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E-santé : aux législateurs de jouer ! PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 16 Avril 2010 09:01

Confrontée à un vieillissement de sa population et une augmentation des pathologies chroniques, la France s’intéresse de plus en plus à l’e-santé pour réformer son système de soins. Reste qu’en l’absence de lois en la matière, les solutions technologiques, déjà au point, ne pourront être mises en œuvre. L'enjeu est d'autant plus fort que la e-santé devra faire appel aux green IT et aux technologies éco-responsables. Explications.

 

 

Philippe Cointepas, Animateur de la Commission e-santé de la Mêlée

 

Les chiffres sont éloquents : en 2010, les plus de 65 ans représentent 26% de la population française. En 2050, les estimations font état de 42%. Parallèlement, les affections longue durée (ALD) augmentent-elles aussi : 10% de nos concitoyens en souffrent tandis que 20% sont atteints par une maladie chronique. Coût de l’opération ? 60 à 70% du budget sécurité sociale branche maladie. Sans parler du segment hospitalisation qui grève de 45% ce même budget. En une trentaine d’années, les dépenses de santé ont presque doublé pour atteindre près de 11% du PIB en France.

« L’aggravation du nombre de personnes atteintes de pathologies chroniques couplée à l’allongement de la durée de vie nous oblige à penser un nouveau système de soins, résume Vanessa Vierling, coordinatrice de la structuration du centre e-santé qui vient d’ouvrir à Toulouse le 28 mars. L’e-santé peut y contribuer ».

Lutter contre la désertification médicale

Prévention accrue, suivi médical du patient à distance, réduction des coûts, les nouvelles technologies apparaissent comme de véritables leviers de modernisation et d’amélioration du système de soins. Contribuer, via les TIC, à réduire la « fracture médicale », pour « garantir un accès égalitaire à des soins de qualité », tel est l’objectif assigné au développement de la télésanté. « Les dépenses de santé augmenteraient moins vite si l’e-santé se mettait en œuvre, observe Philippe Cointepas, membre de la commission e-santé au sein de l’association la Mêlée. L’enjeu est double : il s’agit à la fois d’éviter de faire exploser les hôpitaux et de lutter contre la désertification médicale dans les zones reculées. Reste à savoir qui va financer…» Un sujet dont s’est emparé le gouvernement qui a fait voter une loi de modernisation des établissements de santé en juillet 2009 reconnaissant notamment le principe de la tarification en télémédecine. Un préalable indispensable selon Vanessa Vierling : « Sans tarification, il n’y a pas de marché. L’enjeu n’est pas au niveau de l’innovation technologique car les solutions existent. Il s’agit d’identifier les besoins et surtout de donner un cadre juridique à ces nouvelles pratiques. »

L’intérêt croissant du monde politique

Signe de l’évolution significative du politique sur le sujet, le rapport Lasbordes, commandé par le Premier ministre, préconise de mettre en place "un plan quinquennal éco-responsable" 2010-2014 pour le développement de la télésanté. Pour Antonio Guell, chef du service valorisation du CNES qui œuvre au désenclavement sanitaire, il faut aller plus loin : « Les pouvoirs publics doivent jouer un rôle d’effet de levier en légiférant pour permettre à toutes les études pilotes de sortir des cartons ». La création du Centre National de Référence (CNR) Santé à domicile et Autonomie en juin 2009, était un premier pas. Le projet repose sur l’association et la mobilisation des forces-clés du monde médico-social : les professionnels de la santé, les industriels, les associations de patients et aidants, et les acteurs de la protection sociale. « Il y a eu une prise de conscience du potentiel économique de la filière » analyse Vanessa Verling qui estime le marché à 17 Mds d’euros en France pour une croissance annuelle de 10%.

Le centre e-santé en déclencheur

Ouvert à Toulouse depuis le 28 mars dernier, le centre expert e-santé fait l’objet de tous les espoirs : « C’est le déclencheur sur la région qui va insuffler la dynamique » observe Philippe Cointepas. Un avis évidemment partagé par Vanessa Vierling : « Il y a une ambition très forte des collectivités territoriales, du gouvernement, des pôles de compétitivité, de la Région et de l’Agence Régionale de Santé (ARS), juge-t-elle. Le budget pour la première année, 500 000€, en dit d’ailleurs long sur les motivations de chacun. » Il est, du reste, éligible à un appel à projet lancé conjointement par la le ministère de l’industrie et la Caisse des Dépôts : « La Caisse a vocation à soutenir financièrement les plates-formes d’innovation car nous considérons qu’elles sont porteuses d’avenir, rappelle son directeur régional Serge Bergamelli. Nous soutenons naturellement ce projet d’autant plus que nous sommes très engagés, via le Grand Emprunt, dans la fibre optique, indispensable au développement de l’e-santé. »

Midenews

 


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