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Les technologies contributives au cœur de la ville de demain PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 30 Avril 2012 14:18
L'économie du partage : ce thème, largement débattu dans le cadre de la « Nuit des réseaux », organisé par La Mêlée le 7 décembre dernier, est au cœur de la ville du futur. Un sujet également abordé lors de la dernière Mêlée Numérique le 25 avril. L'urgence écologique, la flambée des prix, la solitude urbaine ou la démocratie participative sont autant d'enjeux qui aiguillonnent désormais la politique de la cité. Les technologies, en particulier l'Internet, en seront un vecteur important. Explications.

 

En photo : l’éco-quartier de Balma-Vidailhan

« On doit repenser la ville à l'aune des flux qu'elle consomme : énergie, eau, nourriture, biens divers, … et qu'elle produit : chaleur, déchets, pollution. On prend conscience aujourd'hui à quel point les villes en sont dépendantes. L'objectif c'est d'aboutir à la maîtrise de ces flux et d'en être plus autonomes. Il s'agit d'envisager la notion de résilience de la ville », explique Bruno Lhoste, directeur général d'Indiggo, un cabinet de conseil et d'ingénierie en développement durable.

Des habitants à la fois consommateurs et producteurs

Les « smart-grid » sont une des premières réponses à ces nouveaux challenges.
De quoi s'agit t-il ? L'implantation de compteurs et capteurs intelligents dans les infrastructures de réseaux d'énergie et d'eau permettra tout d'abord de mieux mesurer et de cartographier les flux. Et au final, de mieux les distribuer, en particulier, de minorer les gaspillages. « Les fuites d'eau qui se produisent dans les canalisations d'une ville peuvent atteindre l'équivalent de 20 % de la quantité consommée », précise Bruno Lhoste.
Plusieurs projets de recherche et développement ont été initiés dans le cadre du Grand Emprunt sous la houlette de l'Ademe. Par exemple, le programme « Smart Grid Solaire Thermique » aborde la notion de réseau de production de chaleur avec des technologies innovantes de stockage de l'énergie solaire. De nouvelles architectures locales de distribution d'énergie répartiront la chaleur produite tant par des centrales innovantes locales que par les cellules photo-voltaiques installées sur les toitures des immeubles ou maisons. L'éco-quartier de Balma-Vidailhan donne l'exemple, avec son projet de centrale thermique combinant énergie solaire et biomasse.

Dans cette perspective, les habitants pourront devenir de plus en plus tant consommateurs que producteurs d'électricité et de chaleur. Y compris dans les grandes villes, où la toiture des immeubles pourra être utilisée pour implanter des panneaux solaires partagés dans un cadre de co-propriété et de co-location. A New York, on peut se rendre compte de l'implantation de telles installations en cliquant sur cette carte interactive.
Cette conception de production décentralisée faisant participer le citoyen concerne également d'autres sources d'énergie, comme le vent. Une société toulousaine, Meteolien, accompagne l'installation de petites éoliennes individuelles : un mouvement en plein démarrage.
Dans ce modèle la production de l'énergie serait localisée et réticulaire, en associant de plus en plus les particuliers. Vers un réseau énergétique Peer to Peer ?

Le web pour organiser démocratie et services locaux

De nouveaux services en ligne contributifs voire sociaux prennent aussi une dimension de plus en plus locale. Si l'autopartage a pris, en France, un essor considérable en quelques années, on a pris de l'avance, comme de coutûme, dans la Silicon Valley. Ainsi, une start-up propose, au travers de son site « Get Around », de louer la voiture... de son voisin. Quant à Gidsy, ce site créé à Berlin permet aux habitants de 6 grandes villes du monde de proposer et vendre leurs expertises ou passions – cours de cuisine, de piano, visite guidée de la ville, … - auprès de groupes d'acheteurs locaux ou de touristes.

Enfin, le web sera t-il un élément de la démocratie participative locale ? Si facebook, twitter et autres réseaux sociaux sont devenus des vecteurs incontournables des grandes campagnes politiques, les échanges numériques peinent à faire leur preuves dans les débats citoyens locaux. La ville de Toulouse, dont la société civile est très active, lançait avec enthousiasme son site dit « 2.0 » toulouse.fr il y a trois ans. Mais on ne comptabilise à ce jour que 193 membres à son forum de discussion. Pour autant, « la ville Rose est l'une des rares en Europe à disposer des forums sur le réseau usenets, qui sont les premiers réseaux sociaux apparus sur le Web au début des années 90. Apanage longtemps d'universitaires, un nombre croissant de citoyens se les sont appropriés. Les forums toulousains battaient leur plein entre la fin des années 90 et 2005. Par exemple : le groupe « Toulouse Politique Urbaine » avait été très actif et avait même influencé certaines décisions politiques. Je pense notamment aux échanges précédant le projet de Tramway. Aujourd'hui, cet usage s'est étiolé, mais on peut retrouver une transposition de ces  forums sur Google Groups, en l'occurrence celui du Collectif PDU », explique Joseph Saint-Pierre, du Pôle de Service Numériques de l'Université Paul Sabatier (anciennement CICT).

Les technologies, au fond, révèlent de nouvelles potentialités, mais elles sont surtout ce que l'on en fait. Dans la ville de demain, le facteur humain, le plus important, conditionnera les usages de ces innovations : égoistes, si l'homme veut se cantonner à l'individualisme, ou altruistes, dans une dynamique d'économie contributive, au bénéfice de la collectivité, et au final, de lui-même.

Frédéric Dessort

 


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