il faut pouvoir suivre le rythme. Pour compléter l’activité de BIS Recyclage qui traite les équipements informatiques, les téléviseurs ou encore le petit électroménager, je me suis impliqué dans la création de Frigopolis. Cette société, spécialisée dans le recyclage du gros électroménager froid et hors froid, est en fait le regroupement de 8 spécialistes – du fer, des métaux non ferreux, des matières plastiques… – qui mutualisent leurs expertises. Il y a 9 usines de ce type en France (les autres sont exploitées par des groupes nationaux ou internationaux), dont une à proximité des locaux de BIS Recyclage à Saint-Jory, où nous avons investi 3 millions d’euros dans l’outil de production.


Propos recueillis par Chantal Delsouc


* Directive 2002/96/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 janvier 2003 relative aux déchets d’équipements électriques et électroniques


 


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