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Laurent Husson, Président de Anewworld : « Spatial, TIC et green technologies : Toulouse a sa place en Californie » PDF Imprimer Envoyer
Dimanche, 29 Août 2010 07:13
Président du cabinet de conseil Anewworld, spécialisé dans la convergence entre le numérique, le spatial et les green technologies, Laurent Husson précise les enjeux de cette nouvelle donne pour Midi-Pyrénées.

 

 

 

 

 

 

- La notoriété de Anewworld en Midi-Pyrénées et en France est encore modeste : doit-on vous présenter comme une start up toulousaine ?

Laurent Husson : Le terme start up n’est pas vraiment adapté dans la mesure où l’entreprise a été créée en 1995, qu’elle compte 30 consultants de 7 nationalités et qu’elle dispose de 5 bureaux dans le monde. Au-delà du siège à Toulouse, nous sommes en effet implantés à Palo Alto dans la Silicon Valley, à Ottawa au Canada, à Berlin en Allemagne et à Hanoï au Vietnam. Au final, notre dernier chiffre d’affaires s’est élevé à 4,5 millions d’euros. Anewworld est donc une « jeune pousse » mature…

- Cela étant, votre métier reste peu connu. Pouvez-vous le préciser en quelques mots ?

Laurent Husson : Notre vocation première était de fournir du renseignement stratégique aux acteurs de l’industrie spatiale. Cette mission a évolué vers l’identification des convergences entre le spatial, le numérique et les green technologies. Cela nous a conduit à aller au-delà du travail d’information pour réaliser également des études de marché et pour accompagner nos clients au cours des phases qui suivent leur prise de décision.

- Quels types de projets peuvent réunir ces trois filières industrielles ?

Laurent Husson : Ils sont d’ores et déjà nombreux et notre rôle consiste justement à anticiper la montée en puissance d’un nombre sans cesse croissant de « domaines de convergence ». Prenons un seul exemple : celui des réseaux de distribution d’électricité dits « intelligents ». Ils sont notamment fondés sur les trois filières, avec des satellites, des systèmes informatiques et des impératifs environnementaux. Par ailleurs, on peut légitimement se demander si les grands acteurs du numérique ne vont pas devenir parmi les principaux clients de l’industrie spatiale. Google est de ce point de vue un exemple éloquent.

- Qui sont aujourd’hui vos clients ?

Laurent Husson : Il est impossible de les citer tous mais on peut notamment parler des agences spatiales du Canada et du Japon, de Thales, d’EADS, de Vinci, d’AREVA, ou encore de ET Water (spécialisée dans l’optimisation de l’irrigation des jardins). Les futurs développements des filières numériques, spatiales et environnementales sont de plus en plus liés à leur capacité de travailler ensemble. Notre présence dans la Silicon Valley nous a d’ailleurs permis de constater que les fortunes qui s’y sont développées dans le numérique sont aujourd’hui réinvesties dans les « green technologies » (NDLR : voir les correspondances de Midenews dans la Silicon Valley datées du 9 mai et du 19 juillet 2010).

- La consommation d’énergie semble être la priorité pour la plupart des pays : est-ce également votre principal sujet de travail ?

Laurent Husson : C’est un sujet important, mais le plus sensible pour le siècle qui commence est plutôt l’eau, et plus précisément l’eau douce. Dans tous les pays développés, cette ressource a été longtemps dédaignée parce qu’on la considérait par définition abondante. C’est un enjeu de collaboration déterminant pour les trois filières dont nous parlons, notamment parce que les technologies spatiales permettent de mieux évaluer le niveau des ressources et que le numérique peut évaluer les progrès de l’indispensable maîtrise de la consommation*.

- Vos locaux de Palo Alto en Californie accueilleront à partir de l’automne la représentation de l’association La Mêlée dans la Silicon Valley. Quel est votre objectif ?

Laurent Husson : Comme sur les autres sujets, notre principal objectif est d’anticiper les prochaines redistributions des cartes. Permettre à une association fortement implantée à Toulouse et dans le Sud-Ouest, spécialisée dans les sujets numériques et qui a de plus créé une commission dédiée aux « green technologies », d’être présente en Californie est un atout pour les filières industrielles de la région. Certes, à elle seule, la Californie représente environ 45% du spatial aux Etats-Unis et 25% au niveau mondial. Mais dans le contexte de convergence que j’évoque, Toulouse a une excellente carte à jouer, d’autant plus que son excellence dans le domaine du spatial est complétée par une filière numérique forte. Il est logique qu’il existe une « Mêlée californienne ».

Propos recueillis par Pascal Boiron, Midenews

*Un New-Yorkais consommait en moyenne 400 litres d’eau en 2009 (150 litres pour un Parisien) et un habitant de Madras (Inde), 8 litres, soit 50 fois moins. Source : A. Frérot, 2009, dans « Développements Durables », Editions Autrement

 


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