|
Entretien avec Alain Roura, Directeur associé de la SSII toulousaine Labsoft, en charge du Pôle Management des Infrastructures. Pourquoi la SSII a conclu un partenariat avec le géant américain CSC pour développer un plateau de services de cloud computing à Toulouse (voir notre dossier sur les services informatiques dans le Sud-Ouest).
- Où en est la SSII toulousaine Labsoft ?
Alain Roura : La SSII compte aujourd’hui 75 salariés et continue de recruter de 4 à 5 nouveaux collaborateurs chaque mois. En ce qui concerne son activité de services dits « traditionnels », Labsoft a récemment inauguré un Pôle dédié à l’informatique industrielle et aux systèmes embarqués. Du côté de la croissance, il faut parler du plateau de services de cloud computing qui vient d’être créé en partenariat avec CSC, notamment afin d’intervenir pour des clients finaux dans le domaine de l’administration à distance. Dans un premier temps, ce centre de services commun interviendra entre autre pour le Groupe Renault-Nissan ou pour Arcelor-Mittal.
- En quoi Toulouse peut-il apporter une réponse pertinente face à la concurrence du « nearshore » - notamment dans le Maghreb- ou de l’offshore ?
Alain Roura : Commençons par les atouts de Toulouse. Les donneurs d’ordres se fondent logiquement sur trois critères principaux : l’importance de l’investissement lié à l’immobilier, la qualité des infrastructures et les ressources humaines, où l’on prend en compte à la fois les compétences présentes, les établissements de formation et les possibilités de recrutement. Toulouse est très bien placé sur ces trois points, auxquels il faut en ajouter un quatrième : la qualité de vie, qui n’est pas qu’une formule à l’emporte-pièce sur le marché des TIC. En ce qui concerne le nearshore, notamment dans le Maghreb, on constate que les évolutions réelles du printemps 2011 ont généré d’autres formes d’inquiétudes chez les donneurs d’ordres, tandis que les retours d’expérience concernant l’offshore restent mitigés et confirment que cette sous-traitance lointaine ne peut être envisagée que pour une partie limitée des systèmes d’information.
- Cela suffit-il à expliquer que les entreprises d’Ile-de-France « délocalisent » leurs SI vers la province, et plus précisément Midi-Pyrénées ?
Alain Roura : Non. Les gains ne sont réels que si l’on est capable de garantir qu’il ne s’agira pas de prestations en mode « dégradé », au sens informatique du terme. Si cette garantie est apportée, elle s’ajoute à des arguments sonnants et trébuchants : les salaires sont moins élevés à Toulouse qu’à Paris, les m² disponibles sont plus nombreux et moins chers, la qualité des infrastructures de télécommunication est très bonne, etc.
- Combien de personnes travailleront dans ce nouveau plateau de services de cloud computing ?
Alain Roura : Entre 10 et 15 durant le 1er semestre 2012, au sein de nos locaux actuels à Labège. Nous pouvons ensuite en accueillir d’autres mais, si l’activité se développe comme espéré, nous devrons aménager de nouveaux locaux avant fin 2012. Délocaliser en France est une idée qui a de l’avenir !
- Quels développements attendre si le projet induit une exclusivité avec CSC ?
Alain Roura : Pour notre activité traditionnelle, 60% du travail est généré par la sous-traitance vers d’autres SSII. Dans ce cas, notre engagement est différent : CSC est notre partenaire privilégié, mais nous avons l’opportunité de proposer nos ressources à des éditeurs de logiciels ou des intégrateurs qui n’ont pas investi dans la création de leur propre plateau de services.
Propos recueillis par Pascal Boiron, Midenews
|